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Le trait d’union entre le diagnostiqueur et son logiciel

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En 2008, Luc Dennery, informaticien, arrivait par hasard dans la grande famille du diagnostic immobilier. Aujourd’hui, il assure notamment, en indépendant, des missions de formation pour être le trait d’union entre le diagnostiqueur et son logiciel. Il nous raconte son parcours et ce qui l’a conduit à se sentir à sa place dans le métier du diagnostic.

Quel a été ton parcours professionnel ?

Jusqu’où remonter… Je suppose qu’il est plus simple de commencer par LICIEL, au tout début de l’année 2008. J’étais déjà informaticien et développeur. Un ami d’enfance m’a proposé de le rejoindre dans son projet. Cet ami était Stéphane Delot. Il venait de créer son logiciel de diagnostics. J’ai immédiatement accepté et j’ai plié bagage. En effet, je vivais en région parisienne et je suis parti à La Baule pour travailler au sein de LICIEL Environnement.

Quel a été ton rôle ?

À l’époque, nous n’étions que deux. Stéphane s’occupait du développement du logiciel. Je n’ai quasiment pas participé sur le code ou de manière très anecdotique. En revanche, très tôt, j’ai fait du support technique. Je répondais donc, au téléphone, aux questions des premiers clients. C’était mon tout premier contact avec le métier.

Environ 6 mois après, j’ai contribué à la création de la notice technique du logiciel. Elle était alors distribuée sur DVD. Le site web comprenait des vidéos de formation, mais il fallait une notice explicative au format PDF. À travers le prisme du logiciel et des questions métier, je me suis rapproché de plus en plus du diagnostic immobilier. J’ai commencé à expliquer aux techniciens comment mettre en œuvre leur métier avec un logiciel.

Parallèlement à ce métier de support, nous avons travaillé aux premières plateformes web et cloud. La notice de support a été transplantée dans un wikiLiciel naissant, codé sur mesure. Par ailleurs, la première version de l’Extranet de LICIEL, Liciweb et les zones d’échange voyaient le jour. Au travers de ces nouveau outils, j’explorais alors les besoins et les méthodologies de travail des diagnostiqueurs dans leur quotidien. C’était très formateur.

Quand as-tu commencé à faire des formations ?

Dans les 6 mois qui ont suivi, j’ai débuté les formations. Au départ, c’était seulement Stéphane. Petit à petit, j’ai commencé à en faire davantage. Pendant cette première année avec lui, j’ai croisé la route de personnes que nous connaissons encore aujourd’hui. Je pense à Jean-Paul Sassoulas (créateur du réseau d.PRO), entre autres. Ces personnes m’ont permis de mettre les pieds dans cette grande famille de diagnostiqueurs.

Au fil du temps, je me suis impliqué de plus en plus dans ce métier. J’ai, par exemple, une petite anecdote à propos du DPE. Les premiers cas de test, pour ce qui allait devenir le DPE 2012 étaient sortis. Avec Stéphane, on s’est « amusés » à vérifier que le logiciel calculait bien. Je nous revois avec un cahier de brouillon,  calculant des DPE à la main. Rien de tel, pour mieux comprendre le fonctionnement du DPE !

À un moment, je suis parti de La Baule pour retourner en région parisienne avec mon épouse. Nous nous sommes organisés pour que je travaille dans les locaux de DEFIM, tout en étant salarié LICIEL. J’ai ainsi travaillé au plus proche de l’équipe de DEFIM. Comme j’étais déjà télétravailleur  – c’était une organisation moderne – j’ai eu l’occasion de partir pour m’installer en Savoie où je réside encore.

En revanche, tu n’es plus salarié de LICIEL…

Non, j’avais envie de changer de direction. Je me suis donc mis à mon compte en créant une petite structure en informatique. En 2012, DEFIM, qui venait d’être racheté, est venu me chercher pour que j’assure leur support. Tout cela faisant tache d’huile, j’ai fait, sans l’avoir anticipé, de plus en plus de formations.

J’ai rencontré énormément de personnes différentes qui composent ce métier. Je me suis progressivement spécialisé. J’ai acquis une compréhension de ce que font les diagnostiqueurs, car c’est nécessaire pour ce logiciel. Aujourd’hui, j’exerce une activité d’informaticien indépendant. Mais j’assure toujours, en 2024, des missions de support et de formations, pour différentes structures et pour des indépendants.

Les formateurs ont tous leurs spécialités et leur manière d’aborder le sujet. Mon approche, ni moins bonne ni meilleure qu’une autre, se caractérise par une empreinte terrain. J’essaie d’ajouter du contexte et de faire des analogies. Par exemple, il m’arrive de proposer aux gens d’imaginer qu’ils sont diagnostiqueurs dans les années 1950. En effet, le logiciel répond à une organisation des données qui s’appliquerait bien à un système de dossiers suspendus, de classeurs, etc. Tout cela a été reproduit informatiquement, mais la logique est la même.

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Comment résumerais-tu ton travail actuel ?

Principalement, j’aide à mettre le pied à l’étrier dans un logiciel qui est très riche. Je fais souvent face à de jeunes diagnostiqueurs, qui n’ont que très peu de connaissance terrain. Ils ont donc besoin d’être autonomes très rapidement. Il leur faut faire un usage raisonné et efficace de leur logiciel.

Parallèlement à ça, j’ai développé des compétences sur des logiciels de gestion d’entreprise. Depuis quelques années, je propose des accompagnements à des chefs d’entreprises dans ce domaine. Quand le besoin s’est fait sentir, j’ai réalisé la passerelle Omnilink, entre le logiciel SOGEXPERT et LICIEL. Il était convenu qu’a priori, j’avais une connaissance suffisante des deux mondes pour les relier.

Constates-tu des problèmes récurrents d’utilisateurs ?

La particularité d’un logiciel comme LICIEL, c’est qu’il n’y a pas tout à fait de constance, à cause des mises à jour. Ces dernières, qui peuvent générer des bugs, sont dictées par l’actualité réglementaire. Après, mon travail ne consiste pas à les corriger. Je fais simplement des remontées à l’éditeur. Sinon, depuis plusieurs années, le DPE occupe mes journées. On en est à la 3,5e mouture.

En plus, à l’intérieur d’une même méthode, il y a de l’inconstance. En octobre 2021, quand il a fallu rééditer des DPE, l’éditeur a dû coder en urgence une interface. Cela a généré beaucoup d’inquiétudes chez les utilisateurs. L’informaticien qui fait du support doit parfois soigner des inquiétudes plutôt que de vrais problèmes. En ce moment, c’est l’évolution de l’outil pour les petites surfaces qui préoccupe. Et puis, nous avons l’audit énergétique, digne héritier du DPE en termes de casse-tête…

Maintenant, en revanche, il y a une certaine constance sur des diagnostics qui posent moins de problèmes. Ils en ont posé autrefois. Le CREP, à son instauration, générait énormément d’interrogations sur la méthodologie. Je pense aussi à l’état des risques et pollutions, qui n’a eu de cesse de changer de nom, de forme et de contenu. Cela a permis à des sociétés spécialisées de se positionner. Le volume de questions s’est alors fortement tassé.

Quel est ton regard sur le métier de diagnostiqueur ?

Malgré toutes les années écoulées, cela reste un métier jeune, qui évolue fortement et très vite, avec différentes visions, liées aux législateurs successifs. Je n’ai jamais eu envie d’être diagnostiqueur. Par contre, les domaines de ce métier me parlent : les matériaux, la physique, l’énergie…

À la base, je me destinais à une carrière proche des géosciences. J’ai laissé tout ça derrière moi, mais je l’ai en partie retrouvé dans le métier du diagnostic. Et puis, je me sens bien parmi eux, dans le cadre des formations et des salons professionnels. Mes échanges avec eux m’ont formé et façonné. Ils m’ont poussé à me spécialiser.

Quels sont tes projets professionnels ?

J’aimerais pouvoir, de plus en plus, répondre de manière plus officielle à des questions métier. Ce qui me plaît vraiment, c’est le fait d’être le trait d’union entre les personnes et les métiers. En ce sens, je voudrais travailler en partenariat avec des structures qui font office de support métier. Je n’ai plus l’impression d’être arrivé par hasard dans le domaine du diagnostic. Je pense donc à proposer, de façon permanente, des formations au logiciel de diagnostic, de l’accompagnement et du support.

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2 Commentaires

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  1. B
    Benoit 9 juin 2024 - 15h55

    Merci pour cette explication des logiciels

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  2. J
    Jehan 11 juin 2024 - 13h32

    Merci pour ce beau parcours et ce métier de trait d’union entre le terrain et l’outil. Assurément le gage de gagner en efficacité.

    Répondre

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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