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Diagnostiqueur : aventurier ou archéologue ?

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Par certains côtés, le diagnostiqueur est un aventurier, mais son tempérament n’est pas si éloigné de celui d’un archéologue. La ressemblance avec Indiana Jones n’est pas forcément évidente à première vue, on vous l’accorde. Et pourtant, petit nouveau ou diagnostiqueurs expérimentés, vous savez déjà que tout diagnostic immobilier est une aventure. Démonstration.

L’aventure du diagnostic immobilier

Qu’est-ce qui caractérise un aventurier ? D’abord, c’est certainement l’inconnu. Il s’aventure dans des univers dont il n’est pas familier, sans savoir ce qui l’attend derrière la porte du logement. Il ignore aussi à qui il aura affaire et si, d’ailleurs, il y aura quelqu’un présent. Bien sûr, les aventures sont aussi synonymes de danger : une pièce couverte de détritus, un plancher délabré, l’attaque d’un chat, un café empoisonné… Rien n’est exclu, car entrer dans l’intimité d’un bien n’est jamais anodin.

Cela implique également de l’imprévisibilité. Qu’y aura-t-il dans les murs, les recoins, le vide sanitaire, le fichier XML DPE du confrère, le Journal officiel de la République française, etc. ? Certaines missions sont familières avec le temps, chacune reste toutefois assez unique. De plus, l’aventurier est un homme de terrain. Il n’a pas fait un bac + 6 « filière aventure » avant de se lancer. Sa curiosité lui permet d’apprendre et de progresser.

En matière de motivation, il y a toutes sortes d’aventuriers. Certains recherchent simplement l’aventure, par goût du risque. D’autres n’ont pas le choix, c’est l’aventure qui les cueille par hasard. Il y en a aussi qui ont un idéal noble, l’envie de participer à la lutte contre le saturnisme par exemple. Et puis, il y a ceux qui recherchent le profit, quitte à recourir à des moyens illégaux. Enfin, l’aventurier tient souvent un journal pour conserver une trace de ses expéditions, un rapport en quelque sorte.

Un tempérament d’archéologue

L’archéologue est patient et persévérant. Il essaie de passer autant de temps que nécessaire sur un site historique pour l’explorer intégralement. Malheureusement, il a aussi des contraintes de temps, car il ne doit pas retarder la vente immobilière le projet d’aménagement. Il lui est parfois difficile de mener à bien sa mission en raison des contraintes économiques associées.

Par ailleurs, tout archéologue sait qu’avant d’intervenir, il faut se documenter sur le type de terrain, consulter les sources d’informations existantes et en collecter. C’est ce qui lui permettra d’élaborer sa stratégie d’intervention, de repérer les anomalies et d’effectuer les éventuels sondages. Il peut aussi recueillir des vestiges pour les faire analyser.

L’archéologue, à l’instar du diagnostiqueur indépendant, doit gérer plusieurs tâches. Il s’occupe du budget, organise l’intervention sur le terrain, ordonne des analyses, etc. Contrairement à l’ODI, il suit une formation longue, mais celle-ci ne suffit pas. Il lui faut s’entraîner sur le terrain. Par ailleurs, on lui recommande généralement de ne pas hésiter à fréquenter ses confrères, même si c’est dans des colloques plutôt qu’au RVDI ou sur des groupes Facebook.

Le diagnostiqueur est aventurier

On ne peut pas s’improviser archéologue alors qu’il est possible de s’improviser aventurier (à ses risques et périls). Personne ne s’improvise diagnostiqueur, car, contrairement à des métiers comme journaliste ou pigiste, il faut une certification, précédée d’une formation et parfois de prérequis. En définitive, le métier de diagnostiqueur est donc unique. Néanmoins, pour l’aimer et s’y consacrer, il faut tout de même être aventurier.

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2 Commentaires

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  1. F
    François-Félix 14 août 2023 - 12h10

    Bel hommage à la profession !

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  2. R
    Raphaël 14 août 2023 - 13h55

    Très pertinente analogie avec l’archéologue.
    Cependant, l' »aventure » peut malheureusement prendre fin lorsque le client (denrée tout de même essentielle au diagnostiqueur car sans lui point de terrain d’investigations) n’est pas présent…
    L’aventure peut alors virer à l’aventureux.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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