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Le précoce et intense épisode caniculaire de juin 2026 s’accompagne d’une forte hausse des décès à domicile. C’est l’un des principaux constats de Santé Publique France dans son communiqué du dimanche 28 juin. Dans des appartements à 33, 34 ou 35 degrés, l’organisme peine à se réguler. Pour le collectif Rénovons, la solution réside dans une rénovation énergétique globale. Il s’appuie sur une étude récente pour le démontrer, et formule aussi 6 mesures phares. Certaines impliquent une évolution du DPE.
Bouilloires thermiques et précarité d’été
Depuis l’été 2022 et le premier rapport de la Fondation pour le Logement sur les bouilloires thermiques et la précarité d’été, la question de l’adaptation des logements aux vagues de chaleur ressurgit quand la température augmente. Le problème est théoriquement en voie de résolution. En effet, la mesure 9 du PNACC 3 prévoit plusieurs actions à mettre en œuvre.
Toutefois, d’une part, certaines échéances sont tardives au regard des conséquences sanitaires de la dernière canicule. Il faudrait attendre 2028 pour l’amélioration de l’indicateur de confort d’été dans le DPE. Et la prise en compte du confort d’été dans les rénovations d’ampleur n’arriverait qu’à l’horizon 2030. D’autre part, cette année, le gouvernement s’est montré nettement moins hostile à la climatisation des logements qu’auparavant.
La rénovation énergétique, réponse à la canicule
Or, dans son récent communiqué – Canicule : la rénovation énergétique comme réponse – le Collectif Rénovons montre que la rénovation d’un logement permet de diviser par trois le nombre de jours de chaleur excessive l’été à l’intérieur, et de maintenir une différence de température de dix degrés entre l’intérieur et l’extérieur du logement. Pour l’affirmer, il s’appuie sur une étude du centre de recherche TIPEE et sur une expérimentation menée par l’ingénieur Olivier Sidler (Enertech, Negawatt) sur une maison à énergie positive.
L’étude de TIPEE portait sur les combles aménagés dans le sud de la France, très exposés aux fortes chaleurs. Elle mesurait l’inconfort thermique en degrés-heures. À partir de celle-ci et de simulations effectuées par des chercheurs, à laquelle s’ajoute l’expérimentation sur la maison à énergie positive, le collectif aboutit aux résultats précités.
En fait, il faut « coupler rénovation énergétique globale, installation d’équipements de protections solaires et usages adaptés ». En pratique, cela implique ces travaux et usages :- Isolation performante pour se prémunir de la chaleur,
- Protections solaires extérieures, vitrages à contrôle solaire en complément,
- Occultation des fenêtres en journée, surventilation nocturne (quand la température extérieure est inférieure à la température intérieure).
La climatisation n’est pas exclue, mais « elle ne saurait constituer une réponse durable à elle seule ». Son coût d’installation et d’usage la rend inaccessible à de nombreux ménages, outre ses conséquences sur les consommations électriques et sur les îlots de chaleur urbain.
DPE, MaPrimeRénov’ et l’habitabilité d’été
Le collectif propose 6 mesures pour adapter les logements aux vagues de chaleur :
- Réviser la méthode de calcul de l’indicateur de confort d’été du DPE.
- Intégrer ce critère d’habitabilité d’été à la définition d’une rénovation performante.
- Informer et afficher sur chaque annonce immobilière les infos relatives à l’habitabilité d’été du logement mis en location ou en vente.
- Intégrer l’habitabilité d’été dans les critères de décence du logement.
- Créer, pour les locataires, un droit à déclencher la rénovation du logement loué en cas de manquement manifeste et répété du propriétaire bailleur aux critères de décence.
- Réinstaurer MaPrimeRénov’ dans sa version et ses montants issus du projet de loi de finances pour 2024.
Certaines de ces dispositions figuraient déjà dans la proposition de loi transpartisane visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à protéger leurs occupants, déposée le 11 juillet 2025 et jamais mise à l’ordre du jour. Par ailleurs, lors de la présentation du projet de loi Relance Logement, le 23 juin, le cabinet du ministre du Logement a exclu l’intégration de l’habitabilité d’été dans les critères de décence.
En effet, il a déclaré : « aujourd’hui, il n’est pas prévu d’aller vers une notion d’indécence du logement parce qu’il serait mal adapté au confort d’été. Le but, c’est d’inciter à faire des travaux de rénovation, de les faciliter, mais ce n’est pas de retirer encore plus de logements du marché ». Toutefois, il s’exprimait avant le pic de l’épisode caniculaire et la hausse des décès à domicile (de l’ordre de 40 % à ce jour).



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