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Assouplir l’obligation de renouvellement du DPE ?

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La députée Delphine Lingemann attire l’attention de la ministre de la Transition écologique sur le « caractère disproportionné de l’obligation de renouvellement des diagnostics de performance énergétique (DPE) pour les logements situés dans des immeubles récents et performants ».

La réforme du DPE du 1er juillet 2021 a rendu progressivement caducs les DPE réalisés avant cette date. Or, selon la députée de la 4e circonscription du Puy-de-Dôme, cette harmonisation crée des situations absurdes dans certains immeubles neufs et récents.

Elle est légitime pour identifier les véritables passoires thermiques, mais les immeubles conformes à la RT2012 auraient nécessairement une performance énergétique élevée. L’obligation de renouveler le DPE présenterait alors des inconvénients :

  • générer des coûts significatifs, sans apporter aucun bénéfice environnemental,
  • détourner l’attention et les moyens des priorités de la rénovation énergétique, qui concernent le parc ancien et les logements énergivores.

Elle demande donc un assouplissement de l’obligation de renouvellement du DPE pour les logements situés dans des immeubles construits depuis moins de 10 ans et conformes aux réglementations thermiques en vigueur lors de la construction.

Elle interroge également le ministère de la Transition écologique sur la possibilité « d’instaurer une présomption de performance énergétique pour les bâtiments récents ». Les propriétaires seraient alors dispensés de devoir réaliser des DPE individuels.

Source : question écrite n°12302 sur l’obligation de renouvellement des DPE, publiée au JO du 20 janvier 2026, page 275.

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1 Commentaire

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  1. L
    Laurent 20 janvier 2026 - 14h50

    Je comprends le point de vue de la députée sur le caractère potentiellement disproportionné du renouvellement obligatoire des DPE pour des logements RT2012. Cependant, cette position soulève une confusion fréquente entre conformité théorique et performance réelle.

    Un logement peut être conforme RT2012 sur le papier, tout en présentant des défauts invisibles : mauvaise mise en œuvre de l’isolant, ponts thermiques non traités, infiltrations d’air ou vieillissement prématuré des matériaux. Ces pathologies sont fréquentes, même dans le neuf, et ne sont jamais révélées par un DPE conventionnel, qui reste une projection basée sur des données standardisées.

    Il serait bien plus pertinent de profiter du DPE décennal pour intégrer une vérification réelle, par exemple :

    l’usage d’une caméra thermique pour repérer les défauts d’isolation,

    un test de ventilation ou d’étanchéité à l’air,

    mais aussi une étude des consommations réelles (factures sur 3 ans), confrontées au scénario d’occupation.

    Ce dernier point est d’ailleurs fondamental : analyser les factures de chauffage, ECS et électricité permet souvent de mettre en lumière des écarts flagrants avec la théorie, même dans des logements récents.

    En supprimant cette obligation sur la base d’une présomption de conformité réglementaire, on risque de passer à côté de nombreuses sous-performances, avec à la clé un impact direct sur la consommation énergétique réelle et le confort des occupants.

    À mon sens, le DPE devrait justement évoluer vers un outil plus fiable, plus ancré dans le réel, en intégrant de nouveaux moyens d’analyse simples mais efficaces.

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Article rédigé par Cécile, le moteur de Quotidiag
Diplômée de philosophie, ex-bibliothécaire, prête-plume et rédactrice web, salariée et indépendante. Écrit quotidiennement des textes sur les diagnostics immobiliers depuis 2016.

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