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Virginie raconte sa formation au métier de diagnostiqueur

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Nous avions quitté Virginie Le Quernec en décembre 2023. Elle s’apprêtait alors à se former au métier de diagnostiqueur. L’ancienne commerciale Arobiz est désormais certifiée dans les domaines amiante, électricité, gaz, DPE individuel, plomb et termites. Comment a-t-elle vécu la formation et les examens ? Quels sont ses projets aujourd’hui ? Virginie nous raconte.

Comment te sentais-tu au début de ta session de formation ?

J’ai vécu ce 17 janvier 2023 un peu comme une rentrée scolaire, avec la même timidité, même si je n’allais pas complètement vers l’inconnu. J’avais déjà eu des contacts avec Yann Vogel et des retours de diagnostiqueurs qui s’étaient formés là. Et puis, j’ai pu arriver la veille et m’installer dans ma chambre d’étudiante. Tous mes potes de session n’avaient pas cette chance. Il y a des problématiques financière et familiales. Elles peuvent obliger à faire des allers-retours quotidiens sur de longs trajets.

D’ailleurs, si j’avais pris cette décision dix ans auparavant, je n’aurais pas pu être dans cette immersion totale. À part ça, on nous a mis dans le bain immédiatement avec une petite réunion de présentation. ODI Formation rassure d’emblée, avec un discours de transparence sur les tenants et aboutissants du métier.

Qu’est-ce qui rendait cette formation difficile pour toi ?

Lors de l’entretien en présentiel, avant la session de formation, Yann m’avait mise en garde. Autant j’avais une valeur ajoutée après 4 ans chez Arobiz, où mon quotidien consistait à échanger avec les diagnostiqueurs. J’avais une connaissance du métier dans les grandes lignes. Autant, j’avais un point faible : les études. D’où l’importance de la méthodologie de travail. C’est plus facile pour les plus jeunes puisqu’ils ont encore cette méthodologie en tête. Elle est essentielle, car la formation est très lourde.

En fait, c’est du gavage de canard. Je devais sortir des certifications, mais je finissais par me demander si je n’allais pas sortir du foie gras. (Rires). Tous les diagnostiqueurs qui l’ont vécu le diront : c’est très intense et c’est très court. J’avais été prévenue, j’étais préparée. Malgré tout, cette intensité était déstabilisante. Il y a une impression de saturation. On se demande comment le cerveau va pouvoir tout retenir. D’ailleurs, le volume de mes supports de cours me donne l’impression d’avoir fait deux ans d’études en fac.

Qu’as apprécié durant la formation ?

D’abord, ils ont beaucoup insisté sur la bonne rédaction des rapports pour pouvoir se protéger. J’ai apprécié, notamment, l’intervention de Damien Jost. Il est venu une journée. Ils ont aussi insisté sur l’importance de faire correctement notre travail, sur la valeur de ce travail et de nos tarifs. Ensuite, nous avons pu avoir quelques ateliers pratiques.

Dans le centre, nous sommes dans des gîtes, de mini-appartements. Cela nous permet de mettre en pratique, tant bien que mal, la théorie apprise. De plus, nous avons d’excellents supports de cours. J’ai également apprécié de pouvoir passer mes certifications en 2 temps. Tu peux te concentrer pendant un mois et demi sur trois domaines, puis te reconcentrer sur les trois suivants. Enfin, il y a le groupe. C’est super important.

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Pourquoi est-ce que le groupe est important ?

D’une certaine manière, c’est ta deuxième famille pendant 3 mois. Je suis tombée dans un groupe très dynamique (ou presque…) où tout le monde s’investissait. Il y avait de très bons échanges de travail. On ne va pas en formation pour se faire des amis (quoique…). Il n’empêche que c’est un vrai soutien, parce que nous avons tous connu des hauts et des bas.

Petit à petit, la fatigue s’installe. Les doutes s’installent aussi, car il y a des domaines que tu digères mieux que d’autres. Dans mon groupe, il y avait plusieurs profils issus du bâtiment. Par exemple, il y en avait un qui était électricien chauffagiste, un autre couvreur… Il y avait des parcours très intéressants qui m’ont beaucoup apporté.

Qu’est-ce que tu as pensé de tes formateurs ?

La qualité d’un centre de formation dépend beaucoup de ses formateurs. Forcément, chacun d’entre nous a plus d’affinités avec tel formateur ou tel autre. Ils n’ont pas la même manière de travailler. J’étais dans un groupe studieux, sans forte tête. Nous avons donc créé très vite une relation avec nos formateurs.

Ils apprennent à nous connaître et à s’adapter au profil de chacun dans leur discours. Et puis, ce sont eux qui nous transmettent leur savoir. Certains ont été diagnostiqueurs et ont arrêté, d’autres le sont toujours. Ils ont des anecdotes, bonnes ou mauvaises, à raconter. Pour le DPE, c’était cool, car nous étions face à un thermicien passionné par son métier qui a su nous faire digérer en douceur ce lourd pavé.

En résumé, qu’est-ce qu’une bonne formation aux diags ?

Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, il faut tomber sur le bon centre de formation, les bons formateurs et le bon groupe. C’est ainsi que je vois les choses. C’est également important d’avoir une vue d’ensemble, en termes d’investissement, de matériel et de process de surveillance, avant de débuter. Après, pour moi, l’idéal serait une formation d’au moins 6 mois avec, en parallèle, du terrain. Il faudrait un système par alternance en mode adulte. C’est le grand manquement, mais ce n’est pas nouveau.

Je crois aussi que la formation initiale ne peut être que présentielle. Je comprends que des gens ne puissent la faire qu’en distanciel, mais je trouve ça risqué. Pendant la formation, j’ai vu des personnes qui l’avaient passée en distanciel avec des lacunes déjà présentes. C’est plus facile d’apprendre en manipulant que derrière un écran.

Comment se déroulent les certifications ?

C’est un moment intense. Nous avions été bien exercés, avec beaucoup de simulations où nous devions réfléchir par nous-mêmes. Sinon, je savais qu’il y avait des contrastes tarifaires entre certificateurs, mais je ne savais pas qu’il y avait des différences au niveau des notations et du passage des examens. Je trouve que ce n’est pas juste. Il faudrait que le jour de l’examen, ce soit pareil pour tout le monde. Tous les diagnostiqueurs devraient avoir les mêmes chances et passer l’épreuve de la même manière.

Es-tu prête à réaliser tes premiers diagnostics ?

Oui, mais au sein d’un cabinet de diagnostics de qualité qui va m’accompagner et qui correspond à mes valeurs. Dans mes recherches de salariée, j’ai privilégié la qualité à la proximité. J’ai accepté de m’éloigner de chez moi dans l’intérêt de mon encadrement terrain, pour pouvoir réaliser ce métier en toute sérénité. Je commence début juin.

Chez Arobiz, j’ai échangé avec des diagnostiqueurs qui avaient plus de 15 ans de métier. Ils avaient entretenu et construit leur notoriété au travers de la qualité du travail et de sa valeur, sans casser les prix. Ils sont toujours là, donc ils ont réussi en gardant cette ligne de conduite. J’adore cette phrase qu’Olivier Jourdan avait prononcée : « on peut tous être acteurs de la notoriété de ce métier ». C’est ce que j’aimerais accomplir. Je voudrais au moins semer une petite graine qui aille dans ce sens-là. J’aimerais y contribuer à ma juste hauteur et en toute objectivité ! Etre formée et m’accomplir dans ce sens.

Un grand Merci à ODI Formation (Laetitia, Yann, Manu, Marc et Reynald) ainsi qu’à mes potes de formation en leur souhaitant la meilleure réussite qu’il se doit.

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5 Commentaires

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  1. D
    Delphine 15 mai 2024 - 12h10

    je valide complémentement ce témoignage … mêmes conditions, mêmes ressentis

    Répondre
  2. C
    Christophe 15 mai 2024 - 13h06

    Encore une fois bravo Virginie <3 quelle magnifique reconversion !

    Oui il est important que la formation ne concerne pas que le terrain et le réglementaire.
    L'environnement du diag oblige a sensibiliser aux bonnes pratiques a mettre en place et ce dés le départ pour subir le moins possible les affres du métier.
    Et ces bonnes pratiques, Virginie tu les connais déjà très bien ^^

    Répondre
  3. V
    Vincent 15 mai 2024 - 14h41

    Très bel article !
    Étant un vieux de la vieille (diagnostiqueur depuis 2008), je ne peux qu’abonder au discours de Virginie
    Son bilan reste très positif malgré les embuches liées à notre métier qui sont parfois mal évaluées et mal appréhendées.
    Contrairement à ce que l’on peut entendre ici et là, ce métier n’est pas destiné à n’importe qui et il demande beaucoup d’implication personnel à tous les niveaux.

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  4. M
    Moyeux 16 mai 2024 - 16h41

    Bonjour a tous les lecteurs !
    L’article est très sympa, je suis passé par la moi aussi et je reconnais que le parcours n’est pas facile. Par contre personne ne parle de la lourdeur du suivit de nos certifications et encore moins de son cout !!! Ce n’est pratiquement qu’a la fin de ma formations que l’on m’a informé de tous cela. Ce qui a fait fuir certains.

    Bon courage a tous ! le métier n’est pas toujours facile mais il en vaut la peine.

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    • Cécile, le moteur de Quotidiag 16 mai 2024 - 20h40

      Bonjour,
      En parlant des tenants et aboutissants, Virginie englobait notamment la lourdeur et le coût du suivi de certification. Elle me l’a dit lors de l’entretien, mais nous avons souhaité garder l’essentiel pour éviter que le texte soit trop long. Il est vrai que beaucoup de diagnostiqueurs sont mal informés à ce sujet ou minimisent ce coût. Nous rédigerons un article à ce sujet pour les futurs diagnostiqueurs.

      Répondre

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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