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Un pseudo directeur d’entreprise contacte des diagnostiqueurs dans le cadre d’un appel d’offres privé. Il leur propose des missions, réparties sur quelques mois, à un tarif correct, dans leur secteur d’intervention. Soyez vigilants avant de signer quoi que ce soit, car il peut s’agir d’une tentative d’escroquerie. Voici les éléments qui doivent vous alerter.
Deux alertes de diagnostiqueurs
Nous écrivons cet article à la demande d’un diagnostiqueur, qui souhaite éviter que ses confrères se fassent avoir. D’abord, le dirigeant d’un cabinet de conseil réputé le contacte au téléphone. Il veut lui confier la réalisation de 110 diagnostics immobiliers à réaliser sur 5 mois, soit une vingtaine de diags par mois, dans son secteur géographique.
Ensuite, il lui envoie divers documents par mail. À première vue, tout est crédible. Toutefois, en relisant le cahier des charges, diverses bizarreries apparaissent, dans la forme et dans le fond. Entre autres, la boîte réclame des « honoraires », sous forme d’un commissionnement (5 % du montant prévisionnel total de missions, soit 2 508 € HT). « Aucune mission ne sera confiée tant que le règlement de ces honoraires n’aura pas été effectué. »
Notre lecteur trouve ça louche et en parle à l’un de ses confrères, basé à proximité. Ce second diagnostiqueur a reçu la même offre et des documents identiques, à deux exceptions près. Primo, il s’agit d’une autre société de conseil. Secundo, il doit payer 2 090 € HT pour travailler, toujours sur la base du commissionnement. En revanche, le numéro de téléphone est identique, alors que les interlocuteurs ont des noms différents.
Usurpation d’identités et entreprises
Il ne servirait à rien de donner les noms des deux entreprises, car après vérification, aucune des deux n’a contacté les diagnostiqueurs. Toutes les entités et personnes citées dans les messages existent. Les documents reproduisent les logos et photos propres à ces sociétés.
Mais alors, comment démêler le vrai du faux ? D’une part, le mail reçu par le premier diagnostiqueur se termine en « @consultant.com ». Un gros cabinet de conseil choisirait plutôt l’adresse de son site Internet, soit le nom de sa boîte. En prime, celui-là apparaît dans plusieurs arnaques. L’Autorité des marchés financiers (AMF) l’a donc mis sur liste noire.
D’autre part, il y a un engagement de confidentialité à signer. On y lit : « une ligne dédiée exclusivement à ce projet a été mise en place afin d’assurer un canal de communication sécurisé et tracé. […] Aucun appel ne sera traité via le standard [de l’entreprise], ni par les lignes professionnelles habituelles du collaborateur… »
Manifestement, cette mention sert à empêcher le diagnostiqueur de contacter directement l’entreprise. Sinon, il s’apercevrait qu’il y a eu usurpation d’identité. Bref, de toute évidence, quelqu’un tente d’escroquer des diagnostiqueurs. Les deux sociétés concernées, prévenues, vont agir. Cela ne mettra pas forcément fin à l’arnaque. Le faussaire pourrait récidiver.
Pourquoi vous pouvez tomber dans le piège ?
Une lecture attentive permet de comprendre que cet appel d’offres n’existe pas. Toutefois, l’escroc se sert de moyens efficaces pour vous piéger. Au-delà de l’utilisation frauduleuse d’un nom connu et bien référencé, d’un logo, etc., il y a plusieurs ingrédients efficaces. D’abord, l’offre est alléchante, surtout pour un diagnostiqueur qui débute.
Ensuite, il y a l’utilisation de la notion d’urgence. Le message vous invite à répondre dans des délais très courts, sous prétexte de démarrer rapidement les missions. Il vous dissuade ainsi de prendre le temps nécessaire pour réfléchir avant de signer le contrat. Enfin, la mise en forme est soignée, sans faute grossière. Tout a l’air réglo si on lit en diagonales.
Le diagnostiqueur qui nous a contactés a aussi fait appel à l’ONEDI. L’Organisation Nationale d’Éthique du Diagnostic Immobilier en a donc parlé sur les réseaux sociaux quelques jours avant nous. Elle a aussi pris la peine de nous faire part de ses découvertes et nous l’en remercions. Nos enquêtes respectives aboutissent aux mêmes conclusions.
Pour l’instant, cette tentative d’escroquerie se déroule dans la région des Hauts-de-France. Cependant, nous n’avons pas encore réussi à identifier qui est derrière. En attendant, nous appelons tous les ODI à la prudence.



Une fois de plus de plus, l’ONEDI fait ce qu’aucune pseudo fédé n’a été capable de faire depuis 20 ans : agir « pour » les diagnostiqueurs et pour leur sauvegarde … VRAIMENT !
Merci Cecile pour ce bel article qui reflète bien cette tentative d’escroquerie dont j’ai failli être victime !!!
Malheureusement, ce genre de pratique existe depuis longtemps… Déjà en 2008 j’avais été personnellement victime d’une de ces arnaques. Je n’avais perdu « que » 1000 € dans l’affaire mais quand même…