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La question mérite vraiment d’être posée.
Sommes-nous, en tant que diagnostiqueurs immobiliers, des techniciens ou des juristes ?
La réponse instinctive est souvent « techniciens », et pourtant… plus on avance dans ce métier, plus on découvre que ce n’est pas si simple.
Depuis quelques années, on observe une judiciarisation croissante de notre activité.
Les bénéficiaires de diagnostics techniques immobiliers, qu’ils soient vendeurs, acquéreurs, bailleurs ou locataires, sont de mieux en mieux informés et de plus en plus protégés par leurs assureurs et par diverses protections juridiques.
Résultat : les recours contre les diagnostiqueurs se multiplient, et les appels en responsabilité deviennent de plus en plus courant, au risque de perdre son assurance.
Ce qui était autrefois exceptionnel devient aujourd’hui une éventualité qu’il faut anticiper systématiquement.
Un métier profondément réglementé
Il faut bien le dire : nous exerçons un métier réglementé, sinon il n’existerait tout simplement pas. C’est la règlementation qui l’a créé, c’est un fait. Les articles L.271-4 et L.271-6 du code de la construction et de l’habitation, définissent clairement les obligations et les responsabilités du diagnostiqueur. Ils imposent des certifications qui ne sont pas de simples formalités administratives : elles conditionnent notre droit d’exercer, voire ce qui se déroule avec la difficulté de conserver les domaines DPE et Audit…
Nous travaillons dans un cadre juridique précis, et nos rapports ont une portée légale et opposable. Autrement dit, en cas de litige, ce ne sont ni notre expertise, ni nos bonnes intentions, ni notre expérience qui seront examinées, mais bien évidement nos écrits.
Mais un métier indéniablement technique
Pour autant, réduire notre métier à sa seule dimension réglementaire serait une erreur.
Car le diagnostic immobilier reste un métier profondément voire essentiellement technique.
Et cette dimension-là est tout aussi essentielle.
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Bonjour
très bon article et j’avais déjà constaté ces aberrations depuis mes débuts de diagnostiqueur.
Notre profession est devenue purement commerciale et législative, le volet technique, à mon avis le plus important, est passé au second rôle.
Comment ne pas s’offusquer de voir aujourd’hui des sociétés du diagnostic immobilier démarrer leur activité en créant un service juridique et financier avant de tester les compétences techniques de ses diagnostiqueurs… qui plus est la plupart des dirigeants de ces sociétés n’ont aucune notion technique du bâtiment et ne possède aucune certification.
Il vous suffit d’avoir aujourd’hui dans votre « boîte » un bon avocat, un juriste, un gestionnaire financier et le tour est joué mais qui peut se le permettre, en tous cas, pas le petit libéral qui a déjà bien du mal à bouclé ses fins de mois.
Ce sont tout simplement des affairistes, avides de résultats financiers au détriment d’un travail de terrain réalisé avec rigueur et professionnalisme.
Nous savons tous que les lois, décrets ou arrêtés sont créés pour permettre à l’état de se protéger contre toute éventualité de procès lourd et coûteux dans un contexte où les budgets sont déjà très limités voir inexistants.
A mettre trop de sel dans la soupe, on en oublie les véritables saveurs….
Notre profession devient trop contraignante et difficile pour certains et je comprends tout à fait leur difficulté devant tant d’exigences. Nous devenons les marionnettes d’un système juridique et politique fatiguant et étouffant.
Je tiens tout de même à féliciter ceux qui exercent ce métier avec rigueur, abnégation et professionnalisme car ce sont eux qui redorent le blason de la profession et qui permettent de démontrer que notre travail est légitime malgré un acharnement législatif pesant et la présence de quelques brebis galeuses dans le troupeau.
Encore merci à « quotidiag » pour ses articles toujours intéressants et ses prises de positions face aux réalités de notre profession.