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Je ne voulais plus travailler seul

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Le cabinet Mehu fête ses 15 ans d’existence cette année. Vincent Mehu, son fondateur, a commencé en tant que diagnostiqueur indépendant solo. Et puis l’irruption du Covid a déclenché une prise de conscience : « on est plus intelligent à deux que tout seul ». Il nous retrace son parcours, sa vision du métier et les projets de son nouveau groupement de professionnels.

Lancement du Cabinet Mehu en solo

J’ai commencé tout seul, comme les trois quarts des diagnostiqueurs immobiliers. C’était en septembre 2007. J’ai débuté en proposant du diagnostic immobilier et de la mise en copropriété. Cela m’a permis de toucher différentes clientèles avec une approche complémentaire.

Assez rapidement, en 2010, j’ai suivi une formation sur l’accessibilité handicapés. Entre 2013 et 2016, la demande en diagnostic accessibilité était importante. Cela m’a amené vers d’autres prestations. Qui dit accessibilité, dit travaux, d’où les diagnostics avant travaux. J’ai ainsi pu avoir des clients divers et des saisonnalités différentes. C’est ce qui m’a permis de maintenir une activité stable.

Premières embauches et développement de l’activité

Au bout de 5-6 ans, j’ai embauché une personne pour m’aider dans le domaine administratif. 2 ans plus tard, je me suis entouré d’une autre personne en technique car l’activité se développait bien.

En ce qui concerne la mise en copropriété, j’ai toujours eu une activité soutenue : état descriptif de division (EDD), calcul des tantièmes, accompagnement sur le diagnostic SRU puis le DTG…

En parallèle, j’ai proposé des repérages plomb et amiante avant travaux ou démolition. Dans ce domaine aussi, l’activité a été soutenue.

Arrivée du Covid et questionnements

Et puis est arrivé le Covid qui a entraîné un ralentissement et beaucoup de questions. Le diagnostic immobilier est-il toujours porteur ? Est-ce que je m’arrête ou non ? J’ai vraiment compris que je ne voulais plus travailler tout seul. Auparavant, j’avais déjà essayé de me rapprocher d’autres cabinets sans que ça prenne. La pandémie a été un révélateur de réflexion quant à l’importance du travail collaboratif.

Nous avons été plusieurs indépendants à comprendre que ce serait bien d’être sous le même toit pour échanger. La dynamique et la force de réfléchir à plusieurs a pris le pas sur le défaitisme de la situation car oui, il y a des choses à faire ensemble.

Organisation du groupement de professionnels

Nous avons pris des bureaux en commun et aujourd’hui, nous rassemblons nos compétences avec :

  • Un expert en bâtiment ancien et en malfaçons
  • Des diagnostiqueurs immobiliers pour l’habitation, le tertiaire et l’industrie
  • Un architecte

Nous avons des activités complémentaires et cela nous permet de trouver toujours une saisonnalité différente. Après 15 ans, je ne suis donc plus tout seul, même si le Cabinet Mehu reste une petite structure. Notre objectif est de proposer à nos clients des services pour leurs bâtiments de A à Z.

Le groupement me permet aussi de surveiller les évolutions réglementaires : le nouveau DPE des passoires énergétique qui va amener l’audit énergétique (on s’y prépare), le décret tertiaire qui est une autre réglementation avec une autre clientèle, etc.

Apporter du conseil complémentaire

Au moment des nouveaux DPE, l’an dernier, nous avons organisé des petits déjeuners d’information. Tous les mercredis et jeudis de chaque semaine, nous invitions des agents immobiliers et des notaires, des agents territoriaux, des marchands de biens…  pour leur présenter les évolutions du DPE.

Sans avoir la prétention d’être un centre de formation, nous devons au minimum être « le sachant ». Il y a le devoir de conseil réglementaire, mais il y a aussi le conseil complémentaire pour expliquer et dédramatiser.

On ne remerciera jamais assez le législateur de nous nourrir de réglementations, mais il faut que le client puisse comprendre tout ce qui lui est imposé. En tant que professionnels, nous sommes entre le législateur et la personne à qui on impose la réglementation et les contrôles.

L’accompagnement, une philosophie

Je pense qu’avec tout ce qui se passe aujourd’hui, le Covid, la guerre, etc., on a plus tendance à attaquer qu’à faire confiance. C’est aussi ce qui ressort des discours des assureurs et des juristes.

Le temps c’est de l’argent, mais nous prenons le temps pour bien faire notre travail et c’est notre philosophie. En 15 ans, nous n’avons jamais été mis en cause sur aucun de nos dossiers (je touche du bois !). Nous faisons tous des erreurs, mais le fait de prendre le temps nous donne raison.

Dans le cadre du diagnostic immobilier, un bon diagnostiqueur doit toujours être dans l’écoute, le questionnement. Il faut savoir poser les bonnes questions pour identifier les bons diagnostics. Par exemple, au Cabinet Mehu, on dit clairement : « vous avez des diagnostics encore valides, je ne vais pas les refaire ». Avec nous, les clients trouvent de la sérénité dans nos échanges.

Avenir du groupement et du diagnostic immobilier

Pendant les prochaines années, on va continuer à se développer en fonction de l’évolution réglementaire, notamment sur tout ce qui est énergétique. Avec le réchauffement climatique, c’est le DPE version 3 qui va obliger les bailleurs à rénover.

Les mesures prises sont radicales parce que la France a attendu d’être au pied du mur. Nous réalisons des DPE depuis des années et c’est seulement maintenant que… Enfin bref, dans tous les cas, nous, en tant que cabinet, on a une responsabilité sur la mise en place de tout ça.

Il y a également une réflexion à mener sur les certifications. C’est très lourd lorsque l’on a des salariés. C’est une épée de Damoclès sur le fonctionnement des cabinets de diagnostics.

Aujourd’hui je ne me lancerais pas seul

Je tire mon chapeau aux diagnostiqueurs qui démarrent seuls en 2022. D’abord, il faut un minimum de connaissances de l’évolution réglementaire depuis les années 1990 pour comprendre ce que nous avons à faire, l’enjeu des anciens et des nouveaux diagnostics, etc. Moi, j’ai évolué avec la réglementation. Je crois que c’est très compliqué de se lancer seul maintenant, à moins d’avoir déjà une clientèle pour être rapidement à l’aise. Aujourd’hui, je pense que je ne me lancerais pas seul comme je l’ai fait il y a 15 ans.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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