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60 millions de consommateurs, les diagnostiqueurs et les logiciels DPE

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Dans son n°581 de juin 2022, 60 millions de consommateurs s’en prend surtout aux diagnostiqueurs pour leurs « erreurs en pagaille » lors du DPE. Quid des logiciels validés par le ministère et des documents non fournis par les propriétaires de logements ?

Résumé des accusations portées sur les diagnostiqueurs

Le mensuel a recruté 4 propriétaires vendeurs de maisons. Chacun d’entre eux a contacté 5 diagnostiqueurs. 20 DPE ont été réalisés. Tous les diagnostics ont ensuite été analysés « par un expert ». D’ailleurs, il n’est pas nommé et on ne sait pas de quoi il est expert exactement.

Mais bref, la note DPE varie, pour une même maison, selon le professionnel. Les erreurs portent notamment sur la surface du logement et la date de construction du bien. Les recommandations de travaux sont aussi critiquées.

Mieux former le diagnostiqueur… ?

Sur un article de 5 pages, la fiabilité des logiciels de calcul n’est remise en question qu’une seule fois. Fanny Guibert, responsable de la publication, précise que les logiciels DPE pourraient « être peaufinés ». Elle insiste beaucoup plus lourdement sur le manque de formation des professionnels.

La nouvelle ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, lui a répondu sur France Inter : « Oui, nous avons à mieux normer, à mieux encadrer, d’abord pour qu’il y ait moins de fraudes ». Après tout, ce n’est pas comme si ce métier était déjà très réglementé…

Réviser le logiciel DPE et sensibiliser la population

On sait pourtant que l’outil a été lancé trop précipitamment. La méthode de calcul a été corrigée en urgence à partir des remontées de terrain. Ce sont donc les professionnels qui ont eux-mêmes donné l’alerte.

Depuis des mois, les opérateurs témoignent également de leur difficulté à obtenir les documents nécessaires auprès des propriétaires et des syndics. En réalité, de nombreux diagnostiqueurs immobiliers se contentent de respecter les règles imposées, en toute déontologie.

Un combat de longue date pour 60 millions de consommateurs

Par le passé, 60 millions de consommateurs s’en est déjà pris aux diagnostiqueurs à de multiples reprises. Exemples :

  • « Trop de diagnostics immobiliers erronés» (n°538, juin 2018)
  • « Diagnostics immobiliers : des experts trop souvent incompétents » (n°442, octobre 2009)

Le mensuel n’a donc pas attendu le nouveau DPE pour s’acharner sur la profession. Malheureusement, l’entrée en vigueur de l’audit énergétique réglementaire risque fort de leur donner encore matière à critiquer la filière.

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4 Commentaires

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  1. Y
    Yann 25 mai 2022 - 16h09

    Article repris ce jour vers 15h à la radio sur RMC dans Estelle midi, leur conclusion, les diagnostiqueurs font mal leur travail, sans compter ce que cela coûte, et qu’il est primordial de bien choisir son diagnostiqueur
    Ils craignent pour les pots de vins permettant d’améliorer les notes aux vues de enjeux qui se veulent plus forts

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 25 mai 2022 - 16h26

      Merci Yann pour ce complément d’information.
      Je n’ai pas entendu l’émission radio mais l’article de 60 millions de consommateurs est repris en masse dans les médias, et c’est loin d’être flatteur pour la profession.
      Plus le DPE prend de l’importance, et plus la crainte d’un DPE de complaisance augmente.
      Nous restons convaincus, à la rédaction, que les fraudeurs et les corrompus – qui existent dans tous les métiers – sont rares. En prime, on aurait pu espérer que l’opposabilité du DPE contribuerait à réduire ce risque et à rassurer la population.

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  2. C
    CLERC Pascal 25 mai 2022 - 16h37

    On peut se poser en effet des questions :
    1/ Pourquoi a ton baissé les pré-requis lors du 1er plan de fiabilisation de 2011 qui a fait entrer dans la profession tout en tas de futurs ODI sans expérience en bâtiment ?
    2/ Pourquoi a t’on limité le nb de jours de formation à 3 pour des DPE classiques quand à minima le double serait nécessaire ?
    3/ Pourquoi écrit t’on dans les textes que OC et OF doivent être indépendants et pourquoi ensuite la DHUP accepte t’elle les filiales OC et OF d’un même groupe ?
    4/ Pourquoi n’interdit on pas purement et simplement des ODI formés par un OF d’un groupe d’aller se certifier dans l’OC du même groupe ?
    5/ Pourquoi n’envoie t’on pas des clients mystères chez les OF et les OC pour voir ce qui se passe de l’intérieur ? Poillades et étonnements assurés !
    6/ Pourquoi demander des rapports aux ODI alors qu’on a les xml à dispo pour chaque DPE via la base de données de l’état ? Et pourquoi par exemple ne pas interdire d’exercer à ceux qui auront par exemple 3 DPE incohérents sur 4 ?

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  3. R
    REGIS REYNAUD 14 juin 2022 - 9h44

    Merci Cecile !! j’attendais avec impatience une remarque de ce type, je pense aussi que la formation n’est plus le problème : raccourci trop facile !! qu’on laisse aux journalistes et malheureusement à la Ministre !!
    Même en ayant anticipé et prévenu les agences cela reste compliqué de trouver les infos devenues indispensables car source d’écart important dans le résultat du DPE
    les syndics n’ont pas le temps de répondre à toutes les demandes des diagnostiqueurs et les gestionnaires de loc ou vendeur ne récupèrent pas les infos auprès des propriétaires que nous diagnostiqueurs ne voyons que très rarement : besoin de formation des agences ???
    Je n’ai pas réussi à savoir quelles infos avaient été données pour l’article…

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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