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CSO audit énergétique : retours d’expérience

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Le décret 2023‑1219 du 20 décembre 2023 précise les modalités de contrôle des diagnostiqueurs impliqués dans les audits énergétiques : l’organisme de certification peut ainsi observer l’ODI en mission, à condition que ce dernier soit notifié au moins 2 jours ouvrables avant le contrôle sur site.

Ces CSO complètent les contrôles documentaires et s’inscrivent dans le cycle de surveillance de la certification.

Mais en pratique, ça donne quoi ? On a posé la question à trois diagnostiqueurs qui ont dû, comme tout ODI face un CSO, s’organiser dans leur travail pour se rendre disponible, sous peine de suspension ou d’autres sanctions.

Expérience formatrice, stress et impact financier, réglementation étouffante : le ressenti de trois diagnostiqueurs (le premier interrogé a souhaité rester anonyme).

Quel type de bien a été choisi pour votre CSO ?

Le bien sélectionné dans le cadre du CSO était une maison individuelle.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Le jour du contrôle en lui-même, aucune difficulté particulière n’a été rencontrée. L’intervention s’est déroulée dans de bonnes conditions et sans incident spécifique. Mais en dehors du jour du contrôle, on ressent une pression constante due aux contrôles annuels. Ça demande du temps, de l’organisation, et les coûts sont importants. La charge mentale liée à l’anticipation de ces contrôles et à leur impact financier récurrent est énorme.

Un écart a t’il été noté ? Sur quoi portait-il ?

Un écart a effectivement été relevé lors du contrôle, mais il s’agissait d’un écart mineur. Celui-ci concernait un manque de commentaires explicatifs dans certains onglets du dossier. Il ne s’agissait donc pas d’une erreur technique ou d’un manquement majeur, mais plutôt d’un point d’amélioration portant sur la précision et la complétude des informations renseignées.

Votre CSO a t’il été formateur ?

Concernant l’aspect pédagogique du contrôle, celui-ci a été perçu comme formateur. L’attitude du contrôleur était constructive et ouverte au dialogue. Nous avons pu échanger sur plusieurs points techniques et méthodologiques, ce qui a permis de mieux comprendre les attentes et d’identifier des pistes d’amélioration pour les prochains dossiers. Cette approche a contribué à rendre l’expérience enrichissante malgré la dimension contraignante du contrôle.

Cédric Jumelle, Môle Diagnostics (Haute-Savoie)

Mon CSO audit a porté sur une maison individuelle, dans laquelle j’ai réalisé en une journée complète CSO audit, CSO DPE, CSO plomb, CSO gaz, CSO électrique, CSO termites et CSO amiante avant travaux.

On avait convenu de cela avec le contrôleur pour réduire les frais et faciliter la recherche de bien.
Il disposait justement d’un bien permettant de réaliser tous ces CSO. J’ai donc accepté, ça me simplifiait les choses. C’est toujours difficile de trouver des biens disponibles avec l’autorisation des propriétaires.

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Vous avez dû faire face à des problèmes ?

Globalement, tout s’est bien déroulé. Les deux contrôleurs m’ont mis en confiance dès le départ. Ils étaient sympas, on a déjeuné ensemble et on a pu échanger sur de nombreux points.

Ils étaient dans une démarche de montée en compétence et m’ont donné plusieurs conseils. Bref, mon stress est progressivement redescendu au fil de la journée.

Vous n’avez pas encore eu de retour. Comment vivez-vous l’attente du résultat ?

C’est très stressant. Même si la journée s’est bien déroulée, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Ils ont le pouvoir de relever des écarts critiques qui peuvent aboutir à une suspension.

Le deuxième jour après ce CSO, j’ai reçu de mon OC un contrôle documentaire sur deux certifications, ça m’a ajouté du travail et du stress supplémentaires en peu de temps, d’autant plus que nous devons continuer à assurer notre activité en parallèle. Pour ma part, je suis à mon compte et je travaille seul.

Je n’ai pas encore reçu la facture de cette journée de CSO, mais cela ne sera probablement pas donné. Sans compter la journée de travail perdue.

Globalement, je ne suis pas opposé à ces contrôles, mais ils devraient être davantage axés sur l’échange et la montée en compétence. Ce serait probablement plus bénéfique que certaines formations obligatoires à distance. Les tarifs devraient également être plus raisonnables.

Jordi Oszust – Groupe Solution Diagnostic (Hautes-Pyrénées)

Au vu de la difficulté à faire converger les emplois du temps dans le cadre de cette réglementation particulièrement contraignante, le bien a été choisi d’un commun accord. Aucune difficulté particulière n’a été rencontrée : il s’agissait simplement d’un échange entre professionnels appliquant une réglementation exigeante.

Comment avez-vous vécu ce contrôle sur ouvrage ?

Aucun écart particulier n’a été relevé. Ce n’était pas réellement une situation de formation, mais plutôt un échange professionnel, toujours enrichissant.

Au fond, notre métier consiste surtout à appliquer une réglementation de plus en plus dense. Elle rythme notre quotidien et fait vivre tout un écosystème : organismes de formation, éditeurs de logiciels et outils métiers. Et au bout de la chaîne, il reste l’IS, la TVA, la Flat Tax… puis on recommence. À ce rythme-là, je finis par me dire qu’il serait peut-être plus rentable de changer de métier et de passer directement à Bercy.

Si l’échange technique peut être utile, le CSO rappelle surtout à quel point le métier de diagnostiqueur est devenu un exercice d’équilibriste entre réglementation, rentabilité et pression administrative. Preuve, s’il en fallait une, que dans ce métier la réglementation progresse souvent plus vite que la sérénité des professionnels.

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2 Commentaires

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  1. B
    Benoit 19 mars 2026 - 14h34

    CSO audit perçu comme un stress énorme, et encore plus un racket. 2 Erreurs majeures parce que vous préconisez de remplacer une chaudière fuel pour le chauffage et l’ECS par une pompe à chaleur air/eau. 2 écarts parce que j’ai mentionné que la pac doit avoir un raccordement électrique et non qu’elle fonctionne à l’électricité… Foutage de gueule mais procédure trop longue coûteuse contre ICERT, j’ai préféré repayer un CSO pour pouvoir continuer à travailler rapidement.
    Nous sommes otages de nos centres de certifications qui sont aussi nos centres de formation malgré qu’ils vous disent le contraire. ITGA détient bien Up’n Pro et Icert. Est-ce normal tout cela ???

    Répondre
  2. G
    GILLES 19 mars 2026 - 17h14

    Gros foutage de gueule effectivement et aucune empathie vis a vis des diagnostiqueurs solos.
    Un diagnostiqueur solo que je connais a perdu sa certif suite a un CSO, bilan il a perdu une partie de ses clients, son chiffre d’affaire c’est écroulé et il ne pouvait plus assurer son salaire.
    Des problème familiaux sont apparu et il a fait une tentative de suicide par la suite.
    Que disent nos certificateurs, nos syndic et différentes asso ? RIEN !!!!
    La sanction est disproportionnée.
    Certes il avait besoin de formation complémentaire et d’un accompagnement mais tout ce qu’on a pu lui dire très froidement c’est vous ne pouvez plus exercer votre métier.
    C’est tout simplement dégueulasse

    lasse

    Répondre

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Article rédigé par Laure, rédactrice de Quotidiag
Diplômée en droit, ex-clerc de notaire nichée Vente et Copropriété, elle a fait le choix de la liberté en 2021. Rédactrice toujours, mais indépendante : c’est tout naturellement que le diagnostic immobilier s’est imposé à elle.

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