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Coups de gueuleL'humeur

DPE avec ou sans démontage de prise ?

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Le diagnostiqueur peut-il démonter les prises pour réaliser le DPE ? A-t-il le droit de faire des trous dans les murs pour vérifier l’isolation  ? Est-ce une perte de temps doublée d’une prise de risque inutile ? Ou, au contraire, une nécessité pour justifier de l’épaisseur de l’isolant ? Depuis l’avènement du DPE version 2021, ces questions provoquent des débats houleux entre techniciens.

De l’importance de l’isolation dans le DPE

Les données d’entrée du DPE, qui forment le descriptif technique, ont toujours été opposables, même avant le 1er juillet 2021. Cependant, depuis cette date, l’opposabilité s’applique aussi au résultat du diagnostic de performance énergétique (la note de A à G). Dans le cadre de la loi Climat Résilience, une mauvaise étiquette s’accompagne de contraintes pour les propriétaires.

Or, d’abord l’isolation a une incidence majeure sur la classe DPE du logement. Ensuite, le propriétaire n’est pas toujours en mesure de renseigner le diagnostiqueur. Et surtout, s’il y a remise de documents justificatifs, le technicien doit vérifier leur cohérence avec les éléments observés lors de sa visite. Enfin, les valeurs par défaut, suivant l’année de construction à défaut d’autres informations, aboutissent à davantage de classes F et G (passoires thermiques).

Certes, il y a les sondages sonores, comme en amiante, mais l’oreille perçoit seulement la présence d’un isolant. C’est insuffisant pour déterminer son épaisseur. D’où ce débat sur l’utilité ou non de démonter des prises, de percer des murs, etc. pour s’en assurer. Les uns considèrent qu’il s’agit d’investigations nécessaires. Les autres jugent que le diagnostiqueur doit faire son DPE sans démontage ni sondage destructif. En prime, l’effort serait souvent inutile et risqué.

Pourquoi s’abstenir de démonter lors du DPE ?

Les arguments de ceux et celles qui s’opposent au démontage des prises et aux trous dans les parois sont toujours les mêmes. D’abord, dans les arrêtés encadrant la réalisation du DPE, rien n’oblige le professionnel à démonter des prises, percer des murs, etc. Il valide ses données d’entrées à partir de mesures, d’observation directe, d’un document justificatif ou de données publiques. Dans le cas contraire, il choisit la valeur par défaut.

Ensuite, un démontage engage la responsabilité du diagnostiqueur en cas de casse. Il pourrait mal remonter la prise électrique, déclencher un incendie, etc., sans être couvert par son assureur. En prime, il peut y avoir de la laine de verre uniquement autour de la prise électrique pour couper les courants d’air. Et puis, dans certains cas, démonter une prise ne sert qu’à faire face à une boîte encastrée. Quant aux trous dans les murs, le bâtiment n’est pas toujours homogène.

En somme, pour fiabiliser réellement cette donnée, il faudrait démonter toutes les prises et faire des trous partout. Dans le même temps, on demande au diagnostiqueur de travailler dans l’urgence de la transaction et à bas prix. Au bout du compte, mieux vaudrait inciter le propriétaire à s’intéresser aux matériaux de son bien et à fournir enfin toutes les informations requises.

Sondage, démontage, DPE et textes officiels

Quoi que l’on pense de sa valeur juridique, le Guide DPE du Cerema fournit une méthodologie pour la réalisation du DPE. Son évolution, entre la version 1 et la version 2 est révélatrice. En mai 2021, dans la version 1, le guide interdisait toute action destructive non demandée par le propriétaire. Dès juillet 2021, sa fiche sur la refonte du DPE précise : « tout sondage destructif ou démontage de matériel par le diagnostiqueur sans accord du propriétaire ou sans habilitation est interdit ».

Enfin, en octobre 2021, dans la version 2, on lit : « une investigation approfondie est également à réaliser avec l’accord du propriétaire pour permettre de justifier la composition d’une paroi. Il s’agit du retrait et de la mise en place à l’identique d’éléments ou d’équipements (les prises électriques notamment) fixées au mur ayant un diamètre suffisant à la visualisation de la composition du mur ».

On s’aperçoit ainsi que petit à petit, le démontage des prises gagne en importance pour fiabiliser le DPE. D’ailleurs, plus récemment, le mémorable (ou non) MOOC DPE montre des démontages de prises afin d’expertiser les parois du logement. Bref, ces investigations sont manifestement autorisées à condition d’avoir l’accord du propriétaire et l’habilitation électrique adéquate.

Épaisseur des isolants et investigations

Plusieurs techniques permettent de déterminer l’épaisseur d’un isolant derrière des parois verticales. De manière générale, il y a d’abord l’inspection sonore pour contrôler la présence d’isolation. Ensuite, le diagnostiqueur cherche un trou existant et utilise une pige. Certains se servent également d’une caméra endoscopique avant d’en venir, si besoin, au démontage d’une prise. Bien entendu, l’opérateur tient aussi compte de la date de construction.

En réalité, le fond du problème tient probablement aux contraintes de temps et d’argent. Ces dernières sont directement liées à la manière dont le propriétaire perçoit le DPE. Il s’attend à un contrôle assez sommaire, vite réalisé, à bas prix, pour un résultat erroné. Difficile alors, pour le diagnostiqueur, d’utiliser sa boîte à outils pour arriver à un résultat fiable. De plus, la méthode 3CL l’autorise à mettre « inconnu », à entrer une valeur par défaut ou à se contenter d’un constat visuel, sans démontage ni perçage, pour vérifier la cohérence des données fournies.

En fait, si les clients et les prescripteurs donnaient au diagnostiqueur les moyens de réaliser sa mission le mieux possible, si la tarification correspondait vraiment au travail réalisé, si la technicité exigée pour la réalisation du DPE était reconnue, alors ces débats n’auraient peut-être pas lieu d’être. En attendant, à vous de choisir votre camp, pro-démontage ou anti-démontage de prise, en votre âme et conscience professionnelle.

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54 Commentaires

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  1. L
    Laurent 19 janvier 2024 - 13h08

    Excellent article qui reflète parfaitement la réalité… Rares sont les propriétaires impliqués, et à nous diagnostiqueurs de trouver. A entre 80 et 120€ le DPE, avec surface et déplacement inclus, ça commence à être lourd tout ça

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    • Y
      Yannick 20 janvier 2024 - 20h04

      Comment ça 80 à 120 € !??
      Mes tarifs sont de 250 à 270 € TTC juste pour le DPE de studio et 2 pièces et 350 € pour un 100 m2.. et bien plus pour des apparts plus grand, et je croule sous les demandes.

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      • S
        STEPHANE 1 février 2024 - 18h02

        Bien vu, tout comme moi, je ne brade pas (même ordre de prix voir plus cher, mon plus cher = 750€) et j’ai des demandes. Dommage pour les c…s qui croient bien faire en continuant de casser les prix, synonyme de travail non sérieux ou bâclé.

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        • G
          Guillaume 15 février 2024 - 19h21

          Bonsoir. en ville, grandes villes, ces prix ne passent pas. tu peux les pratiquer car tu es dans une petite ville et tant mieux.

          Répondre
      • E
        Eric 15 février 2024 - 22h14

        Où ça ??? Dans la Creuse, les basses alpes ou la Lozère ??? Parce qu’ailleurs désolé c’est difficile à croire !

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  2. F
    François-Eric de la société DIAG 33 19 janvier 2024 - 15h21

    Je fais un peu au cas par cas.

    Déjà à la moindre résistance ou difficulté à démonter, je laisse tomber parce que j’ai pas envie de tomber sur un propriétaire casse-pieds qui me reprocherait d’avoir cassé un truc. De temps en temps, on tombe sur un enjoliveur de prise ou interrupteur qui résiste. Si le propriétaire est là je lui demande de démonter.

    Après, je prends le « risque » de démonter en priorité sur les biens qui seront très mal classés sans isolation. J’ai pas envie de mettre par défaut un mauvais classement si on peut l’éviter.

    Reste la question de l’homogénéité. Je sais pas si on peut se couvrir en mettant une phrase précisant qu’on ne garantit pas l’homogénéité des isolants. Donc pour un bien type maison sans mitoyenneté, avec étage, où il faudrait démonter 8 éléments (un par mur extérieur et par étage), je fais pas.

    En règle générale, j’essaie de pas démonter si il y a quelqu’un qui me voit. C’est idiot, mais je me dis que si le propriétaire me voit démonter un truc, et qu’après il y a un problème, ça me retombera dessus plus facilement. Alors que si on prend juste le DPE qui indique X cm d’isolation sur un mur, on fera pas le lien douteux entre le problème et un démontage éventuel fait par le diagnostiqueur.

    Enfin, si on commence à « officiellement » faire du démontage pour le DPE, ça va être compliqué de dire qu’on en fait pas pour les autres diagnostics (amiante, termites, électricité).

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 19 janvier 2024 - 21h36

      Merci pour ce témoignage et ce retour terrain, c’est super intéressant !
      Ce n’est pas du tout idiot de ne pas oser démonter en étant observé. D’ailleurs, à la limite, on aimerait que ce soit idiot, car cela signifierait que ces craintes sont irrationnelles.
      Concernant le problème de l’homogénéité, je n’ai pas la réponse (si jamais un juriste lit ce commentaire, qu’il n’hésite pas à intervenir…). C’est une bonne question donc j’essaierai de me renseigner. Cela dit, je crois qu’un tribunal peut comprendre cette situation.
      De plus en plus de propriétaires parlent de DPE pour désigner l’ensemble des diagnostics, qu’ils ne connaissent même plus. Je ne suis pas certaine qu’ils s’interrogent sur les démontages pour d’autres diags.

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    • B
      Bruno 25 janvier 2024 - 16h57

      Sur le thème de l’homogénéité, l’arrêté est très précis . Dès lors qu’il y a plus de 3 types de murs on retiendra les 3 principaux idem pour les plafonds, planchers, huisseries etc. Il faut lire l’arrêté et s’y tenir.

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      • P
        Pascal 15 février 2024 - 19h04

        Non, les 3 types de murs c’est juste pour le descriptif succint de la page 4, le calcul prend tous les murs définis

        Répondre
      • P
        Pierre 15 février 2024 - 19h39

        Le type d mur n’a rien à voir avec sa conception ( brique parpaing ossature bois …) mais s’il donne sur l’extérieur d’un local non chauffé ou sur des parties communes chauffées ou pas ou sur ds locaux non accessibles …le petit b prend toute son importance…

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  3. F
    Fabien 19 janvier 2024 - 16h41

    Quelqu’un peux m’expliquer la différence sur les obligations/interdictions des diagnostics :
    • électricité : je ne dois pas démonter une prise, au risque d’avoir modifié l’installation électrique.
    • dpe : tout à coup : on m’ordonne de déplacer un meuble devant une prise, déplacer une bibliothèque pour avoir accès à une trappe, et éventuellement de percer !!!
    faire des trous …vous êtes fou..
    Mais je deviens déménageur, électricien et plaquiste.
    Il faut juste que le propriétaire mette tous les moyens pour la bonne exécution de la mission. A ce titre, le ministère à élaborer une fiche nommée « préparer mon dpe ».
    Dès la prise de rendez-vous, nous lui préciserons, comme pour l’amiante que l’ensemble doit être accessible.
    Que peut-on ou doit-on faire de plus ?

    Répondre
    • W
      William 19 janvier 2024 - 19h36

      Article très clair, tout est dit.
      A partir de 2025, les biens classés E = Audit.
      On verra bien qui rira le dernier.

      Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 19 janvier 2024 - 21h52

      Fabien, nous avons essayé d’énoncer les arguments des uns et des autres, mais sans vraiment trancher. Le principe était que chacun puisse se faire son avis sur cette question sensible. Le problème avec le DPE, outre les enjeux pour le propriétaire qui ne sont pas les mêmes qu’avec d’autres diagnostics, c’est la nécessité de vérifier la cohérence des informations fournies par le propriétaire. Par exemple, cette obligation n’est pas du tout mentionnée dans l’arrêté qui encadre le diagnostic électricité. Oui, le propriétaire doit préparer son DPE, c’est indispensable, et la fiche du ministère est une très bonne chose. Néanmoins, le diagnostiqueur doit vérifier les données communiquées.

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      • F
        Fabien 20 janvier 2024 - 23h04

        Cécile
        vérifier la cohérence, c’est quand je peux voir. Par conséquent mon rapport indiquera en donnée d’entrée : mesuré ou observé.
        L’intérêt de la documentation c’est justement quand je NE PEUX pas voir; le rapport indiquera « document remis ».
        exemples :
        un double vitrage : je peux le vérifier, mais son uw…
        des combles perdus non accessibles.
        je suis bien obligé de me fier au document présenté.
        Ce sera donc le propriétaire qui engage sa responsabilité.
        Rien n’empêche le diagnostiqueur de l’expliquer en commentaire, la rubrique existe.

        Répondre
  4. &
    Éric 19 janvier 2024 - 22h17

    Moi, je suis propriétaire d’une maison achetée il y a quatre ans avec un diag F. Seulement voilà, le DPE est complètement faux. Je sais comment est faite la maison parce que j’y ai fait plus de trous que n’en fera n’importe quel diagnostiqueur et il faudrait juste qu’il m’écoute… Je peux facilement lui montrer l’isolation des combles perdus et garder un point de sondage sur un mur. Les murs non isolés sont faciles à repérer (garage et cellier).
    Mais plus important, aujourd’hui on a Linky ! Oon peut parfaitement démontrer qu’on habite à l’année en regardant les consos électriques. Et il suffira de prendre toutes les factures d’énergie sur la période d’une année de présence pour savoir comment classer le bien !!! C’est juste une évidence car c’est justement fait pour évaluer la consommation du bien le DPE. Tout le reste c’est de la divination bien moins précise.

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 19 janvier 2024 - 22h29

      La méthode sur facture dépend des usages de l’occupant. Je ne sais pas quelle est votre situation. Cependant, vous comprendrez aisément que dans la même maison, la consommation ne sera pas la même pour un couple de retraités, pour une famille de jeunes actifs avec 3 enfants, ou pour un célibataire d’âge mûr. Le DPE s’affranchit du comportement des occupants en s’intéressant aux caractéristiques du bâtiment. Ainsi, on obtient un indicateur de la performance énergétique (le but, c’est d’évaluer la performance énergétique, pas la consommation d’électricité réelle) quels que soient les occupants du logement. Cela permet de comparer des logements à l’achat ou à la location, et d’avoir un aperçu du parc immobilier global, sur des critères identiques. La méthode sur factures, utilisée pour les bâtiments anciens jusqu’en juillet 2021, était au moins autant critiquée que la méthode 3CL-2021, à juste titre.
      Il serait intéressant d’avoir un indicateur de la consommation réelle afin de tenir compte du comportement des ménages (entre autres données documentées, les plus aisés chauffent davantage que les ménages précaires quel que soit le bâtiment, car c’est aussi une question de portefeuille), mais cela n’ôte rien à l’intérêt de la méthode conventionnelle. Je vous invite à lire la méthode de calcul du DPE, publique, et vous constaterez qu’en dépit de ses défauts, elle relève davantage de la science que de la divination imprécise.

      Répondre
      • &
        Éric 19 janvier 2024 - 23h33

        Alors OK mais la méthode d’évaluation juste sur l’année de construction c’est idiot car cela dépend beaucoup de la localisation et je pense que le diagnostiqueur était notoirement incompétent pour désigner les caractéristiques de la construction. Les combles sont accessibles par une trappe, la dalle est identifiable pourquoi mettre plafond inconnu. Année de construction fausse, altitude fausse, nature du chauffage faux, nature du sol RDC fausse, matériaux des murs faux, surface fausse (!). Le logiciel si on lui rentre n’importe quoi il sort n’importe quoi… Je ne suis pas du métier mais je sais faire la différence entre un vide sanitaire et un hérisson ventilé et je sais lire un plan.

        Répondre
        • Cécile, le moteur de Quotidiag 19 janvier 2024 - 23h51

          Vous avez pu tomber sur un diagnostiqueur du genre « marchand de papier ». Ils ne sont pas majoritaires du tout, mais ils existent et nous n’avons jamais nié leur existence. Votre commentaire précédent montrait votre méconnaissance de ce qu’est vraiment un DPE. Mais si vous avez fourni tous les renseignements nécessaires au diagnostiqueur et que son DPE est faux, alors vous êtes probablement tombé sur quelqu’un d’incompétent. Il y en a dans tous les métiers, vous savez.

          Répondre
          • M
            Michaël 21 janvier 2024 - 0h24

            Cecile, ils ne sont pas majoritaires effectivement mais je pense qu’ils représentent plus de la moitié des DPE effectués …
            Ils ne sont pas cher et du coup remportent souvent la mission et pendant qu’un vrai diagnostiqueur fera 1 seul repérage d’une complète (5/6 diags) avec la rédaction des rapports pour une maison dans sa journée de travail (8h), ces marchands de papiers arrivent à faire 5 à 10 complètes dans la journée.

        • S
          STEPHANE 1 février 2024 - 18h06

          Signalez ces incohérences au certificateur du diagnostiqueur afin qu’il mène une enquête.

          Répondre
    • M
      Michel 15 février 2024 - 21h41

      Eh bien… NON MONSIEUR !
      D’abord et surtout, pace que la Loi, c’est la Loi… et cette loi indique comment il faut procéder pour établir un DPE pour un logement, en prenant des mesures, en constatant la constitution des parois, la présence des isolants, etc… Ce ne sont pas les diagnostiqueurs que nous sommes qui ont fait cette loi, mais c’est celle qui est imposée, donc on l’applique ! Elle vous semble inepte? faite pression sur votre député pour qu’elle soit modifiée. En attendant, nous, on fait avec.
      Mais il faut aussi savoir pourquoi la méthode des factures, donc des consommations réelles, n’est pas celle que nos législateurs ont retenue : car elle existait, « votre » méthode, pour les logements anciens, jusqu’en 2021… ! mais elle a été réformée et remplacée par celle que vous décriez. Pourquoi? imaginons que je vienne chez vous tenir compte de vos consommations « Linky »… et celles de votre compteur gaz, au cas échéant. Ce qui exclut déjà ceux qui se chauffent au bois, au fioul… pour lesquels les consommations sont moins faciles à définir.
      Hypothèse 1 : vous avez une grande maison dans laquelle vous vivez seul, en y recevant vos enfants de temps en temps, et votre profession vous amène à être fréquemment en déplacement, vous aimez bourlinguer loin de chez vous le weekend, et vous n’êtes pas frileux. Vos consommations sont minimes, le calcul à partir des factures donne un DPE « B » ou « C »
      Hypothèse 2 : vous avez cette même maison, mais en couple avec des enfants en bas âge, vos beaux-parents retraités y vivent aussi et sont frileux, vous ne partez pas en congés ailleurs et vos weekend c’est bricolage dans le garage avec plein d’outils électriques. Vos consommations sont importantes, le calcul à partir des factures donne un DPE « E » ou « F ».
      Et c’est la MÊME maison.
      Voilà pourquoi se baser sur les consommations est une ineptie.

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  5. D
    Daniel 19 janvier 2024 - 23h09

    le CAE vient de publier une analyse basée sur 178000 foyer (c’est un bon panel), démontrant que la différence de consommation entre un logement classé A et une autre classé G est 6 fois plus faible en réalité que ce que prédisent les DPE.
    C’est donc fort ennnuyeux (c’est un euphémisme) que ce DPE qui est l’outil de base pour améliorer les performances énergétiques des logements et réduire les émissions de gaz à effet de serre, ne fonctionne pas .
    C’est du grand n’importe quoi. .
    Qui est responsable ? propriétaire, diagnostiqueur? les diagnostiqueurs savent très bien quelle est la qualité de leur travail.
    j’ai un DPE réalisé il y a 3 ans.: totalement faux.

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 19 janvier 2024 - 23h45

      Avez-vous lu l’étude ? Le CAE écrit : « le DPE n’a certes pas vocation à modéliser la consommation réelle mais bien la performance des logements. » Perso, je l’ai lue et je n’en tire pas la même conclusion. Je comprends qu’il faut prendre en compte la consommation énergétique réelle pour rendre la rénovation énergétique efficace, et pas se contenter du DPE. En revanche, je n’y lis nulle part que le DPE est du grand n’importe quoi.

      Répondre
      • X
        Xavier 20 janvier 2024 - 2h24

        effectivement Cécile, cette étude du CAE est nullement à décharge sur le DPE comme le relate Daniel.
        Elle mets juste en évidence qu’il existe une différence entre la consommation issu du calcul du DPE avec les consommations réelles dûes aux habitudes des résidents et suivants qu’ils viennent dans un logement économe ou energivore!

        La nature humaine est ainsi faite que les habitants d’un logement très bien noté, et du fait du peu de besoin en énergie, seront moins attentif aux petits gestes économiques. Et leur budget demassera l’estimation théorique du DPE.

        A contrario les habitants d’une  »passoire énergétiques, feront tout leur possible pour limiter l’envolée de leur budget énergie au détriment parfoisde leur confort, et auront des consommations réelles en dessous du calcul du DPE.

        j’ai toujours en mémoire une étude britannique sur les gains dans le temps de la rénovation énergétique d’une  »passoire », logement généralement habité par des populations modestes. les premières années, comme ils ne changent pas leur habitudes, de sérieuses économies d’énergie sont constatées. Mais rapidement ils retombent de le même niveau de consommation car lorsqu’ils vivaient dans le même logement avant travaux, il n’avaient pas les moyens de chauffer même à 19°. Ce qu’ils peuvent se permettre dans une maison rénovée.

        cette étude reflette le même constat.

        Répondre
    • X
      Xavier 20 janvier 2024 - 3h22

      Daniel,
      il est regrettable que vous ayez eu affaire aux services d’un diagnostiqueur, qui d’après vos explications a certainement bâclé le travail de relève, d’observation, d’investigation, d’étude documentaires (le cas échéant si fourni par le propriétaire) pour collecter les données nécessaires au calcul de la note DPE.
      quid de :
      * lui avait-on données les moyens financiers nécessaires pour réaliser correctement sa mission ? (réaliser correctement des diag, c’est du temps pour mettre en œuvre ses compétences . Et toute monde connaît : le temps c’est de l’argent)
      * quand bien même les moyens financiers lui auraient été donné, auraient-il correctement fait sa mission ?
      Malheureusement comme dans toutes les professions il existe des gens pas très sérieux.
      Même s’il ne faut pas nier que certains DPE sont mal réalisés par des diagnostiqueurs peu professionnels, j’ai la faiblesse de croire que la majorité des DPE est correctement établie (avec ou sans démontage de prises, de trous de sondage, etc..).
      c’est comme les trains, on ne parlent que de ceux qui n’arrivent pas à l’heure ( une minorité heureusement); les locataires, on ne parlent que des histoires abarcadabrantesques (encore une minorité) ; des propriétaires : les marchands de sommeil font les gros titre (encore une minorité)….

      Maintenant, ce n’est par parce qu’ il est de bon ton de contribuer au DPE bashing, que vous avez été victime d’un professionnel qui ne l’était pas (Cela existe, j’ai été horrifié à titre personnel de ce genre de personnage-autant vous dire que je leur ai fait passer un sale quartd’heure),
      que vous pouvez affirmer que le DPE dans sa forme actuelle est du grand n’importe quoi..

      Comment expliquer vous que bon nombre de mes confrères sérieux et moi constatont que la majorité de nos DPE sont cohérent avec les consommations réelles des résidents ? Bien évidemment en prenant en compte la différence qui pourrait exister entre le nombre de résidents réels, leurs habitudes de consommation et les modèles retenus par les autorités suivant le types de logement. (il est vrai que pour les petits surfaces, il y a encore un soucis souvent dû à la production d’eau chaude).

      espérant que ces explications vous permettront de revoir votre analyse.

      Le fautif n’est pas forcément l’outil DPE, ni les diagnostiqueurs dans leur globalité mais peut-être de responsabilité des donneurs qui ne recherchent qu’un prix au plus bat, pour un bout de papier. Et qui après voudraient avoir un Rolls-Roye pour le prix d’une 2cv!

      Répondre
    • L
      Lionel 19 février 2024 - 16h56

      L’étude ne dit pas du tout ça … elle dit que plus le logement est énergivore et plus il y a des différences de consommation avec le DPE et l’étude explique que les passoires énergétiques concernant en priorité des populations ayant des moyens financiers faibles ils ne chauffent pas normalement leur bien. C’est plus une étude social sur la précarité énergétique des foyers et le type de bien qu’ils occupent.

      Répondre
  6. R
    Roselyne 20 janvier 2024 - 6h37

    article très intéressant. les propriétaires voulant vendre leur maison ne voudront pas que l’on démonte les prises ni faire des trous. les factures de chauffage et d’électricité devraient être prises en compte. cela éviterait qu un acheteur achete une maison classée C au lieu de G. un acheteur ave C fait confiance au diagnostiqueur ce qui fût notre cas et le vendeur de ce fait a fait une plus-value de 30000€ en 20 mois avec une maison classée C.

    Répondre
    • X
      Xavier 20 janvier 2024 - 10h53

      la confiance n’interdit pas la vérification.
      hélas le monde du diagnostic ne fait pas exception à la règle. il y a des brebis galeuses partout !

      Il fût un temps où le DPE n’existait pas, dans les informations communiquées aux acquéreurs, il y avec les différentes taxes, la consommation d’énergie. Même si cela était bien souvent déclaratif.

      Aujourd’hui un vendeur dont le DPE indique une performance énergétique en cohérence avec ses factures d’énergie n’aura aucun problème à communiquer ses factures. Dans le cas contraire, il faut peut être avoir des voyants rouges qui s’allument.

      Dans votre cas s’il y a effectivement une plus-value de 30000€ pour votre vendeur vous avez des recours. Depuis 2021 le DPE est opposable également
      à votre vendeur et dans sa version précédente le diagnostiqueur était deja responsable du résultat du DPE en cas d’erreur.

      hélas la lenteur de la justice est bien connue (Cela est un autre debat) et je comprends les personnes qui ne souhaitent pas se lancer dans de longues procédures.

      Répondre
  7. J
    Julien 20 janvier 2024 - 9h25

    je pense qu il y a une methode à explorer beaucoup plus simple avec les thermostats connectés. Chez Netatmo et je suis sur chez les autres aussi on a des données sur les courbes de chauffe avec les temp exterieur pourquoi ne pas exploiter ces données afin de realiser un dpe juste.

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 20 janvier 2024 - 9h30

      Comme précisé en réponse à d’autres commentaires, le DPE ne vise pas à fournir une évaluation de la consommation d’énergie réelle de l’occupant du logement. Il sert à connaître la performance énergétique du bâtiment (consommation d’énergie et émissions de gaz à effet de serre) indépendamment du comportement de son occupant. Oui, il pourrait être intéressant d’exploiter les données des thermostats connectés pour avoir un indicateur complémentaire, mais cela ne remplacerait pas les données du DPE. Ce serait simplement une source d’informations supplémentaire.

      Répondre
  8. B
    Bernard 20 janvier 2024 - 9h34

    Madame,
    Tout ce mécontentement résulte des pouvoirs publics. On ne fait pas des textes de loi sur de l’estimatif. Qu’est ce qui est vraiment important aujourd’hui ? Les économies d’énergie ou bien les gaz à effet de serre. Reprendre les textes de Kyoto de 1997 me paraissent plus pertinent que les DPE. C’est regrettable tout ces articles.

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 20 janvier 2024 - 9h50

      Monsieur,
      Je ne comprends pas votre commentaire. Le DPE tient compte des économies d’énergie et des gaz à effet de serre (la plus mauvaise note conditionne l’étiquette du DPE). Contrairement aux textes de Kyoto, il permet aussi aux futurs locataires et acquéreurs de comparer la performance énergétique des biens immobiliers avant de signer un contrat. En prime, il est opposable, ce qui permet à chacun de faire valoir ses droits devant la justice. Enfin, fort heureusement, personne n’est contraint de lire nos articles !

      Répondre
  9. S
    Sylvie 20 janvier 2024 - 12h01

    Pour parler de DPE, il faut l’avoir vécu ! Ma maison (celle où je suis née et que j’ai gardée comme résidence secondaire pendant 25 ans, en souvenir de mes parents et de mes souvenirs d’enfance) datant de 1846 aux murs de 50 cm d’épaisseur, qui était notre refuge l’été car très fraîche, et parfois aussi l’hiver car très bien chauffée sans faire d’excès, ni de chauffage ni de factures d’électricité élevée, il a fallu pour des raisons financières que je la mette en vente. Cela fera bientôt un an de cela ! Le DPE G a été annoncé d’office avec audit énergétique obligatoire et très cher (1100 euros pour l’ensemble des diagnostiques et audit !) aucun des documents que j’avais pu apporter le jour du rendez-vous, n’a éte consulté, sachant qu’il ne m’avait jamais rien été demandé avant le rendez-vous et que le diagnostiqueur a eu le culot d’écrire que je ne lui avais rien fourni !!!) ! Celui-ci m’a d’ailleurs fait comprendre qu’il préférait être seul, il ne voulait semble-t-il pas que je sois « dans ses pattes » je voyais au début que cela l’indisposait ! Résultat : je n’ai pas pu défendre ma maison, il n’a même pas fait mention des parties de la maison qui avaient été isolées et je me suis retrouvée avec des invraisemblances et un DEP en grande partie faux. Le fait que la maison soit chauffée à l’électricité avec radiateurs radiants alors que ce n’est pas une energie fossile et bien une énergie propre a contribué à baisser ma note pire que s’il s’agissait d’un chauffage au fioul ! Par exemple, Il a été indiqué que des volets devaient être installés alors que toutes les fenêtre en disposent ! Que mes fenêtres en double vitrage devaient être changées car elles dates de plus de 15 ans !!! Etc… etc… Ma maison est donc devenue une bête noire, personne n’en veux ! Nous n’avons jamais été incommodé ni par le froid ni par le chaud (températures idéales l’été) et on nous conseille l’installation d’une clim très bonne pour la planète, n’est ce pas ? Pour la petite histoire : Petite fille il n’y avait pas de chauffage dans la maison, juste deux ou trois poêles à bois. Dans ma chambre pas de chauffage et l’hiver je ne voyais pas à travers les carreaux à cause de la glace ! Pour aller faire pipi, il fallait que je traverse la cour et en plein hiver avec de la neige en abondance… et nous ne faisions pas partie des plus malheureux ! Maintenant, pour le petit confort des nouvelles générations capricieuses qui s’affolent avec 5 cm de neige et -5 degrés dehors en plein hiver, nous avons droit à la pire des inventions, qui rapporte un max à l’état et qui ruine le petit propriétaire qui n’a pas les moyens de faire des travaux (dépassant parfois la valeur de leur maison en zone rurale) et qui ne peut plus vendre son bien. Sans compter toutes les offres de locations qui petit à petit vont disparaîtres suite à tous ces effets pervers du DPE. Vive le progrès…

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 20 janvier 2024 - 12h12

      Vous n’avez peut-être pas eu de chances. Comme dans tous les métiers, il y a des personnes plus sérieuses que d’autres. La grande majorité des diagnostiqueurs fait très bien son travail et il est donc dommage de condamner toute une profession à partir d’une expérience négative.
      Depuis plus d’un an, le ministère propose aux propriétaires deux fiches, « préparer mon DPE » et « comprendre mon DPE ». Voici donc les informations qu’il convient de fournir au diagnostiqueur : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/preparer_mon_dpe.pdf
      Le DPE étant opposable, vous pouvez vous retourner contre le diagnostiqueur si vous pensez avoir obtenu un DPE erroné.
      Le DPE n’a pas été conçu à la demande de nouvelles générations capricieuses, mais pour faire face au dérèglement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (le secteur du bâtiment représente 43 % des consommations énergétiques et génère 23 % des émissions de GES). Par ailleurs, il permet aussi de lutter contre la précarité énergétique, c’est-à-dire l’impossibilité de chauffer son logement sans se ruiner littéralement en factures d’énergie. Enfin, le DPE est payé au diagnostiqueur qui n’est pas employé par l’État et la rénovation énergétique coûte plutôt cher à l’État. Qu’est-ce qui lui rapporte un max dans cette histoire ?

      Répondre
  10. L
    Laurent 20 janvier 2024 - 15h01

    @ Sylvie, malheureusement je pense que vous ne pouvez pas être très objective concernant votre maison de famille à laquelle vous semblez être très attachée.
    Cela dit il semblerait que vous soyez tombée sur un mauvais mais pourriez-vous nous dire combien vous avez payé pour le Dossier de Diagnostics Techniques en nous indiquant la surface de votre maison et l’ensembles des diagnostics réalisés.

    Le problème qui se pose est avant tout une histoire d’argent, tout cela va se résorber compte tenu des sinistres qui vont augmenter, à un moment il faudra accepter de payer convenablement un technicien qui est scruté pendant 7 ans, qui paye les organismes certificateurs pour la gestion administrative, ses contrôles sur ouvrage et les contrôles de rapports et la galère (encore tolérable) pour trouver une RC Pro. Le matériel (notamment celui de repérage du plomb dans les peintures entre 25 et 35K€), un véhicule, un comptable, des frais liés à l’entreprenariat. Et puis au delà de la mission « terrain » il y a la partie administrative qui doit normalement prendre du temps, et cela doit se payer.
    Bref un ancien patron dans le bâtiment (qui a dû connaître le givre sur les carreaux étant petit, en plus dans les montagnes savoyardes) me disait la célèbre formule « vite et bien ça ne marche pas ». Que se passe-t-il avec les grandes enseignes (et c’est valable dans l’alimentaire, le service à personnes….) les salariés doivent être rentables et tout est millimétré dans leur journée de travail alors le moindre grain de sable n’est pas toléré et cette lecture de documents est un grain de sable dans leur mission. Je ne généraliserai pas mais préférez l’artisan boulanger qui pétrie sa pâte comme lui a appris son patron qui le tenait lui-même de son patron, fuyez les « 3 achetées 1 offerte », tout ça c’est des conneries car il y a forcément quelqu’un qui paye cette quatrième « offerte ». Il faut aussi impliquer les agents immobiliers qui là aussi tient son lot de bra……, pour qui il faudrait que le rapport soit vierge. ça c’était sur la forme.
    Pour le fond, oui je suis d’accord pour dire que de recommander l’installation d’une Pompe A Chaleur plutôt que de parler d’isolation est une aberration, maintenant croire que l’électricité est une énergie propre c’est faire le jeu de l’ADEME et du lobbying nucléaire, et sachez que pour 1Kw consommé c’est plus de 2 Kw produits, en excluant le coût géostratégique de l’uranium, le traitement des déchets, la rénovation de 80% des centrales pour leur permettre de prolonger leur activité normalement arrivé à terme….

    Votre maison aurait très certainement nécessité d’être rénovée, et ce type de maison (que je connais pour en avoir rénové 2 avec des dizaines de milliers d’€euros dépensés en isolation et en système de chauffage) où si peu a été fait et dont les propriétaires voudraient qu’elles se vendent plusieurs centaines de milliers d’€ alors qu’il va falloir tout revoir, toiture, chauffage, isolation, fenêtres plus récentes (je vous l’accorde peut-être dans un deuxième temps si il y a déjà un double vitrage, mais là aussi les appareils de mesures parlent et un double vitrage de début 2000 et moins performant qu’un plus récent) sans parler de l’esthétique qui parfois a plus de 40 ans.

    Et puis 25% d’augmentation de l’électricité en 2 ans, les énergies fossiles qui ont subi de très grosses augmentations on ne peut plus l’ignorer lors d’un achat immobilier.

    Et surtout n’oublions pas que le problème numéro 1 c’est bel et bien le réchauffement climatique et les engagements des accords qui nous obligent à prendre des mesures importantes et elles passent par la rénovation des bâtiments qui à eux seuls représentent 25% des GES.

    Fini l’après Covid où tout s’est vendu à n’importe quel prix, et puis des maisons classées F ou G il va y en avoir de plus en plus sur le marché car la génération des boomers va s’éteindre petit à petit, et celle de leurs parents avec ces maisons des années 50 non isolées est déjà en train de nous léguer ces bâtiments énergivores. Comme les prix des matériaux ne permettent plus non plus une consommation les yeux fermés, il va falloir revoir le marché de l’immobilier et surtout d’accepter que les prix des 15 dernières années étaient anormaux.
    Dons Sylvie, refaite faire un diagnostic mais même en admettant que vous soyez tombée sur un guignol, ne vous attendez pas à passer de G à D, peut-être même pas à E.
    Et perso je ne démonte pas les prises, car cela n’est en rien la garantie de l’homogénéité de la mise en oeuvre d’un isolant. Il faut que les propriétaires se responsabilisent et acceptent la règle. Informations justes, DPE fiable, pas d’infos, DPE en mode dégradé. Et par les temps qui courent si un acheteur est intéressé mieux vaut accepter une négociation de 20k€ pour justement améliorer la note du logement plutôt que d’espérer vendre à un prix fort.

    Enfin en conclusion, je dirai à ceux qui font appel à nos services qu’aujourd’hui vous êtes vendeur mais demain vous serez acheteur alors qu’est-ce que vous préférez comme qualité de diagnostics? Low-coast ou good quality? Un travail bien fait se paye et il ne s’agit pas de se faire plumer mais plutôt d’éviter les ennuis, 150€ de moins sur un devis c’est des heures en moins sur votre dossier.

    A la limite du hors-sujet mais pas tout à fait.

    Répondre
    • X
      Xavier 20 janvier 2024 - 19h03

      Non tu n’es pas hors sujet car au départ l’article parle d’une problématique bien connue des diagnostiqueurs.
      Après bien souvent le fait de mettre la réelle épaisseur de l’isolant ou mettre l’année de construction ou parfois la preuve de l’année de rénovation ne change pas grand chose au résultat.

      maintenant pour revenir sur tes propos, tu as répondu à bon nombre des intervenants dans la discussion qui généralisent l’idée reçue que tous les diagnostiqueurs sont des mauvais.

      Il est vrai qu’un vendeur ne peut pas avoir une idée objective sur son bien car l’effectif entre en ligne de jeu.
      Et oui la qualité des diagnostics rime en majeure partie du prix que le client accepte de payer. (mais je ne nie pas que même dans des tarifs élevés, il peut y avoir des professionnels peu scrupuleux).

      Répondre
  11. D
    Dominique 21 janvier 2024 - 8h32

    bonjour pourquoi un propriétaire n’est pas sanctionné, quand il n’a pas fourni le DPE , à l’entrée du locataire en 2018.
    Merci

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 21 janvier 2024 - 8h51

      Bonjour,
      Le propriétaire encourt des sanctions s’il ne fournit pas un dossier de diagnostic technique (DDT) complet au locataire, incluant un DPE. En effet, il ne respecte pas ses obligations légales. Le DPE est obligatoire pour la location depuis 2007.
      Le locataire qui n’a pas eu le DPE peut saisir le tribunal. La justice décidera de la sanction : amende, annulation du bail, paiement de dommages-intérêts…

      Répondre
      • F
        Fabrice 21 janvier 2024 - 15h25

        Tout d,abord , je vais expliquer mon cas, locataire depuis le 14/10/2018 avec un DPE fait en 08/16 et donc valable jusqu’au 30/06/2021 , l, agence immobilière me dit que mon DPE est encore valable . Donc je suis entrain de me battre pour faire admettre mes droits.

        Répondre
        • Cécile, le moteur de Quotidiag 21 janvier 2024 - 15h32

          Le propriétaire n’a pas l’obligation de refaire un DPE en cours de location, même s’il n’est plus valable. Il doit seulement fournir un DPE en cours de validité pour toute nouvelle location. En revanche, le locataire peut exiger un DPE pour justifier du critère de décence énergétique, mais cela ne s’applique qu’à compter de l’entrée en vigueur des dispositions de la loi Climat et Résilience. Vous pouvez demander ce DPE à votre bailleur ou à votre agence, mais il ou elle n’est pas contraint d’accepter. Vous pouvez aussi le faire réaliser à vos frais, situation donc nous avons notamment parlé dans l’article publié hier sur Quotidiag : https://www.quotidiag.fr/faut-il-faire-un-dpe-a-la-demande-du-locataire/

          Répondre
          • S
            STEPHANE 1 février 2024 - 18h10

            Attention, diag à renouveler si périmé à chaque reconduction tacite également et non pas seulement au nouveau bail.

          • Cécile, le moteur de Quotidiag 1 février 2024 - 18h13

            Non, le locataire peut demander le DPE, mais le propriétaire n’a pas l’obligation de renouveler le diag à la reconduction tacite du bail. La loi ne l’impose pas.

          • S
            STEPHANE 16 février 2024 - 10h26

            Loi 89-462 Article 3-3 Créé par LOI n°2014-366 du 24 mars 2014 – art. 1 :
            Un dossier de diagnostic technique, fourni par le bailleur, est annexé au contrat de location lors de sa signature ou de son « renouvellement »

            Le renouvellement tacite est un renouvellement donc dpe à refaire si périmé.
            La péremption ne se jugeant pas uniquement avec la date indiquée sur celui-ci mais en fonction des modifications également .

          • Cécile, le moteur de Quotidiag 16 février 2024 - 11h04

            Il ne suffit pas d’une loi pour mettre en place une obligation réglementaire, sinon le diagnostic amiante avant location serait déjà obligatoire.
            Dans la section 5 du code de la construction et de l’habitation, Informations et diagnostics divers – Articles L126-23 à L126-25, le renouvellement n’est pas mentionné. D’ailleurs, le ministère précise très clairement qu’il n’y a pas d’obligation de refaire un DPE lors d’un renouvellement tacite, mais que le locataire peut le demander pour justifier du critère de décence : « En application de l’article 3-3 de la loi n°89-462, l’obligation d’annexer les diagnostics au contrat de bail ne vise que la signature du contrat mais pas la reconduction tacite qui n’implique aucune signature. Si le propriétaire n’a donc pas d’obligation de fournir pro-activement un DPE à son locataire lors de la reconduction tacite du bail en application de la loi, ce dernier est en revanche en droit d’exiger un DPE valide lors d’une reconduction tacite pour pouvoir justifier du respect du critère de décence ». C’est ici : https://www.ecologie.gouv.fr/interdiction-location-et-gel-des-loyers-des-passoires-energetiques

  12. O
    Olivier 21 janvier 2024 - 9h34

    Article intéressant et réponses aux commentaires qui montrent une réelle maîtrise du sujet. Je suis un artisan RGE passionné par la performance thermique du bâtiment et je pense que même un démontage ne permet pas de qualifier la performance d’une paroi. En effet je vois encore trop de chantiers où des collègues ne savent pas qu’un pare vapeur ce n’est pas le craft de l’isolant mais une membrane continue et étanche à l’air. Pour un même isolant ce sera vraisemblablement un rapport de un à deux sur la consommation à consigne égale sa même évoquer la nécessité de chauffer plus haut pour obtenir la même sensation de confort à cause des courants d’air par exemple. Mesurer l’épaisseur de l’isolant ne permet pas de dire s’il est bien posé, de connaître son lambda qui pour de la laine de verre peut varier de 0.032 à 0,042 (25% de différence) pour celles actuellement sur le marché, peut-être plus que 0,042 pour celles d’il y a 10 ou 20 ans, sans parler de l’utilisation d’une laine destinée à être utilisée pour des combles (à plat) mise en œuvre dans un mur. Elle est moins chère mais sera affaissée au bout de deux ans. Je me bats tous les jours avec mes ouvriers pour que les choses soient faites correctement pour obtenir le résultat promis, il faut du temps, de la compétence et cela coûte cher. Même une facture émise par un artisan RGE ne garantie rien d’autre que la caractéristique de l’isolant utilisé. La mise en oeuvre n’est jamais vérifiée, sauf quelque fois en combles perdues pour du soufflé.
    j’ai vécu aux USA. Il y est obligatoire à chaque étape d’un chantier, de faire venir un agent de l’urbanisme qui va contrôler que si sur les plans il est marqué laine de bois lambda max 0,038 et 15cm, c’est bien ce qui est posé (l’info est la plupart du temps écrite dessus, pas besoin d’être ingénieur thermique). Même chose avant de couler le béton des fondations, vérification des fers à béton, nombre et diamètre. en tout 5 ou 6 vérifications sur un chantier. La règle s’applique aux professionnels comme aux particuliers et garantie le respect du code de la construction. Facturé 80 à 100 € la visite cela coûte finalement bien moins cher que notre bureaucratie RGE et permet même de bénéficier des aides publiques en autoconstruction ce qui évite l’explosion des coûts observée chez nous (et des escroqueries ) dés qu’une aide existe.
    Vendre sa maison, voir l’assurer en zone cyclonique ou de tremblement de terre, devient très difficile si les contrôles n’ont pas été faits.
    Nous on préfère les mentions obligatoires dans les devis, les factures, les diagnostics, etc. Les champions du traitement de texte ont toujours des documents nickels qui ne garantissent rien, puisque rien n’est vérifiable une fois le placo peint, même avec démontage ou sondage partiel, même avec un audit thermique, cela restera toujours une approximation.

    Répondre
    • B
      Bruno 25 janvier 2024 - 17h09

      Le DPE est très approximatif par nature. Il n’est pas la pour vérifier la mise en œuvre des matériaux isolants. Je vous invite a lire les 2 arrêtés du 31 mars 2021 et à nous donner votre avis de thermicien.

      Répondre
  13. P
    Patrick 21 janvier 2024 - 11h16

    la méthode la plus juste serait la mesure avec une caméra thermique qui pourrai etre montee sur un drôle pour les parties extérieures ainsi les mesures serai beaucoup plus représentatives que tous vos soi disant calcul est permettrai définir exactement la position des pertes et ainsi les combattres de manière efficace. mais ce n est pas avec un stage de quelque heure et un programme informatique vendu bien cher que l on devient un super mann du diagnostique il d abord bien connaître le bâtiment et les matériaux et savoir calculer un R manuellement sans hésitation pour prétendre à à cette profession

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 21 janvier 2024 - 11h55

      Nous avons un article en préparation sur ces questions de méthodologie et d’outils. Je n’en dirai donc pas plus ici. En revanche, il faut plus qu’un stage de quelques heures pour obtenir la certification DPE. La réglementation impose, comme prérequis, un diplôme Bac+2 dans le domaine des techniques du bâtiment ou une expérience professionnelle de 3 ans dans le domaine des techniques du bâtiment. Par ailleurs, un diagnostiqueur ne réalise pas uniquement des DPE.

      Répondre
    • X
      Xavier 22 janvier 2024 - 0h46

      vous semblez très bien informé.
      pouvez-vous développer ce que l’on mesure avec votre caméra thermique, votre Drôme ?

      vous n’est pas sans savoir que l’usage des drones est réglementé et qu’il me semble qu’il va être difficile de les utiliser bien souvent.

      Sans parler du coût, il va sérieusement falloir abandonné la croyance du DPE à 100€!

      quant aux programmes informatiques comme vous les appelez vendus bien cher. je vous laisse juge de cette affirmation. Sachez qu’ils n’y a plus de logiciel métier du diagnostic  »vendus », ils pour la plus par en licence par abonnement. Et oui c’est étrange peut-être mais les fournisseurs de logiciels travaillent pour les améliorer,intégrer les nouvelles régénération et comme vous et moi ils espèrent toucher un revenu en fin de mois.
      Et pour votre culture générale sachez que pour les DPE ces logiciels métier ne sont que des interfaces, des bases de données d’entrée, qui sont transmises au calculateur commun à tous les DPE. ce calculateur est développé par la DHUP.

      En ce qui concerne votre connaissance sous-entendu de savoir calcul un R manuellement et sans hésitation, et ceux dans tous les cas de figure contrairement aux diagnostiqueurs qui se prennent pour des Supermans! J’en suis heureux pour vous. Et c’est par parce les diagnostiqueurs utilisent un logiciel (il faut vivre avec son temps) qui n’ont pas pour la plupart les connaissances sur le bâti nécessaire et qu’il ne savent pas identifier les caractéristiques d’un mur pour en calculer son R.
      bien à vous,
      un des superman du DPE

      Répondre
  14. G
    Gabriel 22 janvier 2024 - 8h02

    bonjour,
    félicitations et remerciements pour vos articles si proche de notre réalité de diagnostiqueur.
    Il serait peut-être temps de tarifer les actes, comme les médecins, dentistes ou infirmières ?

    Répondre
    • P
      Pietrini 23 janvier 2024 - 20h11

      ….afin que les plus mauvais soient payés au tarif des bons ?

      Cela fait 15 ans que l’on arrive à éviter cette funeste idée qui revient en boucle…

      Répondre
      • S
        STEPHANE 1 février 2024 - 19h47

        Les mauvais ne sont malheureusement pas une exception, et ils entrainent avec eux, ceux qui font leur boulot consciencieusement et qui sont obligé de suivre cette tendance s’ils veulent bosser à un minimum vitale.
        Il n’y a que ceux qui sont sortis de ces contraintes qui se permettent de donner des leçons, et ils oubli de dire qu’ils en sont sortis exactement pour ces raisons.

        Répondre
  15. S
    STEPHANE 1 février 2024 - 18h25

    Hé bien ! Jusqu’à 2021 personne ne s’intéressait au DPE, maintenant tout le monde est spécialiste.
    C’est comme le foot, lors des coupes du monde, il y a 65 millions de coach …

    Pour rappel le DPE existe depuis 2006, pourquoi de tels griefs aujourd’hui ?
    Parce qu’il y a sanctions maintenant, donc on s’y intéresse après 15 ans de j’menfoutisme de la population.
    Hormis pour certains qui regardent plus loin, et qui on pris les devant, ceux là ne craignent rien !
    Pour revenir au sujet, une mission doit se faire CONTRACTUELLEMENT, car il faut pouvoir démontrer que nous avons informer notre client de ce qu’il doit fournir comme moyens, documents et informations, sans cela il est impossible d’exercer correctement sans risque juridique.
    Cette bonne pratique (voir obligation réglementaire) permet d’obtenir les meilleurs résultats possibles dans les circonstances auxquelles nous intervenons.
    Et si on pratique comme je le fais, 15 diagnostiqueurs différents doivent pouvoir obtenir les mêmes résultats car il n’y a aucune raison justifiant des résultats différents avec les mêmes données.
    On a bien compris qu’il faut faire le maximum pour mesurer/observer les données mais dans les limites qu’on fixe avec le client, or démonter des prises c’est mettre le « doigt » dans des galères pas possibles et une perte de temps indéfinissable car les démontages amènent souvent à des problèmes (pour démonter, pour observer, pour remonter, etc), sans compter les risques ultérieurs.
    Pour éviter les aléas, je préconise aux clients de démonter à l’avance un max de prises avec leur boite d’encastrement, s’il ne le font pas, tant pis pour eux (mais en général, je les sensibilise tellement que çà se passe bien) et on peut lever les inconnus.
    Malgré çà, j’ai malheureusement beaucoup de passoires…

    Répondre
  16. P
    Pierre 15 février 2024 - 19h33

    Nous avons à dispo un disto qui permet de mesurer des épaisseurs globales des murs
    En fonction des indications constructives il est facile de déduire la constitution de la paroi…
    Mais aucune certitude sur l’homogénéité et ou la présence ou pas d’isolant.., on peut se trouver sur une paroi type placostyle avec un gros vide d’air sans isolant devant un mur en brique ou en pierre…
    Pour ma part je ne démonte jamais rien en avant vente ou location.. les risques sont bien trop importants avec des gens très proceduriers ou bien l’inverse ceux qui ne donnent aucune indication et qui vous reproche d’inventer derrière…donc pas d’info égal année de cst….c comme la chaudière ventouse confondue avec la condensation… bref il faut tout contrôler…
    Mes tarifs pour un DPE sont autour de 200€ en fonction des surfaces…et parfois ça tic… pourtout yvelines suf et ouest il n’y a pas que de la classe moyenne… c plutôt fonction du travail fourni des compétences et de l’expérience que je vends…le temps pour un DPE peut varier de 30mn à 2 h selon la complexité du bien et je vérifie toujours avec le propriétaire avant l’édition définitive…

    Répondre

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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