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Une startup vient d’inventer le distributeur automatique de diagnostics. Le client choisit ses diagnostics et leurs conclusions. À l’instar du simulateur de DPE, ces diags à la carte n’ont pas de valeur réglementaire. En revanche, ils présenteraient de nombreux avantages. Entre autres et paradoxalement, ils amélioreraient l’image du diagnostiqueur immobilier.
Du diagnostic-sanction au diagnostic-plaisir
Quel propriétaire, vendeur ou bailleur, n’a jamais rêvé d’un dossier de diagnostic technique sans présence d’amiante ou de plomb, sans anomalie ni termites, avec un DPE en A ? Pour reprendre les propos de Vincent Jeanbrun aux RVDI, le diagnostic immobilier est « une boussole sur le marché du logement ». Cependant, le DPE fait parfois perdre le nord…
Au-delà du DPE, la startup affiche son objectif : passer d’un « diagnostic sanction » à un « diagnostic plaisir ». Actuellement, le diagnostiqueur est mal-aimé. Il révèle des problèmes que personne n’avait vus. il bloque parfois les projets immobiliers. S’il est sérieux, il refuse d’actualiser un diagnostic termites sans revisiter le bien, etc. En prime, il faut le payer. Avec le distributeur de diagnostics, il suffit d’un clic pour commander le DDT parfait.
S’approprier les rapports de diagnostics
Bref, c’est l’invention qui fait aimer les diagnostics immobiliers aux particuliers. D’après ses concepteurs, cette solution numérique présente d’autres avantages. D’abord, les propriétaires peuvent se familiariser avec des rapports qu’ils ne lisent pas attentivement d’habitude. En effet, la présentation rappelle celle d’un diagnostic obligatoire.
Ensuite, rien n’empêche l’utilisateur de commander un DPE de passoire thermique, un CREP indiquant la présence de revêtements dégradés contenant du plomb à des concentrations alarmantes, des indices d’infestation parasitaire ou encore un DGI dans l’état de l’installation intérieure de gaz… Par curiosité ou pour le grand frisson.
En bonus, il y a une estimation de la valeur du bien en fonction des diags distribués. Ainsi, « le particulier comprend l’intérêt de faire des travaux pour améliorer la décence du logement. C’est un moteur d’amélioration de l’habitat », explique sa fondatrice, Brune Darlon. Enfin, en pleine crise du logement, le distributeur de diags améliore les rapports entre propriétaires, diagnostiqueurs, agents immobiliers, etc.
Scandaleuse fraude ou innovation bienvenue ?
Bon, mais quid de l’impartialité ? De la garantie des vices cachés ? De la protection de l’acquéreur et du locataire ? Des responsabilités en cas de litige postérieur à la vente ou à la location immobilière ? Évidemment, le distributeur automatique de diagnostic ne remplace pas les diagnostics imposés par le code de la construction et de l’habitation.
Sinon, il mettrait en faillite les diagnostiqueurs, les organismes de formation et de certification, leurs partenaires et tout l’écosystème. Surtout, il aurait de graves conséquences sur la santé et la sécurité de la population. Ce serait une bombe économique et sanitaire. Il est donc impossible de l’annexer à un quelconque contrat, à part peut-être le 1er avril…
N’empêche, la rédaction de Quotidiag n’y est pas favorable. Nous pensons qu’il existe des solutions plus simples et moins dangereuses pour résoudre les difficultés actuelles. Selon nous, elles doivent venir des pouvoirs publics plutôt que des startups. Commençons par une campagne de sensibilisation par exemple. Ce serait un moyen simple, peu coûteux et indolore, de faire comprendre l’essentialité du DDT au grand public.



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