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C’est l’automne, la saison des champignons, des citrouilles et, cette année, des QR codes du DPE. Personne n’a encore débusqué le QR code « certification » lié à l’annuaire des diagnostiqueurs. Il attendra peut-être l’Avent pour apparaître. En revanche, le QR code apposé sur le rapport du DPE a été plus précoce. Sa présence réjouit des spécialistes de l’immobilier. Elle signerait la fin des faux diagnostics et incarnerait un tournant décisif contre les fraudes. Ces personnes ont-elles jamais ouvert un rapport de DPE ?
QR code sur rapport DPE, l’innovation ?
Le 1er septembre, après avoir lu la tribune : DPE : le QR code qui signe la fin des illusions, sur Environnement Magazine, nous n’avons pas réagi. L’enthousiasme de l’auteur était tellement touchant qu’il aurait été cruel de l’altérer. « Ce QR code est une innovation en apparence anodine, mais il change tout. […] Les DPE “fantômes” disparaissent. […] c’est sans doute l’une des armes les plus efficaces que nous ayons eue jusqu’ici », etc.
Puis d’autres médias ont repris ce beau discours et c’en est devenu agaçant. Car en réalité, depuis plus de 3 ans, le QR code est présent dans les rapports du DPE. Des éditeurs de logiciels n’avaient pas attendu qu’il devienne obligatoire pour avoir l’idée de l’insérer. En revanche, avant le QR code était gros et en dernière page. Maintenant, il est plus petit et en première page. Voilà l’unique innovation… ou l’effet d’annonce.
QR code, solution ultime ?
Pourtant, alors que des DPE datés de 2022 comportaient déjà un QR code et un numéro ADEME sur lequel il suffisait de cliquer, des DPE falsifié ont continué à être produits. Pourquoi ? Nous hésitons entre plusieurs hypothèses et aucune d’entre elles n’est séduisante :
- Indifférence : personne ne lit un rapport de DPE jusqu’à la dernière page.
- Méconnaissance des risques : c’est juste un bout de papier…
- Fracture numérique, tendance anti-smartphone… : QR code ou url inutilisable.
- Fraude : le donneur d’ordre a fait pression pour modifier la classe énergétique et il sait déjà que le DPE est faux.
C’est bien d’informer le propriétaire et le professionnel de l’immobilier de la présence du QR code. Au moins, la personne honnête et consciente des enjeux prendra peut-être le réflexe de vérifier l’authenticité de son DPE. Cependant, n’allons pas prétendre qu’il s’agit d’une révolution. Depuis des années, n’importe qui peut contrôler cet enregistrement à l’ADEME.
Les individus qui souhaitent juste avoir leur papier pour valider la transaction et les margoulins prêts à frauder pourront continuer à agir ainsi. En effet, l’efficacité du QR code dépend du degré d’implication des clients et des prescripteurs du diagnostiqueur.
Quid du QR code sur le certificat ?
Un second QR code est attendu « à l’automne 2025 », selon la ministre démissionnaire du Logement. Il permettra de vérifier la certification du diagnostiqueur. Celui-là, au moins, n’existe pas encore. Pour autant, nous pourrions tenir un discours similaire. Consulter l’annuaire officiel des diagnostiqueurs est à la portée de tous, même sans un carré de pixels.
Bref, il était déjà possible de contrôler la certification DPE. Alors, certes, il paraît que la mise à jour de cet annuaire n’est pas toujours faite dans les règles de l’art. Certains opérateurs apparaîtraient comme certifiés alors qu’ils ne réalisent plus de DPE. Est-ce que le QR code résoudra ce problème ? Tout dépendra de la refonte de l’annuaire.
Enfin, l’une des arnaques les plus fréquentes actuellement s’appelle le « quishing ». Elle consiste à faire de l’hameçonnage avec des faux QR code. Si la pratique semble difficilement applicable au DPE, elle montre qu’il est facile de falsifier cet outil. Certaines sociétés pourraient aisément s’en servir pour usurper l’identité d’un opérateur certifié.
Espérons qu’il y aura des garde-fous pour créer un dispositif impossible à contourner. En effet, la lutte contre les fraudes aux DPE mérite mieux que de la poudre aux yeux.



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