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Chronique d’une assurance introuvable

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Tribune rédigée par Smeralda Marzano, diagnostiqueuse certifiée (CasaDiag Expertises).

Une rentrée qui coûte cher

Je rentre de vacances, reposée, de bonne humeur.
J’appelle mon assurance.
Et là, ma charmante interlocutrice me dit :
« Votre prime va augmenter… mais vous avez de la chance, vous avez encore une assurance. »

Voilà où en est notre métier : avoir une assurance n’est plus une formalité, c’est un privilège.

Pourquoi les assureurs fuient

La raison n’est pas que les diagnostiqueurs accumulent les erreurs. Nos missions sont strictement encadrées, certifiées, vérifiées.

Le problème, c’est qu’il est devenu trop facile pour un propriétaire d’attaquer. Avec une protection juridique à quelques euros par mois, la procédure ne lui coûte rien.
Et certains s’en servent pour tenter de faire refaire gratuitement leur toiture amiante, leur isolation, ou leur tableau électrique.

Pour eux, c’est sans risque.
Pour nous, c’est un contentieux qui s’ouvre : des frais d’avocat, du temps perdu, du stress.
Et pour les assureurs, c’est un métier jugé “trop exposé”. Résultat : les primes explosent et les contrats disparaissent.

Un métier menacé

Le danger est réel : sans assurance, pas de diagnostiqueurs.
Et sans diagnostiqueurs ? Plus de sécurité pour les occupants, plus de transparence pour les acheteurs, plus de transactions sécurisées.

Une piste de solution : le portail commun

Soyons clairs : il est normal qu’un propriétaire puisse se défendre en cas de faute réelle.
Mais il n’est pas acceptable que la justice soit utilisée comme une arme gratuite et systématique.

Une solution existe : mettre en place un portail commun.
Un guichet neutre, accessible aux propriétaires, qui examine chaque demande avant d’activer la protection juridique.

Cet espace pourrait :

  • analyser le dossier,
  • informer le propriétaire sur la recevabilité de sa démarche,
  • décourager les recours infondés,
  • orienter vers une médiation quand c’est possible.

Ce filtre éviterait des procédures inutiles, protégerait les droits des particuliers… et sauverait une profession indispensable.

En conclusion

Aujourd’hui, les diagnostiqueurs ne cherchent même plus à comparer les tarifs des assurances : nous cherchons désespérément une assurance… tout court.

Il est urgent d’agir.
Car c’est bien beau de créer des QR codes et de multiplier les obligations. Mais sans diagnostiqueurs… on fait comment ?

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5 Commentaires

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  1. P
    PATRICK 8 septembre 2025 - 14h51

    Les propositions et actions de l’ONEDI font leur chemin …
    C’est bien.
    Un portail ouvert au public est déjà disponible sur le site ONEDI par lequel nous avons traité plus de 500 demandes depuis le début de l’année.
    Comme ce devra être le cas pour l’Ordre.
    Parmi les missions de l’Ordre professionnel :

    Pour les litiges grand public :
    – Interlocuteur privilégié des particuliers (information, conseil, recueil des plaintes)
    – Traitement des litiges (analyse technique et règlementaire, contrôle sur site si nécessaire, évaluation du préjudice s’il existe, sanctions éventuelles, remise d’un rapport éclairé à la justice si ça va jusque là).

    Pour les assurances :
    – Obligation pour tout assureur exerçant sur le territoire national d’avoir une offre « diagnostic immobilier »
    – Obligation d’appliquer un système Bonus/Malus.

    Voilà comment on structure une profession.

    Répondre
    • C
      Cédric 8 septembre 2025 - 15h19

      Bonjour,

      Je suis perplexe sur la mise en place d’un service, qui devra être financé (par qui ?), qui sera une antichambre du recours amiable dans le cadre de l’assurance du diagnostiqueur et qui ne l’évitera pas, et qui n’évitera pas plus l’éventuelle dérive judiciaire du litige.

      Si l’idée est de créer un système, qu pourra être jugé partial, qui vient alourdir les charges et qui ne sera qu’une strate de plus : il me semble que l’idée doive être repensée.

      Répondre
      • S
        Smeralda 8 septembre 2025 - 22h42

        Dans un futur proche, l’ordre pourrait prendre la relève en centralisant le contrôle, la certification et la formation, permettant ainsi de réaliser des économies et de simplifier le système, et gérer aussi ce portail.

        Répondre
  2. C
    Christophe 8 septembre 2025 - 17h06

    oui très dur côté assurance, d’autant que j ai un camarade qui est assurance, mais pour un de ces groupe qui ne nous assurent pas, m a indiqué qu au dernier salon du coutage(oui oui les assureurs ont aussi le leur….), il se dit dans ces grand colloque que les diagnostiqueurs devraient payer une décennale!
    car ils estiment que nous sommes des intellectuels du bâtiment au même titre que les architectes, AMO et AME……. .
    Qu ils aient tort ou raison peu importe, s ils décident ça ensemble (via une résolution interassurance), il ne nous restera que nos yeux pour pleurer car le gouvernement n ira pas à contre cette décision. (trop d assurance ne nuit pas…..voyons).

    Répondre
  3. V
    Virginie 18 septembre 2025 - 16h20

    🔎 Réflexion sur notre métier de diagnostiqueur immobilier

    Nous sommes nombreux à ressentir le poids des obligations et des contraintes qui pèsent sur notre profession. Contrairement à beaucoup d’autres métiers, nous devons sans cesse faire la preuve de notre capacité à travailler, avec un certificat de droit d’exercer à renouveler, et non un diplôme reconnu à vie.

    À cela s’ajoutent :

    une concurrence accrue,

    des charges toujours plus lourdes,

    et des assurances RCP qui ne laissent en réalité que deux acteurs sur le marché (Allianz et AXA). Difficile, dans ce contexte, de parler de choix réel…

    Les mises en cause liées au DPE devenu opposable fragilisent encore davantage notre profession. Ceux qui travaillent avec sérieux n’ont d’autre option que d’accepter des hausses de RCP faute d’alternatives.

    Pour ma part, j’ai suivi une formation longue, j’ai commencé en 2003 et depuis 2013 je dirige seule ma petite entreprise. Ce métier, je l’ai toujours exercé par passion plutôt que par appât du gain. Mais aujourd’hui, je ressens une lassitude : nous sommes trop souvent pris en otages, perçus comme des boucs émissaires, voire comme de la chair à canon.

    👉 Pourtant, une vérité simple reste oubliée :

    Sans diagnostiqueurs, pas de transactions, pas d’actes notariés.

    Sans diagnostiqueurs avec mention, pas de chantiers avant travaux ou démolition.

    Nous méritons davantage de reconnaissance.

    Je reste joignable pour en discuter si vous souhaitez avoir mon point de vue.

    Répondre

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