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Jules, alternant en diagnostics immobiliers

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Jules Compagnon a été l’un des premiers alternants en diagnostics immobiliers. Après le témoignage de son père et référent, le dirigeant de LC Diags, voici les ressentis de l’étudiant à ID School / Up’n’PRO.

Profil des alternants à la formation de diagnostiqueur

Cette formation a été la clé pour accéder à la formation et devenir diagnostiqueur immobilier. Auparavant, c’était impossible. Cela permet d’élargir les profils des alternants. Personne, dans ma promo, ne vient du bâtiment. Nous sommes aussi tous dans la même tranche d’âge. Nous avons entre 20 et 27 ans. Cette accessibilité, c’est vraiment bien.

Points positifs de la formation en alternance

Nous passons les certifications au fur et à mesure du cursus, avec des formations assez bien réparties, et un temps important en entreprise. La répartition correspond à 75% en entreprise, 25% en formation obligatoire. C’est le gros point positif de la formation ID School. Certains alternants n’appréciaient pas et ils sont partis. Parmi ceux qui sont restés, nous partageons tous le même avis.

Un quizz bâtiment obligatoire pour accéder au métier

J’ai démarré le 14 juin 2021. La condition pour accéder à la formation, pour nous qui ne venions pas du bâtiment, était de passer une sorte de certification, le Quizz Bâti. Au niveau du temps d’apprentissage, nous avons tous trouvé que ça n’allait pas. Nous devions apprendre toutes les généralités du bâtiment – importantes pour le métier de diagnostiqueur, je ne le conteste pas – en 1 semaine.

Il y avait un Powerpoint de 400 pages, sur lequel on allait avoir 30 questions, et il fallait au minimum avoir 23/30. C’était l’examen le plus compliqué et le premier à passer pour accéder aux autres. Il y avait énormément de vocabulaire. 2 semaines auraient été nécessaires pour tout apprendre, et avec un formateur en visio-conférence car là, c’était en autonomie. Nous leur avons dit et je pense qu’ils ont prévu des améliorations pour la promo suivante.

Des formations orientées marketing obligatoires

Il y a un autre point négatif. Outre les formations obligatoires sur les certifications amiante, électricité, gaz, DPE, etc. nous avions aussi des formations plus sociales : management, qualité de vie au travail… J’avais déjà étudié ces sujets en BTS marketing. Je ne sais pas si c’est vraiment intéressant pour ce métier. Par exemple, pour les marketing des produits, on sortait du contexte du diagnostic. Nous ne serons pas amenés à vendre des produits, ce n’est pas le sujet de la profession. Malheureusement cet apprentissage est obligatoire.

Quand on a beaucoup de travail en entreprise et qu’il faut prendre 3 semaines pour ces formations là, c’est frustrant. Pour que le diplôme soit accepté comme un BTS, il faut un certain nombre de formations obligatoires. Pour les alternants qui sont dans de grandes entreprises, ce n’est pas grave, la société continue de tourner. Mais je suis avec mon papa en indépendant donc c’est plus compliqué quand il y a beaucoup de travail en entreprise. L’autre condition est de passer un examen final, une sorte de mémoire avec un grand oral devant un jury, afin de valider la formation.

Budget et matériel pour se former au métier

La formation coûte 15 000 € pour les 2 ans et tout est financé par l’OPCO. Je ne sais pas si c’est beaucoup, je n’ai pas de comparatif. Au niveau du matériel, il faut juste un ordinateur et une connexion Internet. La plupart des élèves étaient déjà équipés. Nous accédons aux cours via une plateforme en ligne régulièrement mise à jour. Pour le logiciel de diagnostics, c’est celui de l’entreprise.

Un accompagnement qui dépend du formateur

Pour l’amiante, le formateur était vraiment génial. Il expliquait très bien et était pédagogue sur quelque chose d’un peu barbant. Le sujet de l’amiante est important, mais il est beaucoup question de réglementation, de processus, etc. Pour le DPE, le formateur était très sympa mais manquait de pédagogie, ce qui était problématique. Le DPE est la certification la plus difficile et la plus intéressante à passer. Il y a des mathématiques, beaucoup de logique, de nombreuses connaissances à acquérir sur le bâtiment, les matériaux, les types d’isolants, les moyens de chauffage, les ventilations…

Bref, quand on ne vient pas du bâtiment, 2 semaines de formation ne suffisent pas car sur le terrain, c’est très différent. Sur l’électricité, le formateur était le référent de la formation auprès des alternants. Il était très bien pour former, mais je sentais qu’il n’avait pas vraiment confiance en nous. Il doutait du sérieux des alternants. Parfois, il avait l’air de nous prendre pour des lycéens. Certains formateurs nous ont laissé leurs coordonnées, au cas où on ne saurait pas quoi faire face à une situation particulière.

Utilité de la certification amiante avec mention

Comme j’étais novice, je pensais qu’avoir la certification amiante mention allait être vraiment important pour l’entreprise. En fait, nous, on se concentre beaucoup plus sur l’avant-vente. Lorsque j’ai cette mission, j’avoue honnêtement au client qu’une entreprise spécialisée sera plus efficace et la réalisera mieux. Ils font tous les jours des repérages avant travaux ou démolition alors qu’ils ne font que très peu de DPE, par exemple. Ils ont cette expérience des diagnostics « amiante ». Moi, ça va me prendre beaucoup plus de temps et la facturation ne sera donc pas la même.

Début des missions terrain

J’ai commencé avec mon papa. Quand on sort de cours, on est théoriquement opérationnel mais dans les faits, ce n’est pas le cas. Être avec quelqu’un qui a de l’expérience est primordial. Mon père a commencé tout seul donc il sait que c’est compliqué d’arriver sur le terrain à la sortie des certifications. Il y a 3 mondes d’écart. Là je commence à faire de plus en plus de missions tout seul. J’aime beaucoup mais quand je sais que c’est un gros bien, par exemple une grande maison construite avant 1949, je préfère que nous soyons deux. Je sais que sinon, ça va prendre un temps fou pour faire le travail consciencieusement, la description du bien, les mesures, le relevé, etc.

Une formation diagnostiqueur recommandée à autrui

Nous étions la promo crash-test mais globalement, ça se passe bien malgré tout. Il y a des points à améliorer notamment au niveau de la communication. Ils nous donnaient le planning au dernier moment par exemple. On se connectait le lundi à 9h sans savoir ce que nous allions faire dans la journée. Dans l’équipe pédagogique, il n’y en a aucun qui ait été diagnostiqueur immobilier. Les personnes qui gèrent l’organisation ne connaissent pas les problématiques qu’un diagnostiqueur indépendant peut rencontrer. Par exemple, il y a une saisonnalité dans l’année. Ils pourraient prendre contact avec les responsables d’entreprises et en tenir compte pour étudier le planning. Ils nous mettent une formation de 3 semaines en juin, au moment où la demande est forte pour nous, au lieu de la mettre en janvier .

Mais je recommanderai quand même la formation en faisant abstraction de cet aspect-là. Si quelqu’un me posait la question, je lui dirais que l’important, c’est l’accessibilité au métier de diagnostiqueur et les certifications. Mais aussi, la possibilité de suivre les formations à distance et d’avoir accès aux formations quand on le souhaite, via la plateforme. Je lui conseillerais ce cursus plutôt que la formation initiale de 4 mois car le timing est presque irréalisable. C’est ce par quoi est passé mon père et j’ai vu ses week-ends de révisions, le peu de temps qu’il avait pour apprendre. Le BTS en alternance, même si c’est plus long, laisse le temps de passer les certifications et d’acquérir l’expérience du terrain. Quand j’aurais fini la formation, je serai plus apte sur le terrain que mon père l’était lorsqu’il a débuté.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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