revenir à l'Accueil
L'actualitéTransactions

Se former à l’audit énergétique ou attendre l’été ?

Partager cet article sur
Partager sur

Des diagnostiqueurs souhaitent se former à l’audit énergétique et répondre ainsi à une demande croissante. Même s’ils en ont la possibilité, est-ce judicieux compte tenu de l’évolution du dispositif de formation au 1er juillet 2024 ?

Pourquoi se former à l’audit au plus vite ?

Actuellement, il « suffit » encore de disposer d’une attestation justifiant du suivi d’une formation à l’audit réglementaire, délivrée par un organisme de certification (OC), pour réaliser des audits dans un seul logement. Bien entendu, il faut être certifié DPE (avec ou sans mention) et avoir souscrit à une assurance (la RC Pro est acceptée à ce jour). L’accès au marché de l’audit énergétique est donc relativement aisé. Au contraire, la situation se corsera à compter du 1er juillet 2024.

De plus, le DPE ou l’audit énergétique est désormais nécessaire pour les dossiers MaPrimeRénov’ (MPR). Les audits réglementaires obtenus à l’achat font partie des documents acceptés. L’audit incitatif s’ouvre également aux diagnostiqueurs formés à l’audit. Ils peuvent établir des audits incitatifs en appartement. Enfin, le manque de Mon Accompagnateur Rénov’ se fait déjà ressentir dans certaines régions. En l’absence de MAR, des propriétaires, qui souhaitent obtenir l’aide MPR rénovation d’ampleur, contactent des diagnostiqueurs auditeurs.

En parallèle, des auditeurs quittent ce marché. Ce départ peut avoir différentes causes. Certains ont reçu un retour négatif de l’OC lors du contrôle préalable à la prorogation de l’attestation. D’autres n’ont pas réalisé assez d’audits depuis la date de prise d’effet de l’attestation. Enfin, il y a ceux qui jugent le futur référentiel de compétences trop lourd et trop coûteux pour en valoir la peine. Bref, la demande devrait augmenter.

Pourquoi attendre pour se former à l’audit ?

Les formations requises pour la future extension de certification du DPE ne sont pas encore en place. Se former maintenant, c’est donc suivre une formation à l’audit énergétique réglementaire très provisoire. Vous recevrez une attestation valable au maximum 14 mois, sans aller au-delà du 30 avril 2025. Ensuite, il faudra de toute façon payer pour suivre une formation initiale renforcée, plus longue et plus coûteuse.

Si le coût et la lourdeur de la future formation peut à juste titre rebuter, elle constitue, peut-être, un gage de qualité. Depuis l’entrée en vigueur de l’audit en avril 2022, l’univers des formations a parfois des allures de Far West. La durée, le coût, l’organisation, etc., varie d’un organisme de formation (OF) à l’autre. Certes, chaque OF continuera à choisir sa tarification, mais dès juillet 2024, le référentiel de compétences imposera un contenu clair, une durée, un process, etc.

Même les diagnostiqueurs qui sont déjà auditeurs depuis le printemps 2022 devront se reformer, comme s’ils n’avaient jamais réalisé d’audit. Il semble donc plus pertinent d’attendre quelques semaines avant de se lancer dans cette formation. Cette attente se justifie aussi juridiquement, compte tenu de l’opposabilité du rapport de synthèse. Autant patienter un peu, puis suivre une formation qui coïncide vraiment avec les textes réglementaires.

Avalanche de fausses formations à l’audit

De nombreuses publicités circulent en ce moment pour inciter toutes sortes de personnes à se former à l’audit énergétique obligatoire. Elles proviennent de sociétés non qualifiées et non certifiées. On les reconnaît parce qu’elles reposent sur un unique argument : l’argent facile. Elles vous promettent, par exemple, de gagner 9000 € par mois. À leur côté, coexistent des certifications qui n’ont aucune valeur réglementaire et qui ne permettent pas de réaliser un audit obligatoire. Fuyez ces pseudo-formations.

À la limite, si vous ne souhaitez pas attendre, regardez du côté des qualifications RGE (reconnu garant de l’environnement). Selon votre parcours professionnel et vos moyens financiers, vous répondez peut-être aux critères de qualification OPQIBI 1911 ou QUALIBAT 8731… En revanche, si vous êtes un diagnostiqueur certifié DPE depuis deux ans ou moins, souhaitant réaliser des audits énergétiques, mieux vaut différer la formation. Les OF se préparent pour répondre aux exigences du décret n°2023-1219. Nous mettrons à jour notre article sur les formations à l’audit dès que tout sera en place.

Partager sur
Partager cet article sur

2 Commentaires

Commenter
  1. G
    Germain 5 février 2024 - 20h55

    Comment faire en étant tout jeune certifié ?
    Si je dois attendre la mise en application de ce décret, je devrais attendre 2 ans avant de pouvoir faire des audits… (si j’ai bien compris le décret…).
    Ce qui ne me permettra pas de répondre à la demande croissante des audits.

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 5 février 2024 - 21h38

      Oui, mais le décret impose une expérience DPE de 2 ans pour réaliser des audits.
      Vous pouvez passer la formation maintenant pour obtenir l’attestation et proposer des audits avant l’entrée en vigueur du référentiel de compétences, mais l’attestation ne sera valable que jusqu’au 30 avril 2025 au plus tard. Ensuite vous devrez passer la formation initiale, à condition d’être certifié DPE depuis 2 ans. Sinon, vous ne pourrez plus réaliser d’audits. En effet, il faut avoir eu l’attestation avant le 31 décembre 2023 et l’avoir prorogée pour réputer satisfaire à la condition des 2 ans de certification DPE. Enfin, cette formation sera différente de la formation actuellement dispensée. Les textes peuvent toujours évoluer d’ici là, mais c’est ce que la réglementation prévoit à ce jour. Maintenant, à vous de décider si la demande en audits en vaut la peine…

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

.
Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

Autres articles

More in L'actualité

2023, année noire du mal-logement

Previous article

L’ADEME dévoile l’outil statistique AUDIT énergétique

Next article