revenir à l'Accueil
Toute l'actualitéCoups de cœur

Sortir du doute et des divisions entre diagnostiqueurs

Partager cet article sur
Écouter cet article dès maintenant
en vous abonnant à Quotidiag
1x

0:00 / 4:00

À mesure qu’augmentent les critiques et les contrôles, nous avons l’impression de voir des diagnostiqueurs glisser vers deux écueils. Le premier réside dans une perte d’estime de soi, de confiance dans ses compétences. Le deuxième consiste à douter systématiquement de la probité et du sérieux du confrère ou de la consœur. Dans tous les cas, cette attitude n’apporte rien de positif, sur le plan individuel ou collectif.

Diagnostiqueur immobilier et controverses

Cette profession a toujours fait l’objet de controverses. Les plus anciens se rappellent peut-être qu’en novembre 2007, un reportage télévisé qualifiait les diagnostiqueurs de « nouveaux vautours de l’immobilier ». Au fil des années et pour des raisons principalement économiques, les attaques se sont focalisées sur les DPE. Évidemment, cette situation est pesante pour tout professionnel qui aime son travail et qui essaie de le faire au mieux.

Le DPE devait être le levier fiable de la politique de rénovation énergétique. Alors, face aux critiques, les pouvoirs publics ont réagi. Officiellement, ils ont tour à tour « renforcé », « fiabilisé », « restauré la confiance », etc. Concrètement, ils ont ajouté des contrôles, des formations obligatoires, des sanctions… Au point de créer un dispositif ultra-contraignant et onéreux, aux conséquences mal anticipées, faute d’entendre les principaux concernés.

Quand le diagnostiqueur doute de lui

Des diagnostiqueurs finissent par croire et assimiler ces discours négatifs voire humiliants. Certains ont envie d’arrêter, mais cela revient à balayer des années de formation et d’expérience. Dans le même temps, ils s’imaginent incapables de se développer ou de se spécialiser sur un autre domaine (monter en compétences sur la thermique du bâtiment, l’avant travaux, l’expertise bâtiment… Le choix, pourtant, ne manque pas.)

Alors, pour commencer, veillons à ne pas confondre le doute et l’ignorance. En réalité, un diagnostiqueur expérimenté possède énormément de connaissances. Maîtriser autant de domaines (amiante, DPE, gaz, électricité, termites…) constitue un atout pour changer de voie ou pour redonner du sens à son métier. Notre objectif n’est pas de vous inciter à vous reconvertir professionnellement. Simplement, il y a sûrement des solutions à votre portée.

La suite de l'article est disponible après la publicité.
En savoir plus
Contenus sponsorisés
Contenu sponsorisé

Les autres diagnostiqueurs sont des margoulins

La seconde tendance consiste à en vouloir aux autres diagnostiqueurs. C’est à cause d’eux, ceux qui fraudent, cassent les prix, acceptent des commissions, prêtent ou usurpent leurs certifications, etc., que nous en sommes là. Ce raisonnement est cohérent. Étant conscients de faire votre métier sérieusement, vous reprochez au confrère ou à la consœur de mal faire son job. Pourtant, la réalité nous semble beaucoup plus complexe.

D’abord, nombre de fraudes apparentes s’expliquent par des erreurs humaines ou de l’ignorance, aux causes variables (inattention, formation inadéquate, manque d’accompagnement, donneur d’ordre qui ne respecte pas ses obligations, situation non prévue par la réglementation…). Certains manquent d’éthique et de déontologie, comme dans tous les métiers, mais certainement pas plus qu’ailleurs. Enfin, dénigrer la profession des diagnostiqueurs ne rime à rien quand on en est soi-même un.

Au bout du compte, cette attitude a au moins deux conséquences regrettables. Premièrement, elle contribue à donner une mauvaise image du secteur. Deuxièmement, elle participe à la division au sein d’un métier individualiste. En effet, chacun travaille seul, beaucoup, et souvent dans l’urgence. Il est donc difficile de mener une action collective. Un ordre pourrait, peut-être, organiser collectivement le métier. En l’attendant, et si la solidarité permettait d’améliorer les conditions de chacun et la notoriété de tous ?

Partager cet article sur

8 Commentaires

Commenter
  1. L
    Laurent 22 janvier 2026 - 12h28

    Les débats et critiques autour de notre profession ne sont pas nouveaux. Avec le recul, se plaindre ou se diviser n’apporte rien de positif. La seule réponse durable reste le travail sérieux, la montée en compétences et le respect du cadre réglementaire, aussi contraignant soit-il. Chacun progresse à son rythme, l’essentiel est de rester professionnel et de continuer à faire le job correctement.

    Répondre
  2. S
    Smeralda 22 janvier 2026 - 12h29

    Merci Cécile,
    Pour ce regard éclairé sur notre profession , il est essentiel que nous restions soudés et que nous avancions ensemble.
    L’enjeu n’est pas de nous opposer entre confrères ou de rentrer dans des querelles personnelles : certains cherchent à nous diviser pour mieux affaiblir notre position.
    Restons unis et concentrés sur l’essentiel.

    Répondre
  3. G
    Guzman 22 janvier 2026 - 15h46

    Merci pour cet article , c’est la solidarité qui va nous faire aller dans le positif pas en descendant le voisin car la plus grosse fraude c’est la formation , incohérente avec le métier sans pratique et en un très court laps de temps. Les mentalités commencent à changer entre l’ONEDI et la FNDI les actions vont s’accentuer plus on est mieux c’est . Fini de s’en remettre à FED EXPERT qui eux prône toujours plus de contrôle et se félicite de ses inepties et les revendique.

    Répondre
  4. S
    Samuel 27 janvier 2026 - 17h01

    Ça me fait bien rire de lire des articles comme ça. Ça fait déjà plusieurs années que le métier est tiré vers le bas.
    Il y a tellement d’enseignes et de franchiser comme Dimo, Activ Expertise, Diagamter, etc.. qui se partagent le gâteau et qui font couler les petits indépendants,
    que dans quelques temps on sera considérés comme des livreurs Deliveroo.
    Entre ça et la concurrence qui n’arrête pas de cracher sur le travail des autres, sans oublier les agents immobiliers qui aiment bien rabaisser les diagnostiqueurs,
    le métier n’avancera pas.
    C’est vraiment dommage !
    Entre ce qu’on nous dit en formation et la réalité, ce sont deux mondes complètement différents.

    Répondre
    • Cécile, le moteur de Quotidiag 29 janvier 2026 - 21h43

      Ces tristes constats ne changent absolument rien aux principaux messages de l’article. Est-ce que douter de ses compétences améliorera la situation ? Est-ce qu’en vouloir au confrère ou à la consœur permettra d’en sortir ? A priori, non, ou alors il faut nous expliquer comment.
      Est-ce qu’une action collective, basée sur la solidarité, peut aider ? Peut-être. En tout cas, ça peut se tenter.

      Répondre
  5. L
    Laurent 27 janvier 2026 - 17h17

    Merci Cécile pour cet article. Je pense que parfois j’ai un pied dans l’une puis aussi dans l’autre des deux catégories. J’aurai rajouté une troisième catégorie, celle du doute vis à vis des décideurs, ceux qui de manière unilatérale, écrivent des textes, des articles, des obligations. Ceux qui ne tiennent pas compte de la réalité des diagnostiqueurs au quotidien, ceux qui n’entendent pas les difficultés, les notre dans l’accomplissement de nos tâches (dysfonctionnement, incompréhension, finances, injustice , iniquité
    traitement inégal , discrimination , partialité….) et celle de nos clients, des locataires de nos clients, et des acquéreurs de nos clients, qui subissent les conséquences de ces décisionnaires impatients, parfois incompétents et toujours sourds à nos requêtes et nos propositions……………..

    Répondre
  6. P
    Patrick 27 janvier 2026 - 17h24

    Merci Cécile : Malheureusement, ce constat amer pointe du doigt ce qui gangrène au plus profond notre profession : l’individualisme et l’isolement.
    Ces mots sont aussi des maux et conduisent à parler de concurrents au lieu de parler confrères.
    Il suffit d’y ajouter les visions délétères de pseudo fédés qui ne représentent pas les diagnostiqueurs mais des intérêts contraires à la profession et à celui du grand public et dont les actions ont seulement conduit à des cadeaux aux marchands de sommeil et à la multiplication des contrôles et des coûts qui vont avec.
    Et c’est aussi ce qui a poussé à la création de l’ONEDI : se regrouper, exister, structurer la profession, l’unifier et faire entendre notre voix.

    Répondre
  7. M
    Max 27 janvier 2026 - 18h06

    Et bien voilà une saines paroles, merci pour cette analyse extrêmement pertinente, il faut bien comprendre que notre métier change, nous devons organiser nos entreprises sur cette réglementation avec des contrôles en interne de nos collaborateurs, un regard plus précis sur le suivi de sa certification(que nous payons)
    Un service juridique en interne mais en lien avec nos assureurs mais là aussi, qu’ils arrêtent les procédures judiciaires contre nous ( ils
    Devraient être partis prenantes avec nous

    Bref. Beaucoup de travail et de remise en questions dans un contexte pas simple mais cela reste notre métier

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

.
Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

Guide pour adapter les bâtiments au changement climatique (2026)

Previous article

Expertise transversale du bâti : rencontre avec Philippe Martin

Next article