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Avec vingt ans de diagnostic derrière lui, Aymeric Bonnin revendique un quotidien loin de l’image classique du diagnostiqueur. Gérant associé de Diag Habitat, il intervient sur des missions d’amiante et de plomb avant travaux sur des sites hors normes. Entre interventions en bateau, accès héliportés, espaces confinés et environnements sensibles, la technicité reste constante. Mais les décors, eux, ne cessent de surprendre.
Certaines missions ressemblent plus à une expédition qu’à un repérage ?
En effet, certaines interventions sortent du commun.
Pour le diagnostic du pont de Saint-Nazaire par exemple, réalisé directement sur les piles de l’ouvrage, à marée basse, une équipe de logistique marine nous a assisté. On est partis en bateau, à marée basse, pour accéder aux piles et aux pieux. L’objectif était de vérifier la présence d’amiante et de plomb avant les travaux de réfection.
Je me souviens aussi d’un diagnostic avant travaux sur une île de la Côte Ouest. On a dû attendre la marée haute après le repérage pendant quelques heures pour pouvoir repartir. Ça reste un bon souvenir…
Certaines opérations ont nécessité un accès en hélicoptère pour inspecter des refuges isolés en montagne, dans les Pyrénées. Sur le plan technique, finalement, rien de complexe, ça a surtout été un bon moment dans un paysage de rêve.
Vous intervenez aussi en milieu souterrain ?
Oui, c’est forcément moins agréable, mais tout aussi passionnant d’un point de vue technique. Les environnements confinés ou enterrés font partie intégrante du métier. Il nous arrive très souvent d’intervenir sur des stations d’assainissement, des postes de relevage, et bien sûr dans les égouts, à des horaires spécifiques.
Ces interventions imposent des compétences spécifiques. Le manque d’oxygène est contraignant, mais nos opérateurs sont formés aux protocoles d’intervention spécialisés. Ils portent des équipements adaptés et respectent des procédures strictes.
Il vous arrive de sous-traiter ?
Dans de très rares cas, comme les missions en rappel par exemple. Dans ce cas, on travaille en sous-traitance avec une équipe de cordistes formés aux interventions en SS4. Par contre, on intervient nous-même dans les réservoirs de châteaux d’eau.
Vous avez de petites anecdotes à nous raconter ?
Au-delà des accès difficiles, certaines missions sortent surtout de l’ordinaire par leur environnement.
On est déjà intervenus dans des lieux inhabituels, et même sensibles : un crématorium en activité, une salle d’autopsie, elle aussi en activité… et une morgue. Il faut savoir cloisonner et travailler en oubliant le contexte. On ne force jamais un diagnostiqueur à intervenir dans un lieu aussi particulier. Les intervenants sont tous volontaires dans ce cas-là.
Idem pour les interventions en milieu hospitalier où le diagnostic amiante ou plomb reste identique dans sa méthode, mais profondément différent dans son cadre humain.
On intervient aussi dans des zones de stockage d’échantillons sous scellés ou des environnements médico-légaux. Les protocoles de coordination avec les équipes sur place, médecins légistes et gendarmes, sont très stricts.
Et parfois, l’atypique peut devenir carrément insolite… comme l’un de nos clients, un grand parc d’attractions. Ou, plus original encore, un club libertin. Mais là, on a travaillé après la fermeture ! Ce sont des lieux qu’on visite très rarement dans un parcours classique de diagnostiqueur immobilier. Mais le travail reste le même !
Vous vous êtes spécialisés en repérage d’amiante dans la terre. Pourquoi ce choix ?
On s’est spécialisé en diagnostic des terres pour rechercher des matériaux issus de démolition.
Là, on est sur une toute petite niche, qui n’est pas encore encadrée d’un point de vue réglementaire. On peut intervenir dans une ancienne décharge, une friche industrielle, des dépôts sauvages ou des remblais issus de matériaux de construction. Nos équipes utilisent des procédés spécifiques de sondage et de tamisage des terres, comme notre râteau, conçu en interne, pour identifier des éléments polluants sans les dégrader.
On est équipé de masques ventilés et de combinaisons adaptées, et on utilise une pelle pressurisée pour faire des sondages selon un maillage prédéfini. On assure aussi le repérage dans les terres excavées.
Propos recueillis le 13 avril 2026




Bonjour
tellement vrai , il m’est arrivé de faire Repérage amiante avant démolition, dans un ancien abattoir immense seule , des bruits de ferrailles un peu partout, des pigeons qui volent, et parfois on s’invente des bruits , le plus galère c’est de tourner la tête avec tout l’équipement .
il y a tellement a raconter.