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Déceptions et espoirs aux Premières Assises du Diagnostic

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Les Assises du Diagnostic Immobilier ont débuté à la manière des RVDI, même si elles avaient lieu à l’Hôtel de Roquelaure. Elles se sont achevées avec la proposition d’une charte d’engagement et d’une feuille de route pour la profession. Il reste 6 mois pour aboutir à une entité unique, capable de parler d’une seule voix aux pouvoirs publics. C’est peu compte tenu de l’étendue du chantier, mais le ministre de la Ville et du Logement s’est montré rassurant. « Je pense que tous ensemble, on peut faire quelque chose de beau ».

Les Assises du diag’immo ou les RVDI ?

Rappelons d’abord la définition des Assises en dehors du droit. C’est la « réunion plénière des membres d’un parti politique, d’une association, etc. ». Ce n’est pas un salon professionnel. Or, pendant les deux premières tables rondes des Assises du Diagnostic Immobilier du 21 mai 2026, nous avions plutôt l’impression d’être aux Rendez-vous du Diag’Immo (RVDI).

Des acteurs de la formation, de la certification, etc., déjà invités aux RVDI, étaient réunis sur l’estrade. Ils échangeaient sur des problématiques bien connues comme la formation, l’attractivité du métier, le renforcement des contrôles… Alors, comme l’a dit le ministre du Logement, inspiré par sa grand-mère : « le débat, c’est comme les essuie-glaces. Les essuie-glaces, ça n’empêche pas la pluie de tomber, mais ça permet d’avancer ».

Chez Quotidiag, nous adorons les débats et nous n’oserions certainement pas contredire l’aïeule de Vincent Jeanbrun. Toutefois, aussi intéressants que soient ces échanges, les diagnostiqueurs n’étaient pas venus pour voir les représentants des OF, des OC et de la DHUP débattre, ni pour être soutenus par des parlementaires même si leur implication est appréciable. Ils souhaitaient surtout participer à la discussion, obtenir la parole… Bref, être autour de la table, en tant qu’acteurs de terrain.

Vers des élections de représentants ?

En revanche, la 3e table ronde a posé réellement les premières pierres pour la structuration de la filière. Elle réunissait tous les représentants des organisations professionnelles (Alliance du Diagnostic Immobilier, ANDI, FED Experts, Filiance, FNDI, LDI, ONEDI, SIDIANE). M. le député Daniel Labaronne dirigeait les débats. En définitive, tous s’accordent sur :

  • le besoin de structuration de la filière,
  • la volonté de discuter pour trouver des solutions,
  • le risque des règles imposées par l’État faute d’interlocuteur unique,
  • la nécessité d’arriver à une entité qui porte une voix audible auprès du ministère.

Bref, personne ne s’oppose à la création d’une instance unique, voire au quasi-ordre proposé par le député d’Indre-et-Loire. Cependant, il y a des divergences concernant :

  • la définition même du diagnostic immobilier : diagnostics techniques obligatoires avec ou sans les autres contrôles (repérages avant travaux…),
  • les structures qui représentent le milieu hétérogène du diagnostic,
  • l’organisation ou non d’élections permettant aux diagnostiqueurs de voter,
  • la structure exacte de la future entité : fédération nationale, conseil national, modèle bicaméral (défendu par SIDIANE)…

Par ailleurs, M. Labaronne a déclaré : « s’il y a Conseil national, il faudra se poser la question de savoir qui sera dans ce Conseil. La solution que je préconise – mais on va en discuter – c’est d’y mettre tous les diagnostiqueurs certifiés, inscrits au tableau national des diagnostiqueurs immobiliers. Point barre. Il y a un tableau officiel, on le prend. Vous leur envoyez vos documents électoraux ». Il semblait donc favorable à la tenue d’élections.

charte d’engagement et feuille de route 2026

Le ministre de la Ville et du Logement n’a pas assisté à la totalité des échanges. En fait, il en a profité pour rencontrer chacun des représentants de la profession. Dans son discours de clôture, il a d’abord rappelé que « parler d’une seule voix ne veut pas dire que tout le monde est d’accord ». Une seule voix peut faire entendre les nuances et les points de désaccord.

Ensuite, il a évoqué une possible évolution de certains diagnostics, autres que le DPE, qui concernent la santé et la sécurité des Français. Enfin, il fait deux propositions. La première est de se réunir autour d’une charte d’engagement pour poser les bases de la déontologie de la profession, des enjeux de formation, de « comment les pouvoirs publics améliorent le dialogue avec chacune et chacun d’entre vous ».

La deuxième est de partager, avant 2027, une feuille de route. « Je dis feuille de route parce que […] c’est important ce qu’on se dit aujourd’hui et, en même temps, je ne suis pas pressé au sens où il est hors de question de précipiter les choses. […] Il faut continuer à reconstruire, à dialoguer, pour voir quelles sont les choses qui peuvent, opérationnellement, être mises en place dans les mois, et pourquoi pas dans les années, qui viennent. »

Une première étape salutaire malgré tout

Même si le début des Assises a déçu nombre de diagnostiqueurs présents, le moral semblait plutôt bon à la sortie. Les professionnels ont globalement eu le sentiment d’être face à un ministre désireux de les écouter, d’agir pour et avec eux. En effet, d’une part, il a insisté sur sa volonté d’arrêter le « diagnostiqueur bashing ». D’autre part, il a défendu un métier en danger, que certains bords de l’hémicycle seraient « prêts à supprimer demain ». Enfin, il s’est montré conscient des difficultés des diagnostiqueurs et en particulier des indépendants (charge de travail, manque de reconnaissance…).

Ces premières Assises ne seront pas les dernières. Il reste de nombreux accords à trouver pour co-construire une charte d’engagement et une feuille de route déterminantes pour l’avenir de la profession. La tenue d’élections pose également la question d’une alliance ou d’une fusion entre les organisations constituées de diagnostiqueurs certifiés (ANDI, LDI, FNDI, ONEDI). D’ailleurs, les associations, fédérations et syndicats vont certainement communiquer autour de ces sujets dans les prochains jours.

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4 Commentaires

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  1. J
    Julien 22 mai 2026 - 21h20

    Merci Cécile pour cet article , très bien rapporté , nous sommes reparti plus tôt satisfait de ses assises et nous sommes optimiste pour l’avenir , l’élection doit se tenir avec l’annuaire des professionnel et rien d’autre .

    Répondre
  2. H
    Houssine 23 mai 2026 - 10h22

    Bonjour
    Merci pour ta collecte d’information , cependant j’ai comme l’impression que les sujets importants ne sont pas traité en profondeur , …..débat, réunion , débat , réunion…….
    Mais en finalité pour le moment rien .
    Il est important que nos avis soient entendu et compris , car nous sommes le seul de corps de métier qui gravite dans le bâtiment avec autant de contrôles et de certifications.
    Merci Cécile

    Répondre
    • S
      STEPHANE 27 mai 2026 - 11h15

      A partir du moment où on achète des certifications passées derrière un ordinateur, on ne peut pas se comparer à d’autres métiers où les exigences de CV adapté sont la base. De ce fait, vu la nullité des formations et des certifications actuelles, on ne peut se reposer dessus pour assurer la qualité requise par l’intérêt général, donc logique qu’il y ait des contrôles à tout va.
      Il faudrait juste que ces contrôles soient efficaces et non un système de racket.

      Répondre
  3. I
    Institute of Urban 25 mai 2026 - 12h12

    Merci beaucoup d’avoir détaillé les divergences sur l’organisation des futures élections entre les diagnostiqueurs.

    Répondre

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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