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Le député Daniel Labaronne a récemment prononcé une phrase aux airs de science-fiction. « Le CSTB travaille sur un prototype […] qui pourrait demain réaliser le diagnostic sans l’intervention du diagnostiqueur. […] On fait encore confiance à l’humain, je ne souhaite pas une déshumanisation du process. Mais si on ne parvient pas à structurer le diagnostic, il existe des solutions plus radicales d’ordre administratif ou technologique. »* Sérieusement ? Certes, nous avions annoncé l’arrivée du robot diagnostiqueur, mais c’était une blague…
Structuration ou disparition des diagnostiqueurs ?
Interrogé par notre confrère Christophe Demay, Daniel Labaronne fait deux constats. D’abord, « 95 % des diagnostiqueurs sont des professionnels compétents, engagés, passionnés mais cette majorité pâtit de quelques margoulins ». Ensuite, la profession doit s’entendre pour créer une fédération ex-nihilo, interlocuteur unique des pouvoirs publics.
Elle le fera dans le cadre d’Assises du diagnostic immobilier, avant l’été. Sinon, elle pourrait tout bonnement disparaître, remplacée par un outil technologique ou une autre solution administrative. Quelques margoulins et une représentation morcelée mèneraient donc à la mort d’un métier. C’est pour le moins radical, en effet. Ce scénario du pire est-il crédible ?
Disparition du DPE réalisé par un humain ?
Il est possible d’imaginer un diagnostic de performance énergétique sans diagnostiqueur. Après le renforcement du dispositif de certification DPE, le déploiement de l’audit énergétique 3CL, à l’heure où des textes réglementaires se préparent pour transposer la directive sur la performance énergétique des bâtiments, ce serait aberrant, mais pas exclu.
Et puis, il y a les élections de 2027 à l’horizon. L’arrivée au pouvoir d’un mouvement politique clairement hostile au DPE pourrait aussi modifier en profondeur le dispositif actuel. En revanche, aucun prototype ne saurait remplacer l’expertise du diagnostiqueur pour les diagnostics amiante, plomb, gaz, électricité, termites… Comme le DPE, ils sont opposables.
Ces diagnostics techniques exigent l’œil d’un professionnel, des sondages, des mesures, etc. Aucune IA ne peut être l’égale de l’ODI dans ces domaines de compétences là. En outre, qui engagerait sa responsabilité au regard de la garantie des vices cachés ? En cas de litige, irait-on trainer le CSTB au tribunal ? D’ores et déjà, dans des professions réglementées, le recours à l’IA engage la responsabilité juridique du professionnel qui l’utilise…
Dialogue et reconnaissance vs sanctions
Vraisemblablement, le député use de phrases choc pour inciter les diagnostiqueurs à se réveiller et à agir pour gagner en crédibilité. « C’est dans l’intérêt des diagnostiqueurs, nous ne faisons pas ça contre eux, mais pour eux ». Cependant, son objectif premier semble être de lutter contre les fraudes aux DPE. Or les professionnels ont également d’autres attentes.
Ils veulent notamment cesser d’être perçus comme les exécutants d’une méthode standardisée. Ils souhaitent que l’administration considère leur expertise et tienne compte de leur réalité quotidienne sur le terrain. En ce sens, brandir la menace du remplacement du diagnostiqueur par une technologie est maladroit. Et puis, cela revient à nier, une fois de plus, l’essentialité des autres diagnostics immobiliers du dossier de diagnostic technique.
Des surprises aux RVDI 2026 ?
Dans l’ombre, les organisations professionnelles échangent et cherchent à se rassembler. Tous leurs représentants, ou presque, seront autour de la table ronde intitulée « organisation professionnelle : de la profusion historique à l’indispensable union » des Rendez-Vous du Diag’Immo, jeudi prochain. Au préalable, il y aura une allocution du ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun. Pour annoncer la tenue d’Assises du diagnostic immobilier dès le mois d’avril 2026 ? C’est fort possible…
* Interview du député Daniel Labaronne publiée sur Infodiag le 18 mars 2026.



je pense que les politiciens seront remplacés avant nous … 😛
Finalement, lorsqu’il dit que « 95 % des diagnostiqueurs sont des professionnels compétents, engagés, passionnés mais cette majorité pâtit de quelques margoulins», c’est donc tout le contraire des politiciens avec une majorité de margoulins et quelques professionnels compétents, engagés et passionnés dont il ne fait surement pas partie pour dire cela !!!
Plutôt que de menacer la profession, il serait plus pertinent de structurer et valoriser les 95 % de professionnels compétents qui font déjà le travail sérieusement.