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Pas de routine, pas de répit, et surtout pas de mode d’emploi universel : le quotidien des diagnostiqueurs immobiliers ressemble moins à un long fleuve tranquille qu’à une succession d’imprévus et de rendez-vous bousculés. Entre clients pressés, logements capricieux et réglementations mouvantes, il faut savoir s’adapter en permanence, sous peine de se faire déborder. Une chose est sûre : on ne s’ennuie jamais. Rencontre avec Sylvain Candela, franchisé MON DIAGNOSTIQUEUR à Lunel dans l’Hérault.
On entend souvent dire qu’il n’existe pas de journée type pour un diagnostiqueur : mythe ou réalité ?
Réalité ! Même si on essaie de planifier nos missions le plus possible, nous ne sommes jamais à l’abri d’imprévus ou de situations cocasses. Les missions, les gestes techniques, les contrôles sont toujours les mêmes mais jamais réalisés sur les mêmes biens.
Quels sont les aléas les plus fréquents auxquels vous êtes confronté sur le terrain ?
Les aléas les plus fréquents, hormis les lapins posés par les clients, sont les différences entre ce que les propriétaires nous disent et ce que nous découvrons le jour J sur place. Bien souvent, je suis arrivé dans à un rdv avec pour mission l’expertise complète d’une maison. Et le propriétaire n’avait pas cru opportun de me dire qu’il y avait aussi deux ou trois dépendances sur le terrain (remises, hangars, box…).
La durée de la mission initialement estimée à 2 h s’est transformée en 3 h, toute l’organisation de la journée est décalée.
Il y a aussi les missions où l’on découvre sur place uniquement que le propriétaire n’a pas fait mention de l’installation gaz GPL excentrée sur laquelle il faut faire un contrôle et qui n’était pas prévu dans le devis.
C’est quoi la galère classique d’une journée qui démarre pourtant « normalement » ?
La galère la plus récurrente est quand même l’accès au bien. Dans l’idéal, nous avons rdv avec un propriétaire sur son lieu de vie, il nous accueille, nous donne accès à tout et la mission se déroule sans accroc. Mais bien souvent, nous avons rdv avec des professionnels de l’immobilier sur place et qui ont les clés (ou pas).
Je me souviens d’un jour où devant moi, l’agent immobilier casse la clé dans la serrure de la porte de l’appartement. Autant dire que la mission était compromise. Nous faisons aussi souvent le tour des agences pour récupérer des clés. Et, régulièrement, on récupère des trousseaux entiers sans repérage. On peut passer plusieurs minutes à essayer toutes clés une fois sur place.
Sans compter aussi sur les propriétaires qui ont découvert les boites à clés codées. Et qui envoient les indications pour récupérer les clés façon jeu de piste ou course d’orientation. J’ai parfois l’impression de partir en mission en mode Indiana Jones avec comme seules indications des repères visuels à proximité du bien.
La pire (ou la plus mémorable) surprise que vous ayez eue sur le terrain ?
La pire surprise rencontrée sur le terrain est sans nul doute une maison que je devais expertiser après le décès de son propriétaire, jusque là rien de spécial, mais on ne m’avait pas dit que le défunt souffrait du syndrome de Diogène. C’est un trouble mental qui pousse à accumuler des choses : la mission était impossible à réaliser, l’encombrement était extrême. J’y suis retourné plusieurs semaines après une fois la maison vidée.
Pour vous, cette absence de routine est plutôt un moteur ou une source de stress au quotidien ?
Un moteur sans hésiter ! Ce que j’aime dans ce métier c’est justement le fait que même si les procédures liées aux normes sont identiques d’une mission à l’autre, l’environnement, les gens sont différents. Dans la même journée on peut commencer le matin avec un bien « pas très propre » à l’intérieur, avec une mission compliquée. Et finir sur un bien d’exception absolument magnifique l’après-midi où la mission se passe parfaitement bien.
Quel conseil d’organisation donneriez-vous à un jeune diagnostiqueur ?
J’exerce depuis 6 ans dans mon secteur, et si je devais donner un conseil à un jeune ODI ce serait de bien planifier les missions de manière géographique pour éviter les allers-retours qui prennent du temps et de l’énergie. De toujours garder la même routine lors des missions. Et de se concentrer sur le repérage et non pas sur comment faire le repérage.
Mais surtout, il faut être capable de s’adapter aux imprévus, car il y en aura forcément. Et bien sûr de garder le sourire en toute circonstance.
Propos recueillis le 20 mars 2026




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