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Julien Henrion, diagnostiqueur passionné et engagé

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Julien Henrion, dirigeant de la société Batidiag, a attiré notre attention en raison de ses publications sur LinkedIn. Vous l’y avez peut-être vu, accompagné de son acolyte, Phoebe, sa bouledogue anglaise. Nous avons eu envie de faire un petit portrait de lui : son parcours, son état d’esprit, ses projets… Rencontre avec un diagnostiqueur passionné, qui s’engage pour faire connaître ce métier et pour améliorer les conditions de travail de la profession.

Quel a été votre parcours pour en arriver au métier de diagnostiqueur ?

Toute ma famille travaillait à La Poste où j’ai commencé après le bac. Au bout de 15 ans, j’avais envie de faire autre chose. Puis, j’ai vendu mon appartement en 2015. On m’a dit qu’il fallait des diagnostics obligatoires. Je ne savais pas du tout ce que c’était. J’ai commencé à penser à ce métier. Au moment où j’en ai eu vraiment assez de La Poste, je me suis davantage renseigné.

Je ne savais pas grand-chose, à part qu’il fallait une formation, que j’ai attaquée. J’ai eu mes certifications en 2019-2020, juste avant le Covid. J’avais toujours eu envie de me lancer en tant qu’entrepreneur, mais je ne me sentais pas prêt à partir à l’aventure, sans formation terrain. Je me suis donc formé en étant employé dans deux sociétés. Finalement, j’ai créé mon entreprise, Batidiag, en août 2023. J’avais l’expérience, les diplômes, les certifications et 40 ans… C’était maintenant ou jamais. Je ne regrette pas du tout de l’avoir fait, au contraire.

Y a-t-il des missions que vous préférez à d’autres ?

Pendant mes 3 années de salariat, je faisais 90 % d’amiante avant travaux ou démolition. C’est une mission que j’adore, parce qu’il y a beaucoup de technique, avec des plans, des repérages minutieux… J’espérais me lancer là-dedans en créant ma boite. Malheureusement, c’est très compliqué, car seules les grosses sociétés peuvent avoir de gros chantiers.

Sinon, le diagnostic que j’aime le moins, c’est l’électricité. Le DPE est plaisant à faire. Le problème vient de tout ce qu’il entraîne derrière. Je fais aussi des audits énergétiques. Là, nous sommes toujours dans le flou, entre MaPrimeRénov’ maintenue, annulée, etc., ça change tout le temps. C’est compliqué à expliquer au client, parce que ça devient incompréhensible.

Avez-vous le sentiment de faire le métier qui vous correspond ?

Mon métier est vraiment devenu une passion. Mais avec la conjoncture actuelle, il y a des moments de doute. J’arriverai bientôt à la fin de mon cycle de certification de 7 ans. J’ai reçu un message où on me demandait si je voulais renouveler ou non mes certifications d’ici 6 mois. J’ai préféré attendre avant de répondre. Il y a une forte pression, déjà au niveau moral, car on est coupables avant d’avoir fait quoi que ce soit. La pression est aussi financière. Quand je discute avec les confrères de la FNDI, nous sommes nombreux à hésiter entre arrêter ou continuer. Financièrement, il faut beaucoup travailler pour payer des contrôles toujours plus chers.

Vous êtes très actif sur LinkedIn où vous illustrez vos posts avec des visuels cartoon 3D assez distinctifs. Comment est-ce venu ?

Déjà, je suis fan des bouledogues. Vous entendez peut-être ma bouledogue ronfler à côté de moi. J’ai eu envie de créer un visuel marrant, qui me ressemble, et qui sorte des représentations habituelles de diagnostiqueurs. J’ai joué avec l’IA, j’ai réussi à faire quelques petits visuels. Plus j’en faisais, plus j’avais des retours. Cela m’a même amené quelques clients.

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Parmi vos posts, certains vulgarisent le diagnostic pour les particuliers, d’autres sont plus techniques et métier… Vous jonglez entre plusieurs cibles.

Oui. Bon, il y a des groupes de diagnostiqueurs, sur Facebook, où on peut vraiment parler technique et métier. Mais souvent, ça part en débats stériles. LinkedIn est un réseau plus pro. On peut y aborder des questions techniques et s’y faire aider. On peut aussi faire découvrir le métier de diagnostiqueur. C’est important, car il reste mal connu. Les gens ne savent que deux choses : les diagnostics immobiliers sont obligatoires et les diagnostiqueurs sont des fraudeurs. Alors j’essaie, avec ma pédagogie et avec sympathie, d’expliquer le pourquoi du comment.

Précédemment, vous avez mentionné la FNDI. Vous en êtes donc adhérent ?

Oui, je fais partie de la FNDI (Fédération nationale des diagnostiqueurs immobiliers), créée par Olivier Ducelier. C’est important de s’engager pour faire bouger les choses. Le métier a plus de 20 ans. Des collègues m’ont dit qu’au début, il était assez anarchique. Il fallait le structurer et instaurer des contrôles, mais aujourd’hui, il y a trop d’aberrations.

Entre décembre 2025 et janvier 2026, on s’est pris le masquage de l’étiquette et l’annonce de la géolocalisation. Ces deux mesures peuvent être contournées. Pour moi, les « mauvais », ceux que j’appelle les « anarchistes du diag » vont rester. Certains n’ont même pas d’assurance, ça leur est égal d’être contrôlé. En revanche, les bons vont partir, car ils ne pourront plus assumer.

À chaque nouvelle mesure, les diagnostiqueurs ronchonnent chacun dans leur coin, puis au bout de quelques mois, ils accusent le coup et laissent faire. Aujourd’hui, nous devons réussir à nous réunir. Pour moi, il n’y a que deux fédérations qui représentent les diagnostiqueurs : la FNDI et l’ONEDI. Le but est de se réunir sous ces deux fédés pour être entendus. Alors, je m’investis autant que je peux pour essayer de faire avancer les choses.

Tous les diagnostiqueurs peuvent le faire aussi. Ils doivent communiquer et s’engager. Nous devons arrêter d’être chacun dans notre coin. Mettons nos différends et notre concurrence de côté. La réglementation, nous la subissons tous. Nous devons être ensemble.

Alors, quel est votre projet : renouveler vos certifications ou arrêter ?

Je pense que je vais les renouveler et embaucher un salarié. Mon activité a commencé à décoller pendant la 2e année, sans que j’y sois préparé. J’avais trop de travail pour moi tout seul, mais pas assez pour deux. Maintenant, j’en ai suffisamment pour deux, voire deux et demi. J’en arrive à dormir 3 heures par nuit, alors c’est compliqué.

Dans le même temps, je n’allais pas embaucher quelqu’un pour m’arrêter dans 6 mois. Je prévois aussi de déléguer une partie de l’administratif avec du secrétariat en indépendant. Je suis en contact avec une personne que j’ai connue sur LinkedIn, et que vous avez interviewée d’ailleurs, Aurélie Jacquet.

Avez-vous une devise liée à votre métier ?

Ma devise est de privilégier la qualité à la quantité. Je préfère réaliser un ou deux diagnostics par jour et pouvoir rendre des rapports bien carrés sous 48 heures, plutôt que d’en faire 5 dans la journée avec livraison des rapports 15 jours après. Les gens s’imaginent qu’un diagnostiqueur ne fait que du terrain. Quand on leur dit qu’il y en a pour 600 ou 700 € d’audit énergétique après 1h30 chez eux, ils en déduisent que ça gagne bien. Ils ne se rendent pas compte que la rédaction d’audit, à la maison, va prendre 5 ou 6 heures. J’ai eu tous les CSO et autres contrôles avec 0 écart, alors je crois à ma devise.

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4 Commentaires

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  1. S
    Smeralda 27 janvier 2026 - 12h01

    Bravo Julien,
    Pour ton engagement et pour ta communication toujours drôle mais pertinente.

    Répondre
    • J
      Julien 27 janvier 2026 - 13h53

      Merci beaucoup , le rire avec un fond de vérité 😇😇

      Répondre
  2. H
    HOUSSINE 27 janvier 2026 - 12h25

    bravo a toi
    c’est toujours un plaisir de te lire

    Répondre
  3. S
    Stephanie 27 janvier 2026 - 20h53

    Super progression et toujours avec ton acolyte Phoebe….Bravo à toi ,tu peux être fier de toi 👌👌

    Répondre

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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