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Après plus de deux semaines de canicule consécutives à un précédent épisode caniculaire, et il n’y a pas si longtemps, tout le monde crie au loup. Il suffit de regarder les différents médias et les témoignages de gens éberlués pour comprendre pourquoi.
Des logements affichant un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) classé A, aussi bien sur l’étiquette énergie que sur l’étiquette gaz à effet de serre, arrivent à atteindre 33, 35, voire 40°C à l’intérieur. De quoi, légitimement, interroger.
Qui est responsable ?
Faut-il pointer du doigt les politiques gouvernementales qui ont érigé le DPE en outil de référence absolu pour la rénovation énergétique du parc bâti existant ? Ou faut-il regarder ailleurs : du côté d’une société qui n’accepte plus, collectivement, d’avoir chaud ?
Je suis volontairement provocateur. Mais quand on lit les rapports du GIEC et qu’on entend les alertes répétées des climatologues, on ne peut que constater à quel point ces cris d’alarme se perdent dans le tumulte de notre société de consommation.
Pourquoi je dis cela ? Parce que nous le savons : nous vivons un réchauffement climatique.
« Subir » est un grand mot, car nous en sommes aussi responsables, qu’on le veuille ou non. Nous disposons aujourd’hui d’analyses, de statistiques et d’éléments observables suffisants — les canicules à répétition en sont la démonstration la plus concrète — pour constater un réchauffement global indiscutable.
Et le DPE dans tout ça ?
Ce n’est pas ce constat climatique qui résoudra le problème. La responsabilité relève d’une volonté politique globale, celle des gouvernants, et non des simples diagnostiqueurs que nous sommes. Nous appliquons un outil — certes imparfait, mais c’est le seul dont nous disposons aujourd’hui — sans possibilité réelle de le faire évoluer.
Or cet outil, aussi perfectible soit-il, le dit lui-même noir sur blanc : l’indicateur de confort d’été, lorsqu’il est calculé, peut afficher la mention « insuffisant », y compris sur des logements classés A en performance énergétique. C’est bien la preuve que performance énergétique avec le confort d’hiver et le confort d’été sont deux réalités distinctes, que le grand public — et parfois les pouvoirs publics eux-mêmes — confond trop facilement.
Le DPE n’a jamais eu vocation à garantir un confort thermique en toute saison. Il mesure des consommations conventionnelles, sur la base de scénarios normalisés, pas le ressenti réel d’un occupant un jour de canicule à 42°C à l’ombre. Lui reprocher de ne pas avoir anticipé l’intensité et la fréquence des épisodes caniculaires actuels, c’est se tromper de cible — et surtout, c’est se dispenser de la vraie question : celle de l’adaptation du bâti et des politiques publiques au climat qui vient, et non à celui d’il y a vingt ans.
Faut-il climatiser ?
C’est une bonne question. La tendance technique actuelle est à l’installation de pompes à chaleur réversibles, principalement à détente directe. Mais si l’on installe les unités extérieures en façade, on participe à la création d’îlots de chaleur, un phénomène particulièrement sensible en milieu urbain et dans les rues. En réalité, tout le monde n’est pas confronté à la même problématique de la même manière.
Et tant que nous ne penserons pas réellement à adapter le bâti à ce réchauffement climatique — par des solutions de sobriété, de sur-ventilation nocturne notamment — la climatisation restera une réponse par défaut plutôt qu’une vraie solution.
Que peut-on faire, alors ?
Il est vrai que lorsqu’on est en pleine canicule, même les bonnes solutions passives ne suffisent pas — mais face à la physique (déphasage thermique, inertie, constante de temps des parois ) — on ne peut pas faire grand-chose.
Nous subissons, à moins de vivre dans une grotte ou d’adopter un mode de vie troglodyte. En tant qu’humains, nous devons nous adapter : dès la conception pour le bâti récent et par des solutions de sobriété dans le bâti existant, cette fuite en avant technologique vers toujours plus de climatisation ne sera pas notre salut !
Le DPE n’y est pour rien.



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