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Deux personnalités d’AGENDA France partent à la retraite en 2026. Le premier, Serge Brondino, ancien directeur technique chez AGENDA DIAGNOSTICS, est parti le 1er janvier 2026. Le second, Stéphane Prouzeau, président de la franchise, partira cet été. Ils ont accepté de participer à une interview à deux voix pour retracer leur aventure au sein du réseau. Nous avons aussi évoqué l’avenir des diagnostiqueurs, entre évolutions réglementaires et structuration de la filière.
Comment êtes-vous arrivés au sein de ma franchise AGENDA l’un et l’autre ?
STÉPHANE : Je suis arrivé en 2002. Préalablement, je travaillais dans le groupe Century 21 France. Jean-Louis Amédéo et Bernard Tardy ont rencontré le patron de Century 21 pour imaginer une collaboration. À ce moment-là, j’étais à la recherche d’une entreprise à acheter. Michel Trollé (ancien PDG de Century) m’a donc un peu poussé à reprendre la société AGENDA Diagnostics, ce que j’ai fait le 8 février 2002. La franchise et l’immobilier étaient mon terrain de travail, j’ai donc ajouté le bâtiment.
SERGE : Quant à moi, je suis entré chez AGENDA le 7 janvier 2008. Je suis ingénieur en électricité/électronique, j’ai travaillé dans le bâtiment et l’industrie et j’ai même été à mon compte pendant quelques années. J’ai fait toute ma carrière dans la technique. À 48 ans, j’ai décidé de me réorienter, avec pour critère un travail technique qui ne porte tort à personne. Le diagnostic immobilier correspondant à ce critère, avec en plus le fait qu’il est lié au bâtiment, qui est un domaine que j’affectionne particulièrement, j’ai donc cherché à me faire embaucher dans ce domaine. Et là, il y a eu un gros concours de circonstances qui fait que j’ai rencontré Stéphane.
D’une certaine manière, vos parcours respectifs vous rendent complémentaires ?
SERGE : Oui, Stéphane est vraiment dans l’empathie. Cela fait de lui un bon manager et un bon communicant. De mon côté, je suis très (trop ?) carré, factuel, technique. Nous avons beaucoup travaillé ensemble, à faire du remue-méninges. Chacun pouvait exprimer ce qu’il avait sur le cœur, quitte à contredire l’autre, parce qu’il y avait un rapport de confiance.
STÉPHANE : Il ne faut pas être seul quand on dirige un réseau. Sinon, forcément, on peut avoir de mauvaises idées et se tromper. Notre complémentarité, outre ce que vient de dire Serge, tenait aussi à notre capacité, à tous les deux, à faire un pas en arrière en acceptant la critique de l’autre.
Mais nous n’étions pas tout seuls, l’équipe d’AGENDA France en 2010 comprenait aussi Julien DESCLOS, Isabelle FABRE, Philippe GAI… sans oublier Jean-Louis AMEDEO (jusqu’en 2014). Le succès est rarement le résultat d’une action individuelle, le succès d’AGENDA vient non seulement des collaborateurs d’AGENDA France mais aussi du réseau.
On essaye de se remettre en cause très régulièrement. Et si on l’oublie, le réseau nous le rappelle.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la franchise et du métier de diagnostiqueur ? Y a-t-il eu des événements marquants ?
STÉPHANE : Il y a les opportunités d’un côté et les charges de l’autre. Le premier métier d’AGENDA était la réalisation d’états des lieux. Ensuite, Jean-Louis Amédéo a étudié la possibilité de réaliser des Mesurages CARREZ. La réponse étant positive, il a mis en place une formation et a recherché une assurance RC. Jean-Louis AMEDEO a créé le métier de diagnostiqueur immobilier. Ensuite, il a mis un deuxième pilier avec l’amiante, même si trouver une assurance a été plus compliqué. Puis le plomb.
À partir de là, petit à petit, nous avons développé toutes les prestations liées aux diagnostics lors d’une vente. Le reste s’est fait naturellement. À chaque fois, nous avons embauché les personnes adéquates pour soutenir le réseau. Par exemple, pour le DPE, nous avons embauché un thermicien. Nous avons construit le réseau en même temps que la réglementation se construisait. La situation a été différente pour notre diversification…
SERGE : Vous avez parlé d’événements marquants dans votre question. Justement, c’est un événement marquant qui nous a obligé à nous diversifier : la crise des subprimes. Ce moment a été très dur dans le monde du diagnostic, qui était très centré sur la vente et la location. Il y a eu beaucoup de licenciements. De nombreuses boîtes ont fermé.
Alors, nous avons entraîné le réseau vers le domaine de l’avant travaux / démolition, pour ne pas laisser tous nos œufs dans le même panier. Ce n’était pas facile. C’est comme faire changer un paquebot de route : parfois il se prend un iceberg. Nous n’avons pas pris d’iceberg, mais c’était un moment marquant et délicat. L’autre événement marquant pour moi a été l’embauche en 2015 de Clément Verger, mon successeur, qui a été une chance incroyable.
Y a-t-il eu d’autres moments décisifs dans la construction d’AGENDA ?
STÉPHANE : Outre la réglementation, il a fallu développer la communication. Un réseau de franchise doit être uni sur quelques paramètres importants. Il y a le métier de base, qui est technique et juridique. Il ne faut jamais enlever le côté juridique que trop de personnes oublient. Et puis, il y a la marque qu’il faut faire vivre. Ce n’est pas simplement mettre un logo sur un rapport. C’est dire qui nous sommes et quelle image nous voulons véhiculer. Il faut que les personnes qui travaillent dans un réseau de franchise soient fières de leur travail. Sinon, le réseau s’écroule de lui-même. C’est donc un élément important dans notre construction.
SERGE : Dans une structure intégrée, on peut imposer une décision. Dans un réseau de franchise, ça ne peut pas marcher comme ça, chaque structure est indépendante. On ne peut pas vraiment imposer, il faut convaincre. Sans cette force de persuasion, on ne peut pas aller bien loin. C’est vraiment du rapport humain. Le réseau AGENDA est certes un réseau d’entreprises, mais c’est surtout un réseau d’êtres humains, avec leurs qualités et leurs défauts.
Avez-vous des souvenirs et anecdotes à partager ?
STÉPHANE : Parmi mes souvenirs marquants, il y a la rencontre avec la ministre du Logement Emmanuelle Wargon. Quand vous êtes dans votre campagne, à Venelles, petit village du nord d’Aix-en-Provence et que vous êtes invité à une réunion où se trouve Emmanuelle Wargon, vous êtes fier.
J’ai aussi été invité au Conseil économique et social, à côté de la tour Eiffel. Quand vous parlez du haut de la tribune, en haut du perchoir, vous avez le sentiment d’être quelqu’un d’important pendant trois minutes. Et quand je suis redescendu, RTL m’attendait pour m’interviewer. Ensuite, je suis ressorti pour prendre le métro et ça m’a fait relativiser ma petite heure de gloire.
La création de la FIDI est un autre événement important du métier et de notre vie. C’était le premier syndicat un peu organisé.
SERGE : L’aspect humain dans l’écosystème AGENDA est, pour moi, une anecdote en continu. La vie de réseau est très prenante.
STÉPHANE : Oui, par exemple, il y a deux mois, nous étions près de 200 chez Paul Bocuse pour fêter la Convention AGENDA Diagnostics. Nous n’étions pas dans le restaurant gastronomique, mais à l’Abbaye Collonges pour fêter notre départ à Serge et à moi. Pour les conventions, nous sommes également allés à Budapest, Barcelone, Lisbonne, Malte… Nous y avons de formidables souvenirs, mais ils sont difficiles à transmettre à des personnes extérieures au réseau. L’esprit d’un réseau de franchise est vraiment fort. Je pense que le réseau AGENDA France a réussi grâce à tous ses franchisés et chaque franchisé le doit aux autres franchisés. On se pousse les uns les autres à agir pour progresser et se développer.
Avez-vous un exemple concret ?
STÉPHANE : L’un des plus récents est le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT). Nous avons mis en place des structures et des formations. Aujourd’hui, nous avons 50 cabinets qui réalisent cette prestation. Ce n’est pourtant pas simple pour un cabinet de diagnostics.
SERGE : Il y a une masse de connaissances à acquérir, c’est une formation lourde, mais très gratifiante. Cela demande une expertise assez complète au niveau du bâtiment.
STÉPHANE : C’est également formidable, car on rencontre énormément de professionnels différents, bien plus que sur un DDT. Bref, nous avons pu grandir à ce niveau-là et emmener le réseau sur un beau projet.
N’est-ce pas difficile de partir à la retraite après s’être tant investi ?
SERGE : La retraite, c’est génial. Je remercie la société pour ce dispositif. Au fur et à mesure que les mois passent, les chakras s’ouvrent et on se sent un peu plus maître de son temps. Cela dit, en réalité, j’ai travaillé sur des supports de formation pendant ce semestre. Néanmoins, j’aime beaucoup être à la retraite, tout comme j’ai aimé travailler pour le réseau AGENDA.
STÉPHANE : Je ne peux pas vraiment répondre, car je n’y suis pas encore, mais je n’appréhende pas mon départ. J’ai passé 24 ans à présider AGENDA. À un moment donné, il faut accepter le changement. D’autres doivent prendre le relai. Normalement, je vais reprendre une librairie chrétienne après, en espérant pouvoir donner un peu de ce que j’ai beaucoup reçu.
Beaucoup de changements se profilent aussi pour les diagnostiqueurs. Comment imaginez-vous l’avenir de la profession ?
STÉPHANE : J’étais aux Assises du diagnostic immobilier et je tiens à dire qu’en 20 ans, la filière n’a pas bougé tant que ça. J’entends par là qu’autrefois, il y avait déjà un syndicat avec des « gros » et un syndicat avec des « indépendants purs et durs ». Pourtant, nous devons parler d’une seule voix. Lorsque nous le faisons – et je l’ai vécu avec la FIDI – la DHUP et le ministère nous écoutent. Nous sommes tous dans le même secteur et nous avons des choses à nous apporter mutuellement. Par exemple, la sanction suite à un KPI mis en exergue, n’a rien à voir avec l’action du technicien et en plus n’est pas explicable par le certificateur ! Cela me semble être une erreur et la DHUP doit en prendre conscience. L’union de la profession est indispensable.
SERGE : À mon avis, les cabinets de diagnostics doivent étoffer leurs équipes. Au début déjà, gérer seul les 6 domaines de la certification était compliqué. Maintenant, d’autres prestations s’ajoutent. Il y a de plus en plus d’exigences et de nouvelles connaissances à acquérir. Or on ne peut pas être partout à la fois. Je crois qu’il faut aller vers une spécialisation des techniciens pour pouvoir bien faire le travail et aborder de nouveaux marchés.
Êtes-vous globalement optimistes sur tous ces aspects ? On parle parfois d’une baisse d’attractivité du métier.
SERGE : Oui, je suis optimiste.
STÉPHANE : Moi aussi, je suis optimiste. Il y a du travail et nous avons fait une bonne année 2025. Pour l’attractivité, il y a toujours des vagues, des hauts et des bas. AGENDA est le premier réseau de franchises de diagnostiqueurs immobiliers. Aujourd’hui, 99 % des personnes qui quittent le réseau partent pour prendre leur retraite. Nous vivons bien et nous ne sommes pas les seuls. Le métier du diagnostic est en forme, même s’il y a des périodes de creux. AGENDA signifie « des choses à faire » en latin. AGENDA Diagnostics immobiliers veut donc dire qu’il y a des choses à faire dans le diagnostic immobilier. Ce n’est pas moi qui ai choisi ce nom, mais c’est un mot impeccable pour décrire notre activité.



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