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À compter du vendredi 13 février au soir, les diagnostiqueurs certifiés DPE mention ont perdu leur accès à l’ADEME. Ce dysfonctionnement a généré de l’inquiétude, puis de la colère. Pour qui ne connaît pas le métier, ces réactions peuvent paraître disproportionnées, car ce n’est sans doute qu’un banal bug informatique.* Cependant, raisonner ainsi revient à nier les conditions de travail et la vulnérabilité d’une profession à cran.
Certificat DPE mention invalide
Les premiers messages paraissent dans la nuit du vendredi au samedi. Des diagnostiqueurs découvrent l’invalidation de leur certification DPE avec mention. Elle empêche la transmission des rapports pour certains biens (habitat collectif, bâtiments tertiaires).
Dès le lendemain, les professionnels discutent entre eux. Ils constatent que les organismes certificateurs et les logiciels n’y sont pour rien. Leur certificat « performance énergétique (DPE par immeuble, bâtiments à usage autre que d’habitation) » apparaît toujours sur l’annuaire officiel. La certification demeure, seul l’accès à l’ADEME est impossible.
Bref, il y a un problème technique national, vraisemblablement lié à l’ADEME, même si l’Agence reste silencieuse. Cela dit, dès lors qu’un outil informatique évolue, il peut y avoir des bugs. Cette situation méritait-elle un communiqué de la FNDI et de l’ONEDI ? En réalité, le cœur du problème ne réside pas dans ce dysfonctionnement informatique.
mise à jour avant fermeture des locaux
D’abord, l’une des règles de base, quand les locaux de l’entreprise ferment le week-end, consiste à réaliser les mises à jour des outils et autres opérations de maintenance en semaine. Cela permet d’être réactif en cas d’anomalie, sans attendre 48 heures. Pourquoi l’avoir fait un vendredi soir à minuit ?
Le diagnostiqueur en déduit que pour l’ADEME, il ne bosse pas le week-end. Au contraire, c’est souvent le moment où il finalise ses dossiers. Il a ainsi l’impression que les institutions nient son travail. C’est déjà un premier point de crispation. Il se retrouve seul et au chômage, face à des clients inquiets, à qui il ne peut donner aucun délai de remise des rapports.
Il perçoit aussi, avec une désagréable acuité, la fragilité de son activité professionnelle. Malgré toutes les obligations de compétences réglementaires, sa disponibilité et les demandes des donneurs d’ordre, un clic suffit à l’empêcher de travailler. La perte de chiffre d’affaires ne débouche pas sur l’annulation des paiements pour les charges, le matériel, etc.
Exemplarité du diagnostiqueur et autres acteurs
Ensuite, la lutte contre les fraudes au DPE passe par un renforcement des outils numériques. Elle repose notamment sur les KPI (indicateurs de qualité) de l’ADEME, les QR codes sur les certificat et rapports, l’étiquette affichée tardivement voire l’horodatage. Le manque de fiabilité des agences de l’État inquiète. Il débouche également sur un sentiment d’injustice.
En effet, on demande au diagnostiqueur d’être irréprochable et il paye cher sa certification DPE. Cependant, celle-ci peut brutalement disparaître, sans la moindre explication préalable et pour une durée indéterminée. Toute une profession peut se retrouver paralysée par l’intervention imprévisible d’un tiers. Enfin, ce tiers est l’Agence de la transition écologique, qui alerte les OC quand il y a des anomalies dans les DPE.
Profession vulnérable et à cran
Dans ce contexte, il est difficile de réagir avec indulgence. Un problème technique avec un outil numérique peut donc devenir inacceptable. D’une part, la profession est soumise à un stress important. D’autre part, elle doit déjà, trop souvent, subir les conséquences des fautes commises par d’autres. Concernant les accès ADEME, tout rentrera sans doute dans l’ordre rapidement, du moins nous l’espérons. En revanche, tant que les diagnostiqueurs ne se sentiront pas écoutés et respectés, la colère continuera de couver.
* À l’heure où nous rédigeons ces lignes, lundi 16 février en fin de matinée, personne n’a d’explication. Selon l’ADEME, ce dysfonctionnement, constaté au niveau de la synchronisation de l’annuaire des diagnostiqueurs, serait totalement indépendant de ses services. Nous mettrons, en commentaire, toute nouvelle information sur la situation.
Mise à jour : le président de l’ADEME reconnaît la responsabilité de l’Agence dans le cadre d’une MEP (mise en production) vendredi soir. Il annonce un rétablissement de l’accès, pour les diagnostiqueurs certifiés DPE mention, d’ici demain matin (le 17 février 2026).



Vous avez résumé la réalité. Je mes suis « amusé » à faire un petit décompte je suis certifié dans tous les domaines + Amiante mention + Mention DPE et Audit. Ce qui représente en formations, contrôles et exams, 58 jours sur 7 ans, si je rajoute 3 à 4 jours de révisions avant recertifs, ça fait 98 jours en tout, soit environs 1 jours (à payer à l’OC ou l’OF) toutes les 3.7 semaine !
personnellement ça m’est arrivé un jour, j’ai disparu de l’annuaire, j’ai disparu de l’ADEME, c’était un bug lié à mon OC et personne ne me répondait tout le monde s’en foutait et ça a duré comme ça une semaine!
Courage.
là o où l’ADEME doit absolument avancer, c’est sur un délai, prévenir à l’avance peut-être huit jours à l’avance avant d’interrompre quelqu’un. C’est incroyable qui peuvent bloquer l’activité complète d’une société d’un claquement de doigts sans personne pour vous répondre.
A l’heure où le marché de l’immobilier est un enjeu crucial pour l’ensemble de la population du pays, les services de l’Etat se doivent d’être irréprochables et sans la moindre faille.
Les diagnostiqueurs immobiliers eux-mêmes, ont besoin d’un cadre stable, lisible et prévisible pour exercer sereinement leur activité.