en vous abonnant à Quotidiag
Nous avons lu le rapport d’Henry Buzy-Cazaux, remis à Vincent Jeanbrun et à Valérie Létard avant-hier. Il s’intitule : « Pour des formations initiales supérieures au métier de diagnostiqueur immobilier et une amélioration des formations courtes ». En effet, il propose la création de nouveaux parcours de formation, mais aussi des axes d’amélioration du dispositif existant. Il ne se cantonne pas non plus au DPE. Selon lui, « la profession de diagnostiqueur immobilier vit sans aucun doute un tournant dans son histoire ».
Avantages d’une formation longue de diagnostiqueur
Le président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers, membre du Conseil national de l’habitat, liste d’abord les atouts d’une formation longue :
- aptitude pluridisciplinaire : intervention dans les 6 domaines de certification, avec et sans mention, possibilité de spécialisation,
- conscience des enjeux, capacité à sensibiliser les clients ou les donneurs d’ordre,
- capacité à prendre des responsabilités managériales,
- attachement à l’éthique et à la déontologie,
- voies de spécialisation (chantiers navals, monuments historiques classés…).
D’ailleurs, Henry Buzy-Cazaux propose d’édicter un code d’éthique et de déontologie ayant une valeur réglementaire.
Les cycles de formation initiale supérieure
L’offre de formation supérieure complète, du bac+2 au bac+5 « s’adressera prioritairement aux jeunes cherchant une carrière, mais elle ne devra pas être fermée aux professionnels en exercice, n’ayant pas eu une l’opportunité de suivre un cycle long et ayant pour autant acquis une expérience remarquable ». La démarche de VAE le permettra. Il propose :
- Un BTS « Diagnostiqueur immobilier », de niveau bac+2 ;
- Une licence professionnelle ou un bachelor (bac+3) « chargé de projet en diagnostic immobilier », dispensé en une année.
- Un master ou mastère « Chef de projet en diagnostic immobilier » ou encore « manager opérationnel d’une unité de diagnostics immobiliers et environnementaux ».
M. Buzy-Cazaux détaille les grandes lignes du contenu de chaque formation. En tout cas, il faudra former les diagnostiqueurs en présentiel, même si certains enseignements peuvent se faire en distanciel. « Il semble qu’un bon équilibre entre les deux modalités soit trouvé avec une moitié de présentiel et une moitié de distanciel ». L’important est de faire une place à « l’expérentiel ». La pédagogie de l’alternance le permet. Le financement pourrait notamment se faire avec un OPCO dédié.
Fiabiliser les formations courtes
Le rapport souligne également les faiblesses du dispositif de formation actuel, basé sur l’enseignement des organismes de formation certifiés :
- formations denses dans un délai trop rapide,
- disparité d’organisation des enseignements avec trop de distanciel pur,
- absence de supports fournie aux apprenants pour certains OF,
- taux de réussite hétéroclites, enseignement à la qualité variable probable,
- « consanguinité cachée entre organismes de formation et organismes de certification »…
L’auteur propose donc plusieurs actions pour réduire ces problèmes. Parmi elles, il y a l’obligation d’enseignement présentiel pour d’autres domaines que le DPE, le rallongement de la durée réglementaire de formation ou encore la fixation de prix planchers pour les formations.
Réduire les tensions entre diagnostiqueurs et OC
Henry Buzy-Cazaux a aussi constaté l’augmentation des frictions entre diagnostiqueurs et organismes de certification. Elles sont liées à la multiplication des contrôles, à des erreurs reconnues a posteriori, à « une réglementation laissant place à des interprétations de la part des examinateurs », etc.
En outre, « Aucune anomalie réelle ne motive » nombre d’alertes liées aux KPI de l’ADEME. Au bout du compte, « les organismes certificateurs eux-mêmes doivent faire l’objet d’actions correctives ». Il en propose plusieurs, entre autres :
- édicter des règles d’indépendance claires et exigeantes entre OF et OC,
- encadrer les prix pratiqués par les OC et les conditions contractuelles,
- encadrer les pénalités de transfert de certification,
- obliger les OC à procéder à des contrôles sur ouvrage réels,
- réglementer les tarifs pratiqués en cas d’échec à un CSO conditionnant le maintien ou le retrait de la certification…
Par ailleurs, le COFRAC n’échappe pas non plus aux critiques. Il n’aurait pas assez de moyens compte tenu du nombre d’OC à accréditer et à contrôler. Au fait, il suggère de doubler la certification d’un organisme de formation d’un agrément. En effet, les OC n’ont pas été accrédités COFRAC pour évaluer la compétence pédagogique d’un établissement.
Risque de fermer la profession de diagnostiqueur
Enfin, Henry Buzy-Cazaux alerte sur la difficulté d’accès à l’activité de diagnostiqueur immobilier, par rapport aux autres États membres de l’Union européenne. « Il ne saurait être question, au motif légitime de rehausser la qualité des formations et la rigueur des certifications, de fermer la profession […] Un équilibre doit être trouvé entre exigence acceptable et obligations excessives ».
En conclusion, il souligne que les avancées préconisées dans son rapport peuvent être mises en œuvre dans des délais brefs, 18 à 24 mois. Il suffit que la profession et les pouvoirs publics en fassent une priorité. Selon lui, cette montée en compétence collective de la profession pourrait éteindre « la suspicion trop souvent exprimée envers elle par l’opinion et les pouvoirs publics ».
Mise à jour du 31/01/2026 : nous avons obtenu l’autorisation de diffuser ce rapport en exclusivité : Pour des formations initiales supérieures au métier de diagnostiqueur et une amélioration des formations courtes. Vous pourrez aussi le retrouver dans notre docuthèque.



Quand je lis certaines lignes … les bras m’en tombent
« disparité d’organisation des enseignements avec trop de distanciel pur » L’état à pris la main sur le moteur mais pas sur le contenu … en même temps quand on voit le résultat avec le moteur, on se demande où est la solution ??
« absence de supports fournie aux apprenants pour certains OF » incroyable ! On sait quel(s) OF ???
« consanguinité cachée entre organismes de formation et organismes de certification » Alors que les textes l’interdisent mais que la DHUP à été lâche en l’autorisant dès la 1ere demande ??? et quasi tous les OF ont suivi ;(
multiplication des contrôles, à des erreurs reconnues a posteriori » C’est une bonne chose que de le reconnaitre mais cela reste malheureux que les procédures internes de certains OC les aient quand même permises !
« une réglementation laissant place à des interprétations de la part des examinateurs » Normalement cela ne devrait pas être le cas et objectivement, selon les procédures des deux OC pour lesquels j’interviens je ne vois pas comment cela reste possible du moment que l’examinateur applique les règles qui lui sont édictées
« Par ailleurs, le COFRAC n’échappe pas non plus aux critiques. » Enfin ! « Il n’aurait pas assez de moyens compte tenu du nombre d’OC à accréditer et à contrôler » tu m’étonnes ! 13 OC ça fait un par mois environ si on les contrôle tous les ans … c’est beaucoup 😅
« Au fait, il suggère de doubler la certification d’un organisme de formation d’un agrément » et pourquoi pas en plus d’un certificat d’aptitude !? Plutôt que de revoir la pertinence du dispositif en place on en rajouterait un !? Bienvenue au club les OF 😉
« Henry Buzy-Cazaux alerte sur la difficulté d’accès à l’activité de diagnostiqueur immobilier » Ah bon ! Entre le coût et la faible durée des formation, la quasi absence de pré-requis dans la réalité je ne vois pas comment ça pourrait être plus facile (hormis à passer par des formations universitaires mais qui vont restreindre énormément l’accès aux adultes en reconversion pour qui ce ne sera pas évident de partir 1, 2, 3, 4 ans ou plus en formation peut être loin de chez eux
En tous cas toutes ces réflexions je l’espère, devraient faire avancer et redorer la profession … si elles sont suivies d’effet
Nous avons obtenu l’autorisation de publier en exclusivité ce rapport, ce que nous allons faire ce matin. Cela permettra à nos chers lecteurs et lectrices de bien comprendre les arguments de M. Buzy-Cazaux. Par exemple, concernant l’agrément des OF, il ne pense pas à un nouveau dispositif inédit, mais à Qualiopi. En ce qui concerne l’accès à l’activité de diagnostiqueur immobilier, la France a été mise en demeure par la Commission européenne d’assouplir ses exigences afin de permettre la libre circulation des services, c’est à cela qu’il fait allusion. D’ailleurs, nous creuserons ce sujet, dans un article dédié, la semaine prochaine.
Pas un mot sur les problèmes de qualité engendrés par le conflit d’intérêt des relations entre diagnostiqueurs et agents immo, qui pourtant est la source du manque de déontologie et des mauvaises pratiques avant la formation.
Sinon il y a des pistes intéressantes comme l’encadrement des conditions tarifaires des OC, qui ont bien profité de la situation réglementaire actuelle
qui est passée d’un laxisme étonnant à une rigueur exacerbée.
Mais quand écouteront-ils enfin de vrais diagnostiqueurs expérimentés et non des simili représentants n’étant que grand patron de franchises ou de PME ??? nous avons pleins de solutions !!!
En espérant que les propositions de fonctions/diplômes ne soient appliquées que pour de nouveaux entrants et non des bac+2 ayant 20 ans d’expérience en diag et sans écarts lors des contrôles , les niveaux scolaires actuels étant loins de ceux d’hier …
Quand on regarde la liste des personnes auditionnées, à la page 20 du rapport, il y a tout de même quelques diagnostiqueurs certifiés, indépendants ou salariés, et parfois expérimentés.