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Retour sur les tables rondes des RVDI 2026

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L’édition 2026 des RVDI était dense en événements et en participants, malgré une météo déréglée. Si vous n’avez pas assisté à toutes les tables rondes, parce que vous étiez absent ou occupé à une autre activité (discuter avec les confrères et consœurs, découvrir des services des partenaires, admirer le paon entre deux averses…), voici l’essentiel à en retenir.

Introduction en vidéo : organisations pros

Tout au long de la journée, nous sommes allés à la rencontre des participants (associations, exposants, visiteurs) au salon, pour leur demander leurs attentes et leurs impressions. Nous avons filmé ceux et celles qui l’acceptaient. La vidéo était longue alors nous le diffuserons en plusieurs épisodes, bientôt dans notre vidéothèque.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons avec les professionnels engagés dans une organisation représentant les diagnostiqueurs, puisque les fédérations étaient à l’honneur durant la matinée. Ci-dessous, retrouvez les réponses de Smeralda Marzano, Olivier Ducelier, Samir Zanoun et Guillaume Exbrayat.

Table ronde 1 : Organisations professionnelles

La première table ronde a débuté après l’allocution du ministre du Logement. Elle réunissait les fondateurs ou co-fondateurs de l’Alliance du diagnostic immobilier, de Fed Experts, de la FNDI, de l’ONEDI et de SIDIANE ainsi que le député Daniel Labaronne.

Ce dernier s’est exprimé le premier. Il est revenu sur sa proposition de créer une « structure administrative qui se substituerait à l’ordre […] une fédération nationale ». Cependant, « nous, les pouvoirs publics, le ministre, le Parlement que je représente, on est là comme facilitateur pour votre action collective ». La décision revient aux diagnostiqueurs, mais à une condition. Les problèmes identifiés doivent être résolus rapidement.

Par conséquent, il organisera, avec le cabinet du ministre, les Assises du 21 mai 2026. Il y aura un ordre du jour et des pistes de réflexion. Entre le printemps et l’automne 2026, des réunions plus thématiques seront organisées. Le principe est de construire quelque chose collectivement en 2026, applicable en 2027. Quant à l’ordre, peut-être est-ce l’objectif à « se fixer à moyen terme, 4, 5 ou 10 ans ».

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Réaction des fédérations

Pour Olivier Ducelier (FNDI), toutes les organisations sont conscientes de la nécessité d’une représentation. « Tant qu’on est divisés, on va nous taper dessus, tous les diagnostiqueurs vont souffrir. […] Nous sommes les invisibles de l’immobilier. »

Lionel Janot (co-président de l’Alliance) a insisté sur l’hétérogénéité de la profession. « Ce qui fait notre force et notre faiblesse, ce sont nos façons d’exister différentes en termes de modèles économiques ». D’où la difficulté à trouver les consensus indispensables.

Selon Denis Mora (SIDIANE), malgré la division de la filière, les organisations se sont entendues lors de leur réunion du 10 mars 2026. « Nous avons partagé quasiment 90 % de constats communs ». Fares Mouheb (Fed Experts) a aussi souligné les progrès réalisés, ces dernières années, dans le dialogue avec l’administration.

Enfin, Patrick Gombaud (ONEDI) a notamment contredit Denis Mora. « Je dirais plutôt qu’il y avait 90 % de désaccords ». D’après lui, les réels problèmes n’ont pas été abordés : sinistralité, information du grand public, traitement des plaintes … Il réclame des élections et affirme : « ce dont nous avons besoin, ce n’est pas simplement d’une structure, mais d’une juridiction. »

Daniel Labaronne a alors clarifié ce point. La fédération des diagnostiqueurs serait « une association nationale agréée à vocation de service public sans but lucratif, reconnue d’utilité publique avec des délégations ministérielles afin d’exercer des prérogatives de puissance publique telles que le pouvoir réglementaire et le pouvoir disciplinaire ».

Table ronde 2 : logiciel métier, l’angle mort

Carole Jacqueline (Liciel), Géraldine Dehais (Analysimmo), Yann Vogel (AOFDI) et Me Damien Jost (Gerfaud Avocats) participaient à la 2e table ronde. Elle portait sur le lien entre logiciels métier et pratiques professionnelles.

Pour maître Jost, les litiges sont souvent la conséquence d’un angle mort qui est le devoir de conseil. L’avocat a d’ailleurs évoqué notre article, auquel il avait contribué, sur la limite au devoir de conseil. Dans le cadre d’une transaction, le rapport est payé par le donneur d’ordre. Il s’adresse à un inconnu, l’acquéreur. Enfin, le juge l’examine en situation de litige. Trop souvent, il manque de clarté. Cependant, accuser le logiciel serait trop facile.

Yann Vogel confirme l’illisibilité du document pour un non-sachant. « Si vous respectez la réglementation, les grilles de contrôle, etc. êtes-vous protégé ? La réponse est non. » La capacité à vulgariser le contenu du rapport dépend de la formation, mais aussi de la trame du logiciel. Le diagnostiqueur doit se réapproprier son écriture, hors automatisation. « Surtout, ne devenez pas des cocheurs de cases ».

Carole Jacqueline a insisté sur l’importance de la culture autour de la prévention des risques et de la responsabilité des données entrées dans le logiciel. « En tant qu’outil de saisie, nos utilisateurs attendent de l’efficacité, de la productivité, de l’intuitivité, des automatismes et, oui, de l’intelligence artificielle. Pour autant, il y a un travail d’équilibriste à faire pour ne pas venir rogner sur la responsabilité de l’utilisateur ».

Géraldine Dehais a abondé dans ce sens. De plus, « en centre de formation, on vous apprend votre métier, on ne vous apprend pas à utiliser un outil ». Il faudrait une vraie session de formation aux logiciels. Globalement, les intervenants se sont accordés sur la nécessité de mener un travail collectif pour réduire cet angle mort.

Table ronde 3 : plan DPE au regard des enjeux

Henry Buzy-Cazaux (auteur du rapport sur les formations), Olivier Marfaing (DHUP), Céline Jacquemard (AOCP) et Sam Zanoun (diagnostiqueur, administrateur de l’Alliance du diagnostic immobilier) étaient autour de la 3e table ronde sur le « Plan DPE ».

L’adjoint au sous-directeur de la DHUP a retracé la genèse de ce plan, de la révision de la méthode de calcul en 2021 à l’affichage plus tardif des étiquettes, en passant par les KPI (indicateurs de qualité). Il a terminé avec la mesure, à l’étude, de la preuve de visite.

La présidente de l’AOCP a mis l’accent sur les contraintes liées aux derniers arrêtés. Le dispositif est contraignant et coûteux pour les diagnostiqueurs. Il donne beaucoup de travail aux organismes certificateurs, qui passent « un petit peu pour les méchants ».

Sam Zanoun a confirmé ces difficultés financières et les conséquences des augmentations des contrôles. À l’Alliance, « on pense que la DHUP est un partenaire, mais un partenaire dans la concertation doit aussi entendre et écouter nos remontées d’informations. » Or, malgré les réunions, les professionnels ne se sentent pas entendus.

M. Marfaing a fourni des précisions sur les KPI. Les demandes de justification concernent le nombre de DPE par an. Sinon, il y a un contrôle, documentaire ou sur ouvrage (CSO). Les OC avaient mal interprété la réglementation. Maintenant la situation est claire. Une alerte KPI débouche sur un contrôle. Cette information a suscité la colère de plusieurs organisations professionnelles, qui ont communiqué à ce sujet ces derniers jours.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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