en vous abonnant à Quotidiag
Le diagnostic structurel, instauré par la loi Habitat Dégradé, fêtera bientôt son premier anniversaire. Bertrand Indabehere, dirigeant du bureau d’étude WATDIAG Ingénierie, réalise des diagnostics structurels avec, notamment, une recherche acier par Ferroscan. Il pense que ces missions constituent un marché en plein développement. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur les caractéristiques de ces prestations.
Pouvez-vous me résumer votre parcours et me présenter votre société ?
Je suis Bertrand Indabehere. Depuis 2 ans, je développe la société WATDIAG, qui s’appelait avant WATMOB. J’ai notamment pour mission d’accompagner les syndics de copropriété dans le cadre des plans pluriannuels de travaux (PPT) et des diagnostics techniques globaux (DTG). Je fais aussi des audits énergétiques, notamment dans le cadre de la rénovation énergétique des immeubles collectifs.
Actuellement, l’audit énergétique est associé au DPE et donc connoté « diagnostiqueurs ». Moi, je suis bureau d’étude technique du bâtiment. En tant que bureau d’étude, j’ai accès à des prestations comme l’audit énergétique, mais j’interviens surtout dans des immeubles collectifs ou tertiaires. Et puis, depuis quelque temps, je développe une autre prestation indispensable dans les bâtiments : les diagnostics structurels.
Vous faisiez des diagnostics structurels avant l’entrée en vigueur du décret n°2025-814 du 12 août 2025 (décret d’application de la loi « Habitat Dégradé ») ?
Oui, j’en faisais avant la création de cette entreprise, notamment au sein de Bureau Veritas. On les appelait souvent diagnostics solidité ou de structure. Je pense qu’avec la parution du décret d’août 2025, le marché du diagnostic structurel va se développer dans les immeubles en copropriété. Il me semble donc intéressant de communiquer dessus.
Il y a des exigences importantes pour accéder au marché du diagnostic structurel…
Effectivement, le montant de la garantie ne peut être inférieur à 1 000 000 € par sinistre et 1 500 000 € par année d’assurance. Et puis, il faut les diplômes ou la formation et l’expérience adéquats. C’est une sorte de « filtre » pour les acteurs, sur ce type de marché.
Vous proposez une recherche d’acier par ferroscan dans le cadre du diagnostic structurel. Est-ce un outil essentiel pour cette mission ?
Oui, c’est un outil indispensable pour les bâtiments en béton armé. Il ne permet pas d’appréhender toutes les caractéristiques du béton armé. En revanche, il aide à lever certains doutes et à obtenir des informations importantes quand on fait une vérification structurelle. Souvent, nous n’avons pas assez d’infos pour connaître les dispositions de mise en œuvre. Nous avons trop d’hypothèses pour faire une note de calcul. Le Ferroscan nous fournit l’expérience terrain, empirique, pour affiner le diagnostic.
D’ailleurs, il m’arrive d’intervenir pour des bureaux d’études qui ont des besoins de mission Ferroscan et qui n’ont pas cet outil. Je l’utilise aussi pour proposer des solutions adaptées aux syndics, en priorité des foncières, des SCPI, des gestionnaires… Par exemple, vendredi dernier, je suis intervenu pour une foncière sur un centre commercial, par l’intermédiaire d’un bureau d’étude. Il avait besoin de vérifier certains éléments en béton armé pour un passage de réseau. C’est un outil assez cher à acquérir et compliqué à louer pour une seule journée. Cela dit, parfois, il faut quand même faire des essais destructifs en plus du Ferroscan.
Est-ce que la demande en diagnostics structurels augmente ?
Le réflexe n’est pas encore très fréquent, mais il est plus présent. Comme il y a eu plusieurs effondrements de balcons, de plus en plus de notaires demandent des diagnostics spécifiques pour les balcons. J’ai été sollicité sur ce type d’ouvrages, sur des éléments en béton armé en porte-à-faux, et cette démarche dans le cadre d’une vente m’a surpris. Elle m’a fait penser à une potentielle évolution du spectre des diagnostics avant vente incluant ce type de vérification. Il s’agit d’une piste à développer de mon point de vue.
Si le syndic ne respecte pas l’obligation de diagnostic structurel et qu’il y a un effondrement d’immeuble, il peut être mis en cause ?
Je pense que c’était déjà le cas avant l’entrée en vigueur de cette obligation. Si on prend l’exemple de l’effondrement de la rue d’Aubagne à Marseille, il y a eu plusieurs condamnations, dont le syndic. À mon avis, l’obligation de diagnostic structurel est, pour les communes, une manière de responsabiliser les syndics de copropriété, en les incitant à aller jusqu’au bout des procédures qui permettront de réaliser les travaux pour pérenniser les bâtiments.
D’ailleurs, dans le cadre de l’effondrement d’un immeuble à Toulouse, le rapport d’expertise a révélé que les copropriétaires avaient refusé la réalisation du DTG…
Oui. Maintenant, même si les copropriétaires refusent de faire un DTG, la mairie pourra imposer le diagnostic structurel. Les services d’urbanisme peuvent donc utiliser cet outil pour sortir de cette forme de latence qui touche certaines copropriétés.
Peut-on réaliser un diagnostic structurel seul, ou faut-il s’appuyer sur l’expertise d’autres professionnels ?
Tout dépend du contexte. Parfois, ma société intervient pour un changement d’exploitation de l’immeuble. Il existe des diagnostics structurels volontaires. Je suis intervenu dans une pharmacie qui souhaitait installer un automate de plus de 3 tonnes dans sa réserve. La question était de savoir si les planchers pouvaient supporter cette charge. Le Ferroscan et l’étude de plancher nous ont permis d’établir qu’il fallait un renforcement.
Il nous arrive de venir en assistance d’un bureau d’étude. Il nous dit alors où faire les scans. Ils se font là où les contraintes sont les plus importantes, car il faut s’assurer de la bonne disposition des aciers et des enrobages. Toutes ces situations nécessitent un accompagnement. Il m’arrive également d’avoir besoin d’une nacelle ou d’un technicien pour accéder au vide sanitaire. Etc. Toutefois, le diagnostic structurel est une mission qui peut se réaliser en étant seul.




Commentaires