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Des logements chauffés à l’électricité, classés G, interdits de location sans rénovation préalable, pourront être loués à compter du 1er janvier 2026. L’audit énergétique, actuellement obligatoire pour une maison classée E, ne sera peut-être plus nécessaire dans trois mois… Faut-il attendre l’année prochaine pour vendre ou louer ? Les diagnostiqueurs commencent à faire face à ces dilemmes vécus par les propriétaires. Néanmoins, c’est à ces derniers de faire le choix le moins mauvais. Le simulateur DPE de l’ADEME peut les y aider.
Simuler l’étiquette DPE sur l’Observatoire ADEME
L’écart de 4 mois entre la publication de l’arrêté du 13 août 2025 et son entrée en vigueur complique les projets de vente ou de location. Désormais, chacun peut simuler la future étiquette DPE sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Auparavant, il y avait surtout des simulateurs en ligne, même s’ils sont probablement aussi fiables. Faire cette simulation est indispensable pour qui dispose déjà d’un DPE ou d’un audit énergétique en cours de validité.
Le processus est rapide. D’abord, on entre le numéro du DPE ou de l’audit dans « Trouver un DPE ou un AUDIT » (en bleu à gauche). On peut aussi cliquer sur ce numéro dans le rapport remis par le diagnostiqueur. Ensuite, un message apparaît. Il indique « votre logement est concerné par la modification du facteur de conversion de l’électricité ». Attention aux faux espoirs ! En effet, ce n’est pas forcément vrai. Enfin… Oui, tous les logements sont concernés par cette évolution, quel que soit le mode de chauffage.
Cependant, certains conservent le même classement énergétique. Or ce message est automatique, même pour un logement chauffé au gaz dont l’étiquette DPE ne change pas. Il permet surtout au propriétaire d’accéder au texte réglementaire et de comprendre la réforme de la méthode de calcul 3CL. En scrollant un peu, l’étiquette simulée – identique ou différente – s’affiche.
Les diagnostiqueurs peuvent aussi faire cette simulation, avec leur logiciel, lorsqu’ils viennent réaliser un diagnostic de performance énergétique ou un audit.
Attestation DPE en 2026
Si l’étiquette DPE reste identique, cette réforme n’a aucune conséquence nouvelle. Le propriétaire peut louer, vendre ou faire des travaux pour améliorer la classe énergétique. En cas de changement d’étiquette, la situation se complique. En effet, dans tous les cas, l’attestation officielle ne pourra être téléchargée qu’à compter du 1er janvier 2026. Or le changement de classement énergétique en 2026 ne modifie pas les obligations du propriétaire, bailleur ou vendeur, en 2025.
Le diagnostiqueur et l’auditeur énergétique n’y peuvent rien, le notaire non plus. Cependant, en cas de vente, cette simulation peut éventuellement fournir des arguments pour négocier le prix. En effet, l’étiquette simulée est visible par toute personne en possession du numéro de DPE, y compris le candidat acquéreur ou locataire du logement. Rappelons toutefois qu’un logement mal isolé ou pourvu de radiateurs électriques anciens, du genre grille-pain, continuera à coûter cher en énergie, qu’il soit classé G ou F.
Dans les logements déjà loués aux loyers gelés, mieux vaut également avertir le locataire si l’étiquette passe de F à E. Il pourra ainsi anticiper la future hausse du loyer. En outre, cette information peut éviter aux rapports locatifs de se dégrader.
Attestation officielle et facultative
Au fait, rien n’oblige le propriétaire à télécharger l’attestation, sachant qu’elle ne modifie pas la durée de validité initiale du DPE. S’il date d’août 2021, il sera à refaire à compter d’août 2031. L’attestation sera donc utilisable jusqu’en 2031. En revanche, un DPE daté de janvier 2026 restera utilisable jusqu’au 1er janvier 2036. Il semble utile de rattacher cette info aux échéances de la loi Climat Résilience. Dès 2028, les biens classés F ne répondront plus aux critères de décence énergétique. En 2034, ce sera le tour des classes E.
Le propriétaire choisit aussi d’utiliser le DPE, l’audit initial ou l’attestation pour les demandes d’aides à la rénovation. La FAQ du ministère, disponible sur le site de l’ADEME, précise : « pour tous les dispositifs […] le demandeur sera responsable de choisir le document qu’il dépose (calculé avec l’ancien ou le nouveau coefficient, ou avec attestation) ». Quel que soit le contexte, l’attestation officielle aura la même valeur juridique que le diagnostic initial.
Peut-il y avoir une indemnisation du propriétaire ?
Le député Michel Guignot a récemment demandé au gouvernement comment il allait indemniser les propriétaires de logements classés G, pour la décote à la vente ou l’absence de revenus locatifs entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025. Objectivement, il y a très peu de chance pour que cette demande aboutisse. La situation politique et budgétaire, ainsi que la complexité administrative de la démarche, rendent un tel scénario improbable.
L’élu souhaitait aussi connaître le dispositif mis en œuvre pour prévenir les propriétaires concernés par le changement d’étiquette. Le ministère lui répondra certainement qu’il suffit d’utiliser le simulateur ADEME. Après, au bailleur ou au vendeur de faire le choix le plus éclairé en fonction de l’étiquette simulée. De toute façon, les évolutions successives du DPE, alors que des dispositions de la loi Climat Résilience s’appliquent déjà, créent une insécurité juridique. L’enjeu est de limiter son ampleur en informant les parties prenantes.



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