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Pour les diagnostiqueurs, l’année 2025 s’est achevé avec un problème technique lié à la mise à jour du moteur de calcul du DPE. La nouvelle année a débuté avec un reportage mensonger sur les fraudes au DPE. Le diagnostic de performance énergétique, qui fêtera ses 20 ans en 2026, restera au cœur de l’actualité dès ce premier trimestre. Néanmoins, l’avenir de la profession est assez flou. Il n’est guère plus clair pour le secteur de la rénovation énergétique. Passons en revue les principaux changements en vigueur depuis le 1er janvier 2026 et les évolutions réglementaires attendues.
DPE, audit et CEP / PEF depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les attestations de changement d’étiquette, pour le DPE et l’audit énergétique, peuvent être téléchargées sur l’Observatoire DPE-AUDIT de l’ADEME. Elles respectent les modèles mis en ligne le 31 décembre 2025. En effet, la modification du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité (CEP ou PEF) est effective.
Il n’y a donc pas besoin de demander à un diagnostiqueur de refaire les DPE concernés. L’attestation a la durée de validité du DPE qu’elle remplace. 700 000 résidences principales devraient sortir du statut de passoire thermique. La réforme des petites surfaces avait déjà permis de réduire la quantité de logements classés F et G. Tous les DPE et audits énergétiques établis à compter du 1er janvier 2026 tiennent compte de ces modifications.
DPE collectif obligatoire des immeubles en 2026
Désormais, l’obligation de réaliser un DPE collectif s’étend aux copropriétés de moins de 50 lots, quand le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Le DPE de l’immeuble était déjà obligatoire pour tous les immeubles en monopropriété et les copropriétés de plus de 50 lots, au PC déposé avant 2013, en application de la loi Climat Résilience. Ce DPE collectif est nécessaire, y compris :
- en l’absence de chauffage collectif,
- lorsqu’il existe déjà des DPE des logements (DPE individuels),
- en l’absence de vente ou de location immobilière.
En Guadeloupe, Martinique, Guyane, à la Réunion et à Mayotte, il doit entrer en vigueur en 2028. Comme pour le DPE individuel, le DPE collectif est valable 10 ans, sauf s’il a été réalisé avant le 1er juillet 2021. Si la copropriété dispose déjà d’un DPE valide établi dans un autre contexte, par exemple lors d’un DTG (diagnostic technique global), nul besoin de le refaire.
Restaurer ou instaurer la confiance dans le DPE
Parmi les évolutions à surveiller en 2026, il y a l’application du plan d’action visant à restaurer la confiance dans le DPE. Les arrêtés du 16 juin 2025 ont concrétisé certaines des mesures prévues par l’ancienne ministre du Logement, Valérie Létard. Néanmoins, il manque encore :
- le nouvel annuaire des diagnostiqueurs accessible avec un QR code ;
- la géolocalisation, l’horodatage ou autre dispositif, à définir avec un texte réglementaire au 1er trimestre 2026 ;
- le rapport d’Henry Buzy-Cazaux sur la formation post-bac des diagnostiqueurs.
En parallèle, les organisations représentant les diagnostiqueurs travaillent sur l’amélioration des dispositifs mis en place (KPI et analyse IA de l’ADEME…). Malgré des prises de position communes, la filière reste morcelée. Sa structuration est toujours d’actualité. En outre, le travail sur la nouvelle norme DPE continue, avec une publication annoncée pour l’été 2026.
Application de la DPEB ou EPBD
N’oublions pas la directive sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB), qu’il faudra mettre en œuvre en France, comme dans tous les États membres de l’UE. Un projet de loi concrétise déjà certaines de ses dispositions. Il prévoit, entre autres :
- l’obligation de joindre le DPE aux contrats de location reconduits ou renouvelés,
- la création d’une nouvelle notion de la rénovation importante,
- l’obligation de réaliser un DPE après travaux de rénovation importante.
L’harmonisation des DPE au niveau européen implique d’autres modifications de la réglementation au cours des prochains mois. Elles concerneront également les DPE des locaux et bâtiments tertiaires.
Suspension de MaPrimeRénov’
Faute d’adoption d’une loi de finances pour 2026, le guichet de dépôt des demandes d’aides de l’Anah a fermé le 31 décembre à midi. En prime, les plateformes MaPrimeRénov’ et Mon projet Anah sont en maintenance, respectivement jusqu’au 8 et au 15 janvier 2026.
Malgré tout, d’une part, les dossiers déposés avant le 31 décembre 2025 seront instruits, avec un rallongement du délai (plus de 4 mois). D’autre part, les chantiers peuvent déjà démarrer pour les dossiers validés avant le 1er janvier 2026. Les propriétaires peuvent aussi s’appuyer sur une aide CEE (certificat d’économie d’énergie) pour financer leurs travaux. Le dispositif des CEE se renforcera pour soutenir la rénovation dans le résidentiel.
L’Anah a publié une Foire aux questions sur les impacts de la loi spéciale sur les aides de l’Agence nationale de l’habitat (MaPrimeRénov’ par geste, MPR Parcours Accompagné, MaPrimeAdapt’, Ma Prime Logement Décent, Loc’Avantages…). Elle s’adresse aux particuliers, à l’assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) et à Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR’).
gestion des rénovations d’ampleur aidées
Au second semestre 2025, l’idée de décentraliser la compétence « rénovation énergétique des logements » aux collectivités a été évoquée à plusieurs reprises. De plus, très récemment, le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) a validé une décision aux conséquences majeures. Elle signerait la fin du monopole de l’Anah sur les rénovations d’ampleur financées avec MaPrimeRénov’.
L’Anah garderait un rôle de régulateur. Cependant, d’autres acteurs pourraient gérer les rénovations globales aidées, notamment ceux des CEE. Aucun texte réglementaire n’entérine la décentralisation de la compétence rénovation énergétique ou la fin de ce monopole de l’Anah. La situation pourrait toutefois changer au cours du 1er semestre 2026.
Crise du logement et décence énergétique
Le ministre du Logement présentera son « grand plan logement » d’un jour à l’autre. Par ailleurs, Vincent Jeanbrun souhaite assouplir l’obligation de rénovation énergétique des logements qui ne respectent pas le critère de décence énergétique. En effet, le gouvernement soutient la mise en location des passoires thermiques si les propriétaires s’engagent à faire des travaux.
La proposition de loi Gacquerre pourrait donc revenir dans les débats avant les élections municipales de mars 2026. Enfin, nous attendons d’autres textes liés à la crise du logement et à la transition écologique des bâtiments. Au programme, figure notamment la concrétisation de la banque de la rénovation en copropriété. L’avenir du dispositif d’encadrement des loyers se décidera également durant l’année 2026.



Article très intéressant, merci pour cette synthèse claire.
Entre les évolutions du moteur de calcul, le DPE collectif et les incertitudes autour de la rénovation énergétique, on sent que 2026 va encore être une année charnière pour la profession. La question de la confiance dans le DPE reste centrale, notamment pour les propriétaires et bailleurs.