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Rédigé par Smeralda Marzano.
Un diagnostiqueur peut perdre sa certification pour une fraude. Cela paraît logique. Mais aujourd’hui, un diagnostiqueur peut aussi la perdre pour une maladie, une maternité, un accident ou un congé parental. Et là, la question mérite d’être posée.
Le sujet du congé de certification pour les diagnostiqueurs immobiliers entre désormais dans le débat parlementaire. Et il était temps. Car derrière cette question réglementaire se cache en réalité une interrogation simple : celle de l’équité entre les professionnels.
Aujourd’hui, lorsqu’un diagnostiqueur doit interrompre son activité pour une raison de vie, la certification peut être remise en cause.
Certains expliquent qu’il existe des aménagements possibles au cas par cas. Mais une question se pose immédiatement : est-il normal que cela repose uniquement sur une appréciation au cas par cas ?
Selon l’organisme certificateur, selon l’interlocuteur, selon la situation, un arrêt peut être considéré comme acceptable… ou non. Un congé peut être toléré… ou entraîner des conséquences lourdes pour la certification.
Autrement dit, ce qui est admis pour l’un pourrait ne pas l’être pour l’autre. Est-ce vraiment une base saine pour une profession réglementée ?
Une profession différente des autres ?
Une autre question mérite d’être posée clairement : pourquoi les diagnostiqueurs devraient-ils être traités différemment des autres corps de métier ?
Dans toutes les professions, un salarié ou un indépendant peut connaître un arrêt d’activité : une maladie, un accident, un congé parental, une maternité ou simplement une période difficile dans la vie.
Ces situations font partie de la réalité de toute vie professionnelle.
Est-ce qu’une femme n’aurait pas le droit d’avoir un enfant ? Est-ce qu’un professionnel n’aurait pas le droit de tomber malade ? Est-ce qu’un homme ou une femme ne pourrait pas, à un moment de sa vie, traverser une dépression ou devoir s’arrêter pour raisons de santé ?
Ces situations ne sont ni une faute, ni une fraude.
Exigence professionnelle et bon sens
Personne ne conteste la nécessité d’un haut niveau d’exigence dans notre métier. La certification est indispensable pour garantir la compétence et la fiabilité des diagnostics.
Mais une réglementation solide doit aussi savoir faire la différence entre un manquement professionnel et un événement de vie subi.
Suspendre temporairement certaines obligations de certification pendant un arrêt d’activité — avec, si nécessaire, une remise à niveau lors de la reprise — serait une approche plus équilibrée.
Ce serait une mesure de bon sens.
Un débat nécessaire
Si le débat parlementaire engagé aujourd’hui aboutit à une évolution réglementaire, ce sera un signal important pour la profession.
Cela signifiera que les réalités des diagnostiqueurs de terrain auront enfin été entendues. Et cela démontrera aussi une chose essentielle : lorsqu’une profession explique ses contraintes et porte un débat sérieux, les règles peuvent évoluer.
Car au fond, la question est simple : une réglementation doit-elle seulement contrôler les professionnels… ou doit-elle aussi reconnaître qu’ils sont, avant tout, des êtres humains ?



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