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Rédigé par Smeralda Marzano.
À quelques jours des premières Assises du diagnostic immobilier, organisées à l’initiative du ministre et de plusieurs députés, j’avais envie de prendre la parole.
Pas au nom d’une fédération.
Pas au nom d’une organisation.
Juste au nom d’une diagnostiqueuse certifiée « basique », présente sur le terrain… et présente aux Assises.
Je vais être honnête : avec beaucoup de confrères et consœurs, nous étions presque excités avant ce rendez-vous. Parce qu’on les attendait depuis longtemps, ces Assises. Très longtemps.
Notre profession attend depuis des décennies une véritable reconnaissance.
Pendant des années, nous avons eu l’impression d’être les invisibles de l’immobilier : indispensables, mais rarement écoutés.
Et paradoxalement, le DPE bashing, même s’il a fragilisé toute une profession, a aussi déclenché quelque chose : un ras-le-bol général. Parce qu’à force d’être montrés du doigt, beaucoup de diagnostiqueurs ont fini par dire stop.
Stop à l’image caricaturale du simple « monsieur ou madame DPE ». Car notre métier est bien plus vaste. Nous parlons d’amiante, de plomb, de gaz, d’électricité, de sécurité des installations, de santé publique. Parfois même, très concrètement, de vies sauvées.
Et entendre enfin le Ministre Vincent Jeanbrun rappeler dans son discours d’ouverture que notre métier participe aussi à la sécurité publique a marqué beaucoup d’entre nous.
Puis sont arrivées les premières tables rondes. Et là, je vais rester fidèle à moi-même : au départ, franchement, ça ressemblait un peu à un « RVDI géant ».
Des OC.
Des grosses structures.
Des experts institutionnels.
Mais finalement, lors des deux premières tables rondes, aucun diagnostiqueur certifié en activité n’était présent sur le podium pour porter la voix du terrain.
Et c’est probablement ce qui a frustré beaucoup de confrères et consœurs présents dans la salle. Parce qu’encore une fois, nous avions le sentiment qu’on parlait énormément des diagnostiqueurs… sans réellement laisser les diagnostiqueurs eux-mêmes porter le débat.
Nous avons eu quelques prises de micro. Trois ou quatre fois maximum. Pas assez à notre goût. Pas assez pour une profession qui vit ces réalités tous les jours sur le terrain.
LES PREMIÈRES TABLES RONDES
La première table ronde portait sur la formation.
Et honnêtement, certains débats étaient intéressants.
L’idée d’un véritable cursus universitaire pour le diagnostic immobilier a été évoquée. Et forcément, beaucoup y voient enfin une forme de reconnaissance d’un métier à la fois technique et juridique.
Autre sujet largement débattu : les formations à distance. Beaucoup souhaitent leur suppression, au moins pour la formation initiale.
Et puis il y a eu le sujet des formations continues. Là aussi, beaucoup de confrères et consœurs ont partagé le même constat : certaines deviennent parfois totalement répétitives. On repasse les mêmes modules cinq ou six fois. Parfois sans réelle évolution. Sans réel intérêt terrain.
Mais malgré tout, une chose ressortait clairement : il faut faire évoluer la formation. Il faut mieux préparer les futurs diagnostiqueurs aux réalités du terrain. Et notre profession mérite enfin une vraie reconnaissance.
DÉONTOLOGIE, CONTRÔLES ET RÉGULATION : LE SUJET QUI FÂCHE
La deuxième table ronde portait sur la déontologie, les contrôles et la régulation de la filière. Et là aussi, beaucoup de réactions dans la salle.
Parce qu’entendre expliquer que « les contrôles ne sont pas encore totalement ajustés »… forcément, ça fait réagir quand on est diagnostiqueur sur le terrain.
Car derrière ces mots très institutionnels, il y a une réalité beaucoup plus brutale : des contrôles coûteux, des KPI parfois incompréhensibles, une pression permanente et le sentiment, pour beaucoup, d’être devenus les cobayes d’un système encore en construction.
Et oui, dans la salle, ça a râlé. Beaucoup.
ENFIN LE VRAI SUJET : NOTRE REPRÉSENTATION
Puis est arrivée la troisième table ronde.
Et là, on est enfin entrés dans le vrai sujet : la représentativité de la profession.
Toutes les sensibilités étaient présentes. Tout le monde n’était pas d’accord. Il y a eu des échanges tendus, des visions opposées, parfois même des moments houleux.
Mais malgré cela, il y avait quelque chose d’important dans cette salle : le début d’une construction.
Et puis le député Labaronne a prononcé une phrase qui, pour moi, restera probablement la plus importante de la journée : les votes doivent revenir aux diagnostiqueurs certifiés.
Et honnêtement ? C’est probablement la phrase qui m’a le plus redonné espoir. Parce qu’au fond, c’est exactement ça. Un diagnostiqueur certifié = une voix.
Pour la première fois depuis longtemps, beaucoup d’entre nous ont eu le sentiment qu’on reconnaissait enfin que les premiers concernés devaient aussi devenir les premiers décideurs.
Alors oui, il reste énormément de travail. Le futur code de déontologie devra être construit ensemble. Il faudra apprendre à travailler malgré nos différences. Il faudra dialoguer. Construire. Trouver des équilibres.
Peut-être que l’AFNOR chapeautera une partie du travail. Peut-être qu’une autre instance sera choisie. Peut-être même avec l’aide du député Labaronne pour accompagner cette construction.
Mais pour la première fois depuis longtemps… je ressors optimiste. Prudemment optimiste. Mais optimiste quand même.
Rendez-vous dans deux mois… wait and see.



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