revenir à l'Accueil
Le quotidienTémoignages

Formation en alternance diagnostiqueur, côté entreprise

Partager cet article sur
Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
Partager sur

Le métier de diagnostiqueur est désormais accessible avec une formation de BTS en alternance. François Compagnon, responsable de la société LC Diags, a choisi cette solution pour former son successeur. Il nous en dit plus sur l’aspect patronal. Nous publierons ensuite l’interview de Jules Compagnon, l’un des premiers alternants en diagnostics immobiliers.

Rajeunir la profession des diagnostiqueurs

En 2021, j’ai découvert l’existence de la formation de BTS en alternance Up’n’PRO / ID School par hasard sur LinkedIn. C’était une nouveauté. J’ai trouvé l’idée intéressante car cela permettait aux jeunes de suivre une formation certifiante pour les diagnostics immobiliers.

Jusqu’à maintenant, pour être diagnostiqueur, il fallait avoir au minimum un niveau BTS et/ou 3 ans de connaissance du bâti. Par conséquent, c’était un métier ouvert à la reconversion professionnelle plutôt qu’aux primo-diplômés. L’âge moyen d’entrée dans les métiers du diagnostic s’en trouvant plutôt « élevé ». Je trouve qu’il est sain de proposer cette solution pour rajeunir la profession.

L’organisme de formation Up’n’PRO, issu du Groupe ITGA, a créé ID School début 2021. L’école propose aux jeunes des formations, en alternance, aux métiers du bâtiment, du numérique et de l’environnement.
Former quelqu’un en vue d’une passation

Pour moi, cette formation constituait aussi une opportunité car j’arrive bientôt à l’âge de la retraite. J’ai donc besoin de former quelqu’un en vue d’une passation. J’avais déjà effectué des recherches pour trouver des apprentis diagnostiqueurs, des personnes en reconversion, mais ce n’est pas si facile.

Beaucoup de candidats arrivent via Pôle Emploi dans le cadre d’une reconversion, ce dernier finançant totalement ou partiellement des formations accélérées, coûteuses et de qualité inégale. Elles permettent de passer les certifications, mais sans garantie sur les compétences terrain de l’opérateur. Avec le BTS en alternance, il était possible de former quelqu’un pendant 2 ans. C’est une durée suffisamment longue pour acquérir les compétences terrain en plus du passage des certifications.

Financement de la formation en alternance

Je me suis donc renseigné auprès de Up’n’PRO. J’ai également voulu savoir si le financement de la formation était possible dans le cadre de l’OPCO (OPérateur de COmpétences). La formation était finançable par l’OPCO à 100%. L’aspect administratif m’inquiétait un peu. J’ai une petite boîte, avec un statut de société SASU. Je ne connaissais pas les subventions, les systèmes d’aides de l’État, etc.

Mais l’OPCO, (Atlas OPCO me concernant), a été très efficace. Déjà, c’est un service qui répond au téléphone (rires). Il y a eu moults échanges avec Atlas-OPCO, moi-même et l’école pour trouver le code formation (Ministère de l’éducation Nationale), faire les demandes, obtenir l’acceptation… En fait, le dossier a pris un mois et demi parce que je n’avais jamais monté de dossier de formation professionnelle auparavant. Désormais, si c’était à refaire, ce serait beaucoup plus rapide.

Organisation de la formation

Mon fils, Jules, a fait partie de la première session de ce BTS en alternance. L’avantage réside dans le fait que les étudiants passent leurs certifications au fur et à mesure des 2 années de formation. Dès la certification en poche dans un domaine, ils peuvent exercer immédiatement celle-ci sur le terrain. La première certification passée fut l’amiante avec mention. Dès le mois de septembre, Jules pouvait pratiquer des diagnostics amiante, sous supervision bien sûr.

Il a passé l’électricité en décembre, le CREP en janvier, et là il lui reste juste à s’améliorer pour passer les certifications DPE. L’école organise, dans la foulée, le complément de formation pour l’audit énergétique. Juin-juillet 2022, Formation Termites et Gaz. Il sera donc sans doute opérationnel sur toutes les certifs fin 2022, soit 18 mois après avoir commencé, et surtout il sera opérant sur le terrain.

Appréhender le métier de diagnostiqueur

Les jeunes méconnaissent ce métier. Beaucoup d’entre sont en recherche de sens à leurs études. Jules avait suivi un BTS orienté marketing, sans réelle conviction pour cette voie-là. J’ai dû lui montrer que les diagnostics immobiliers ont du sens (sécurité des personnes, rénovation énergétique du bâti). C’est le message le plus important à faire passer, y compris aux clients.  Évidemment, la réalisation des diagnostics immobiliers est une obligation réglementaire, mais elle s’inscrit dans le temps. Si on adhère au sens de la mission, notamment sur le DPE et l’audit énergétique, alors on exerce ce métier avec passion, en particulier le DPE qui est mon « dada », et l’on est plus capable d’en transmettre le sens auprès de nos alternants comme de nos clients.

Les nouvelles recrues de l’école sont celles choisies par les entreprises. Les élèves présents avec Jules dans cette première session, étaient sous la responsabilité de 2 types d’entreprises : les grands groupes et les entreprises familiales. Les premières cherchent en priorité une personne apte rapidement à tourner sur le terrain dans le cadre de sa certification Amiante. Les seconds sont plutôt des généralistes, et cherchent à former un diagnostiqueur plus polyvalent. Ce n’est pas la même clientèle. Dans les deux cas, la formation répond à ces attentes. Nous, en tant qu’entreprise et tuteur, on explique que le passage des certifications est loin d’être une partie de plaisir, mais que la mise en œuvre sur le terrain prend tout son sens et devient encore plus intéressante.

Axes d’amélioration de la formation BTS Alternance

L’un des domaines les plus difficiles à enseigner est le DPE. Déjà, il y a un énorme écart entre ce que l’élève apprend pour passer la certification et ce à quoi le diagnostiqueur est confronté sur le terrain. Ce n’est pas nouveau. La formation devrait comporter 2 parties, l’une avec les informations nécessaires pour la certification (moteur de calcul, données, législation, etc.), l’autre plus axée sur la méthodologie pratique à acquérir sur site. En général, il serait important de s’assurer que l’étudiant ait l’occasion de pratiquer, sur le terrain, les matières pour lesquelles il va être certifié. Ce point-là relève de la responsabilité de l’employeur.

Enfin, l’école Up’n’PRO devrait davantage communiquer avec les maîtres de stage pour avoir des feedbacks et connaître les points à améliorer. À titre personnel, je suis allé aux RVDI et j’ai rencontré le directeur de l’école. Il voyait un élève et un tuteur pour la première fois puisque la formation se déroule en distanciel. Voilà ce qui pourrait être amélioré dans le cadre de la formation.

Souvenez-vous, « on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » et on n’attrape pas un bon alternant avec une formation rémunérée et un diplôme. La motivation réside dans le sens de ce métier, les deux points précédents ne sont qu’une cerise sur le gâteau. Le sens qui motive nos jeunes réside souvent dans l’engagement climatique.

Partager sur
Partager cet article sur
Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
.
Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

Autres articles

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

More in Le quotidien

Enedis ne paierait-elle pas ses charges de copropriété ?

Previous article

Comment le DPE affectera le marché du logement en 2023

Next article