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Quel lien entre qualité de l’air et cancer du sein ?

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En ce mois d’octobre, la population est sensibilisée au cancer du sein (octobre rose) et à la qualité de l’air (journée nationale du 14 octobre). Un lien a précisément été établi entre l’exposition à des polluants environnementaux et le risque de cancer du sein. Une étude de grande ampleur vient de confirmer les observations antérieures du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais quels sont les polluants atmosphériques les plus dangereux ? La qualité de l’air intérieur (QAI) favorise-t-elle aussi ces cancers ?

Étude XENAIR au département Prévention Cancer Environnement

L’étude concerne l’association entre le risque de cancer du sein et l’exposition chronique, à faible dose, à certains polluants atmosphériques. Les résultats du projet XENAIR, financé par la fondation pour la recherche sur le cancer (ARC) ont faire l’objet d’un webinaire et d’un communiqué de presse du département Prévention Cancer Environnement du Centre Léon Bérard.

C’est une étude intéressante en raison de son ampleur. Elle inclut les femmes de la cohorte nationale E3N suivies depuis 1990. Cette cohorte nationale est coordonnée par l’Équipe INSERM « Exposome et Hérédité ». L’étude cas-témoins comporte 5 222 cas de cancer du sein, diagnostiqués de 1990 à 2011, et 5 222 témoins indemnes de cancers. Des expositions moyennes et cumulées ont été estimées pour chaque polluant et chaque femme.

On y découvre notamment le rôle important de l’exposition au dioxyde d’azote (NO2). Or l’État vient d’être condamné par le Conseil d’État à une amende de 20 millions d’euros. En cause, des dépassements des valeurs limites en dioxyde d’azote dans plusieurs agglomérations. Auparavant, la Cour de justice de l’Union européenne avait déjà condamné la France pour ce dépassement jugé « systématique et persistant ».

Polluants environnementaux associés aux cancers du sein

D’après cette nouvelle étude, l’augmentation du risque de cancer du sein s’avère évidente pour ces polluants :

  • Polychlorobiphényles (PCB153) : +19% au-dessus de 55 pg/m3
  • Benzo[a]pyrène (BaP) : +15% si augmentation de 1,42 ng/m3
  • Dioxyde d’azote (NO2) : +9% si augmentation de 17,8 µg/m3

L’augmentation du risque de cancer du sein est alors statistiquement significative. En ce qui concerne les particules fines et très fines, elle est à la limite de la significativité statistique d’environ :

  • 13% : particule (PM2.5) si augmentation de 10 µg/m3 d’exposition
  • 8% : particule (PM10) si augmentation de 10 µg/m3 d’exposition

En revanche, l’exposition au cadmium et aux dioxines n’est pas associée à un risque accru de développer un cancer du sein. L’exposition à l’ozone fait encore l’objet d’analyses. Par ailleurs, pour les femmes exposées au BaP et au PCB153 (deux perturbateurs endocriniens) pendant la transition ménopausique, le risque est encore plus élevé.

Les auteurs de l’étude soulignent qu’une amélioration de la qualité de l’air pourrait nettement contribuer à la prévention du cancer du sein. Si les niveaux d’exposition aux polluants atmosphériques étaient conformes aux recommandations de l’OMS, 9% de cancers du sein auraient pu être évités dans la population XENAIR.

Cancers du sein et qualité de l’air intérieur

D’autres études avaient déjà souligné le lien entre cancers du sein et pollution atmosphériques. Mais qu’en est-il, en revanche, de la qualité de l’air intérieur (QAI) ? Entre Covid, confinements, et renforcement des obligations des établissements recevant du public (ERP) en 2023, ce sujet est tout aussi d’actualité.

Actuellement, la mauvaise qualité de l’air intérieur est associée à d’autres cancers et pathologies : cancer du poumon, cancer du rein, leucémies… De nombreuses substances, présentes dans les logements et les locaux professionnels, sont aussi des perturbateurs endocriniens. Toutefois, l’association entre mauvaise QAI et cancer du sein a été peu étudiée. De plus, il n’y a pas de diagnostic QAI obligatoire dans les logements.

Cependant, d’autres études ont mis en évidence un lien entre l’exposition professionnelle à des substances cancérigènes et à des perturbateurs endocriniens, et un risque élevé de cancer du sein. Les personnes qui travaillent dans l’agriculture, le travail de nuit (bars, casinos…) ou la production de plastique seraient directement concernées.

Exposome et troubles de la santé

L’exposome, c’est-à-dire l’effet des expositions environnementales tout au long de la vie sur la santé de l’individu, est un domaine d’étude récent et complexe. La notion date, en France, du PNSE 3 (Plan National Santé-Environnement) de 2015. Au niveau mondial, il a fallu attendre 2010.

Il y a eu 58 000 nouveaux cas de cancers du sein en 2020 en France. Même s’il existe des facteurs génétiques et hormonaux identifiés, ces derniers ne suffisent pas à expliquer l’ensemble des cas. Au fur et à mesure des études scientifiques, le rôle des perturbateurs endocriniens et des polluants environnementaux se confirme.

Les prochaines années devraient donc être riches d’enseignements. D’ores et déjà, nous savons que l’amélioration de la qualité de l’air constitue un levier d’action pour la prévention du cancer du sein. Au delà d’octobre rose, la pollution de l’air provoque au moins 40 000 décès prématurés par an et de nombreuses pathologies.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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