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Le CAUE Rhône Métropole a récemment annoncé la publication du guide Rénover mon bâti ancien. Nous ne pouvons que saluer sa démarche. Toutefois, une omission nous chagrine. En effet, le document ne mentionne ni le diagnostiqueur ni l’opérateur de repérage avant travaux, alors qu’il aborde ses domaines de compétences : amiante, plomb, mérule…
Rénover mon bâti ancien : le guide
Le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) Rhône Métropole et la Communauté d’agglomération de l’Ouest Rhodanien (COR) éditent un guide. Il doit permettre de concilier rénovation énergétique et mise en valeur du patrimoine. Même s’il porte sur ce territoire (Ouest rhodanien), ses recommandations s’appliquent, plus généralement, à l’habitat rural et à l’habitat des bourgs.
Il y a deux chapitres. Le premier, assez bref, présente les enjeux, pour le propriétaire, de la rénovation de son bâti ancien. Le second constitue le cœur du guide. Il se compose de fiches thématiques pour guider le projet de rénovation : caves et combles, ventilation, murs, décors intérieurs (portes, lambris…), fenêtres et occultations, façades, etc., avec des visuels clairs. C’est pour ces raisons que nous saluons sa publication.
À qui s’adresse ce guide ?
Le document s’adresse, selon ses auteurs : « aux propriétaires et gestionnaires de biens immobiliers (agence immobilière, syndics de copropriétés, etc.), aux maîtres d’œuvres (économistes de la construction, bureau d’études, architectes, maître d’œuvre d’exécution, conducteur de travaux) ainsi qu’aux artisans pour sensibiliser aux enjeux de la rénovation du bâti ancien ». Nous pensons pourtant qu’il peut intéresser les (futurs) diagnostiqueurs.
Depuis l’arrêté du 20 juillet 2023, le temps de formation initiale pour la certification DPE a fortement augmenté, avec une session spécifique sur le bâti ancien. La connaissance des spécificités du bâti ancien est indispensable pour réussir la certification audit énergétique (décret n°2023-1219). En mars 2025, le Cerema a édité un guide pour les diagnostiqueurs certifiés DPE et/ou audit énergétique avec un chapitre dédié au bâti ancien patrimonial.
Et encore, les exemples ci-dessus ne sont pas exhaustifs. En effet, les diagnostiqueurs sont amenés à intervenir dans le bâti ancien avant une rénovation énergétique. Leur sensibilisation aux enjeux de ce type de rénovation constitue donc une priorité.
Diagnostics techniques préalables
D’après ce guide, toute rénovation d’une construction ancienne débute par un « état des lieux multicritères du bâti, point de départ avant tous travaux ». Il inclut :
- le diagnostic patrimonial et architectural,
- le diagnostic technique du bâti,
- le diagnostic énergétique (le mot « DPE » est absent du guide).
Le diagnostic technique doit tenir compte de l’état des planchers, de la charpente et de la toiture, notamment en matière d’insectes xylophages. Il y a aussi, « au regard des risques sur la santé, les diagnostics amiantes et plomb. Si le diagnostic avant-vente permet d’évaluer la probabilité d’être exposé à ces polluants, il n’est pas suffisant ».
Tout à fait. D’ailleurs, un rappel sur l’importance de faire appel à un opérateur de repérage certifié et, pour l’amiante, aux entreprises formées en SS4 (sous-section 4) aurait été bienvenu. Le guide met également en garde contre le risque mérule, sans mentionner l’état parasitaire. Il aborde les dangers liés à une installation électrique vétuste, mais n’évoque que le diagnostic réalisé par un électricien.
Chaque professionnel a un rôle à jouer
Bref, il est impossible d’omettre ainsi l’existence du diagnostiqueur sans le faire exprès. Visiblement, le jeu consistait à répéter le mot « diagnostic », sans parler du professionnel dont c’est le métier. Dans ce cas, les auteurs ont réussi. C’est une victoire un peu triste, car les particuliers ont déjà des difficultés à se repérer parmi les professionnels.
Et puis, un diagnostiqueur bien informé peut conseiller au propriétaire de faire appel à un spécialiste du bâti ancien pour réaliser un diagnostic patrimonial et architectural. Il est l’acteur de proximité le mieux placé pour le renseigner sur les risques amiante, plomb, etc. dans l’habitat. En prime, la transaction immobilière est un moment propice aux rénovations.
En général, une démarche collective nous semble nécessaire pour avancer sur ces sujets. Hormis ce bémol, le document reste intéressant pour sa concision et sa clarté. Il met bien en évidence les étapes à suivre lors du projet de rénovation et les points de vigilance.



Résumé : Le diagnostiqueur est un simple technicien qui n’a pas plus d’importance qu’un autre technicien. Seuls les architectes et présidents des départements ont une importance dans les décisions…. Un ordre des diagnostiqueurs pourrait équilibrer tout ça.
Je partage ce constat : tant que les diagnostiqueurs resteront perçus comme de simples exécutants, leur poids restera limité face aux décideurs. La création d’un ordre ou d’une instance forte permettrait justement de structurer la profession et de lui donner une vraie légitimité dans les décisions.