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DPE, consommation d’énergie et données bancaires

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Le Conseil d’analyse économique publie un Focus pour documenter l’ampleur de l’écart entre consommation réelle et théorique (DPE), à partir de données bancaires. L’étude a été réalisée en partenariat avec le Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Elle s’appuie sur les données de leurs clients en les appariant, via leur adresse, à la base de données publique de l’ADEME. Cela permet d’analyser la relation :

  • entre dépense et consommation d’énergie,
  • entre performance énergétique et déterminants socio-économiques.

La progressivité de la consommation réelle, selon le niveau de performance énergétique, serait moins forte que la consommation théorique du DPE. Le DPE prédit une hausse de 560 % entre les classes AB d’un côté et la classe G de l’autre. En réalité, le rapport entre les étiquettes AB et G serait à diviser par 6. De plus, elle s’estompe dans les plus grands logements. Entre autres explications évoquées, citons :

  • l’absence de prise en compte des facteurs sociaux démographiques ;
  • le poids du mix énergétique utilisé par le ménage ;
  • la nature duale du DPE global avec ses étiquettes énergie/climat ;
  • la manière dont la superficie entre dans le calcul 3CL ;
  • les comportements des usagers.

Cette dernière explication serait prédominante, ce qui n’a rien de surprenant. En effet, les ménages adaptent leur comportement en fonction du prix du confort énergétique, de l’âge, des revenus, etc. « Ces résultats conduisent à chercher des pistes d’amélioration du DPE pour un faire un meilleur prédicteur et à encourager les efforts de sobriété énergétique parallèlement à la rénovation énergétique des logements ». Selon les auteurs, connaître les comportements des ménages est la condition nécessaire pour que la rénovation conduise à une baisse significative des émissions de gaz à effet.

Source : Performance énergétique du logement et consommation d’énergie : les enseignements des données bancaires, Conseil d’analyse économique, Focus n°103, janvier 2024.

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3 Commentaires

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  1. S
    STEPHANE 10 janvier 2024 - 19h50

    Depuis que j’ai compris sur quelles bases ils font leurs calculs statistiques, je comprends mieux pourquoi nos dirigeants décident des idioties …

    Répondre
  2. F
    Françoise 18 janvier 2024 - 18h32

    Bonjou.r, je suis actuellement dans l’obligation d’effectuer des travaux de rénovation dans une maison classée « F »lors de la vente. Pour rappel : classe « F » = 384Kwh/m2/an . Mes factures prouvent une consommation autre : 90Kwh/m2/an !!!!. Ceci est la conséquence d’une responsabilité intrinséque de consommateur concerné et investi dans une action commune « écologique », sanitaire …. Mais, force est de constater, que nous sommes pris dans la nasse des « imbéciles », des inconscients qui sont incapable de penser et agir par eux-même….JE SUIS CONSCIENTE ET AGIE EN CONSCIENCE , la preuve par la facture!!!!!
    Cette maison a subi ce classement : « au vu des radiateurs en place et un manque d’information de l’isolation des murs (propriétaire absent et pas d’investigtion des murs pour verifier !).  » le tout statuer par un logiciel ….!
    Les factures parlent, il me semble, mieux que les « investigations » d’un diagnostiqueur munit de son outil informatique à compléter un logiciel …!
    Aujourd’hui, pour passer en D ou E :i IL FAUT mettre un poêle à pellets(impacte carbone ???) ou une PAC air/air (impact carbone non étudié) et surtout supprimer les radiateurs IMPERATIVEMENT le jour du passage pour les DPE (demande du diagnostiqueur) !
    Nous sommes conditionnés à optempérer pour éviter de payer et encore payer afin de satisfaire des données qui vont alimenter des algorithmes, satifaire nos dirigeants et établir des données « rassurantes » …pour qui ?
    Etre un individu responsable, conscient se démontre facilement avec des résultats !
    Nos dirigeants sont trop loin des vrais problèmes !!!! mais ,bien outillés pour créer le pire !!!!

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 18 janvier 2024 - 18h40

      Bonjour,
      Le DPE est un calcul de la consommation conventionnelle, d’où le nom de la méthode (3CL), et pas de la consommation réelle. Il évalue la performance énergétique du logement et non le comportement de l’occupant. Cela permet de comparer la performance des logements sans qu’elle soit faussée par les usages des occupants. Si on se basait sur les factures – méthode utilisée avant juillet 2021 pour les bâtiments anciens et toute aussi critiquée – la note serait totalement différente d’un occupant à l’autre. Par exemple, un couple de retraités n’a pas la même consommation qu’une famille avec 3 enfants dont un en bas âge. Le DPE analyse donc les performances du bâtiment (isolation, système de chauffage, menuiseries, etc.), car elles ne varieront pas selon les occupants. Cela permet aussi d’avoir une vision globale du parc immobilier à partir de critères identiques.
      Il serait utile d’avoir également un indicateur relatif à la consommation d’énergie réelle, mais cela n’enlève pas l’intérêt de l’indicateur basé sur la consommation conventionnelle.
      Par ailleurs, si vous supprimez les radiateurs, il n’y a pas de DPE. Mais comme l’acquéreur a besoin du DPE pour souscrire un prêt, vous ne pouvez pas vendre ou à prix aussi bas qu’avec un DPE F ou G. En plus, il faudrait que l’acheteur soit très mal informé pour acheter un logement sans DPE. Comme un logement sans radiateur n’est pas décent, vous ne pouvez pas le louer non plus. Il est donc totalement absurde d’enlever les radiateurs.
      Enfin, les données actuelles n’ont vraiment rien de rassurant. Ce serait rassurant si tous les logements étaient notés A ou B. Classer des bâtiments F ou G ne rassure personne et certainement pas nos dirigeants. Ils se sont engagés à ce que tous les logements soient classés A ou B à l’horizon 2050, et ce afin d’agir face au réchauffement climatique.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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